Archive | mai 2012

Pourquoi j’ai repris des études à presque 40 ans ? (part.2)

Première année. J’ai pleuré plus d’une fois en découvrant la linguistique générale. Dans l’un des premiers devoirs à rendre, je devais résumer un chapitre du livre de de Saussure. Je ne comprenais strictement rien. Ca parlait de « concept », « signifiant », « signifié ». C’était un cauchemar. A côté de ça, il y avait la linguistique « grammaire ». Là également, mes lacunes me pesaient. « Pronoms clitiques » et autres m’étaient totalement inconnus.

Je découvrais enfin le latin. Mais je déchantais rapidement. Le cours était plus que lacunaire avec de nombreuses erreurs.

Sans parler de mon problème avec les dissertations qui ne faisait que débuter. Je réussirai mon année aux rattrapages.

Début de la deuxième année. Je me rends à nouveau à la séance d’information. Grave erreur. Une fois de plus je me retrouve avec des gens qui semblent très sûrs d’eux. Mais cette fois-ci, je ne démarre pas l’année toute seule. Je corresponds avec une expatriée qui suit les mêmes cours. Nous sommes donc deux à paniquer complètement.
Je n’ai guère progressé en dissertation. Je n’obtiendrai jamais plus qu’un sept sur vingt en littérature comparée. Je découvre la linguistique diachronique. Je dois apprendre l’évolution de la langue française. Connaître à chaque siècle les changements. Par exemple, comment s’est effectuée l’évolution de « kevallo » en « cheval » à travers les siècles, et décliner le tout. Puis il y a la linguistique synchronique avec des termes tels que « lexèmes », « morphèmes », « acte perlocutoire ». J’apprends péniblement le tout par cœur parce que je peine à comprendre tout ce que je lis et pourtant ça me plaît.
J’abandonne le latin qui ne vaut pas mieux que l’année dernière. J’ouvrirai le cours uniquement un mois avant les examens. Cette année je passe beaucoup de temps sur mon cours de grammaire anglaise qui m’enchante. C’est un cours assez poussé que je n’ai jamais étudié auparavant. J’ai de la facilité avec le cours de traduction dans le sens anglais/français, un peu plus de peine avec le cours dans l’autre sens. Ce ne sont pas des textes de bisounours. Je passe beaucoup trop de temps à mon goût sur les nombreux devoirs obligatoires d’informatique. J’obtiens tout de même ma L2 à la première session ainsi que mon certificat d’informatique.

Enfin en troisième année. Je change d’option. J’arrête les cours d’anglais parce qu’il n’y a plus de grammaire et que je ne veux pas suivre uniquement deux cours de traduction. Le troisième cours consiste à effectuer des recherches sur internet. Bof. J’opte donc pour le FLE (français langue étrangère). Cette année, je décide de rendre TOUS les devoirs. J’abandonnerai cette idée absurde en février. Je n’arrive pas à suivre. Je rends mes devoirs dans les délais mais ne sais absolument pas de quoi je parle. Les notes s’en ressentent. Je désespère. Mais pourquoi ai-je changé d’option ??? Cinq en littérature comparée, six en littérature. Aucun doute, la dissertation ne m’aime pas. Le cours de linguistique de cette année s’intéresse à la prose. Je patauge alors que c’est LE sujet qui m’intéresse. Mes commentaires…sont inexistants selon la prof. Je rédige du vide. Les exercices me semblent infaisables, trop compliqués pour moi. En didactique des langues je ne comprends pas ce que le prof veut. Je suis larguée avec le cours de japonais, je peste contre mon mémoire sur le Ghana (en anglais) que je me résoudrai à rédiger…le jour où je dois le rendre. Je ne saisis pas ce que la prof veut nous faire apprendre dans le cours d’anthropologie. Je laisse tomber le latin une fois encore. Je lirai un peu de civilisation quelques jours avant les examens. J’arrête tout fin février. Ras-le-bol ! Je suis sur les nerfs, je ne supporte plus rien.

Je cherche de l’aide pour diminuer mon angoisse et en trouve auprès d’un passionné d’homéopathie. Après une longue discussion, il me conseille une dose de granules à prendre en une fois et observer tout changement. Très rapidement, je me sens…bien. Sûre de moi. Je revis. Je suis tellement bien, que je ne vois pas l’intérêt de débuter mes révisions aussi vite. Alors que pour parler réellement de révision, il faut déjà avoir franchi le pas de l’apprentissage. Ce qui, au vu de mes notes, n’est pas le cas. Tant pis, je suis sûre de moi. Deux semaines avant la date fatidique, j’ouvre à nouveau mes cours. Mais péniblement. De toute façon, je suis sûre de moi ! Et effectivement, très rapidement je me demande pourquoi j’ai éprouvé tant de peine durant l’année. Tout me semble si clair, si évident. Même les exercices qui me rebutaient tant me paraissent d’une simplicité. Alors…je continue à me rendre au ciné, regarder la télé, jouer à des jeux idiots après le boulot et entre tout ça, je révise un peu.

J’étais persuadée que cette année consistait à du par cœur pour tous les cours et je m’y refuse. J’ai tout compris ce qu’il y a à comprendre sur les différentes matières, je m’arrête là. Je suis sûre de moi. Je plancherai tout de même un peu plus de deux jours sur mon japonais. Il faut bien que je comprenne quelque chose. Et les examens arrivent…

Je suis nerveuse mais nettement moins que les années précédentes. Je suis sûre de moi. J’ai également moins travaillé les derniers jours alors que généralement c’est le moment où j’abats le plus de boulot. Encore une fois, ce n’est pas bien grave, je suis sûre de moi.

Et c’est parti pour LA semaine où mon cerveau est requis.

Pourquoi j’ai repris des études à presque 40 ans ? (part.1)

Voui voui voui, pourquoi ai-je repris des études ? « Parce que » voyons !

Je vivais comme un échec le fait de ne pas être allée à l’université. Ça a commencé alors que j’avais quatorze ans. J’avais l’option langues à l’école mais mes parents ont estimé que je n’étais pas assez brillante, que je rencontrerais trop de problèmes. Hop, section commerciale pour mes deux dernières années d’école obligatoire. Je n’ai pas aimé. J’ai détesté mes cours d’économie, d’arithmétique commerciale, de sténographie ou encore la correspondance commerciale. Le verdict des profs tombe, inutile de continuer à l’école de commerce. Echec garanti.

C’est donc un apprentissage de commerce dans une banque qui m’attend. Comment vous expliquer à quel point j’ai haï ces trois années ? Et depuis, je ne travaille que dans ce domaine qui me permet au moins de payer mes factures.

Bref, j’ai suivi les cours du soir durant trois ans pour obtenir l’équivalent du bac il y a de cela un peu plus de dix ans. Puis j’ai tenté l’uni sans grande conviction. Mon but était atteint, j’entrais à l’uni. Enfin ! Mais bon, un p’tit tour et puis s’en va.

Nouveau regret. Puis mon intérêt pour la langue français s’est accentué. Cette langue, ma langue, que je décriais tant, m’apparaissait enfin dans toute sa beauté. Mais de là à me lancer dans des études de lettres…

Mais la quarantaine approche à grands pas et il est l’heure du bilan. Qu’ai-je donc accompli ? Rien.

Et un jour je vois une annonce qui parle de cours universitaires par correspondance. Je ne peux pas quitter mon emploi alors je regarde d’un œil intéressé. Y a-t-il les Lettres ? Ah oui. Est-ce que je peux m’inscrire ? Voui, je remplis toutes les conditions. Mais ai-je le niveau nécessaire ?

C’est la peur au ventre que j’ai envoyé mon inscription. Je me suis rendue hésitante à la séance d’information, quelques jours avant le début des cours. J’étais entourée de personnes ayant déjà suivi des cours mais préférant reprendre depuis le début. Et la plupart ne travaillaient pas ou alors à mi-temps alors que moi je gardais mon emploi à 100%. Mon angoisse n’a fait qu’augmenter.

Et les cours sont enfin arrivés. Une constatation s’est rapidement imposée : je n’avais effectivement pas le niveau requis !

A suivre…

La musique n’a rien à voir avec le sujet mais c’est ce que j’écoute en boucle en ce moment.

Facebook se met aux messages non désirés

Han je me fais spammer sur face de book. J’y échappe sur toutes mes messageries (sauf une en fait mais l’anti-spam fait bien son boulot). Word press se charge des enquiquineurs et bam, je reçois…ça :

« Hi pretty, you got a simply great profile, it would be nice to exchange a few mails with each other aimed at building our friendship and I really hope its going to bring a peaceful and wonderful thought to us as we get to know ourselves, I’m sort of a young fashioned man and trying something like this is very different for me. I’m starting a new life so what the heck. I would like to meet someone who is honest, fun to be around and most of all sincere in their words and actions. I don’t play head games so don’t need any. I love animals especially dogs. I love being outdoors doing just about anything. What are you most passionate about? ».

Déjà, le « brave gars » doit avoir honte de sa personne puisqu’aucune photo n’est disponible. Comment veut-il harponner de la jeune demoiselle innocente sans une photo sexy ? Analysons son message :

« you got a simply great profile ». Mouai. Sauf que j’ai pratiquement tout ôté. Donc mon profil est quasiment vide.

« building our friendship ». Construire notre amitié ? Mais quelle amitié ? Je ne lui ai rien demandé et ne compte pas donner suite à son message. Si ce n’est le signaler comme indésirable.

« I’m sort of a young fashioned man ». En gros, c’est un genre de jeune homme branché. « sort of ». En fait, il ne connaît pas trop son identité. Normal, il est jeune. Malheureusement pour lui, je ne suis pas une cougar. En plus il est branché ? Où a-t-il lu que moi je l’étais ?

« I’m starting a new life ». Il est jeune et il commence une nouvelle vie. Il sort en fait de l’adolescence !

« I don’t play head games ». Ah il est gentil de m’expliquer que ceci est une démarche totalement honnête. Un peu plus et je pensais le contraire.

« I love animals, especially dogs ». Raté. Moi ce sont les chats qui m’intéressent.

« What are you most passionate about ? » Je lui réponds que j’adore ce genre de message parce que ça me permet d’en parler sur mon blog ?

 

Bon un bon point pour lui, je ne vois pas de fautes d’orthographe. Par contre il ne maîtrise pas vraiment la ponctuation. D’autant plus que la langue anglaise n’est pas trop amatrice de longues phrases (selon mes cours de traduction de l’année dernière). Bref, ce genre de message m’énerve au plus haut point. Qu’en est-il des jeunes qui décident d’y répondre pour s’amuser et finissent par se faire prendre au jeu et deviennent persuadées qu’elles correspondent réellement avec quelqu’un de leur âge ? Finalement je vais garder ce message, le montrer à mes nièces et discuter avec elles à ce sujet. Merci Ducon pour ton petit mot.

Margin Call

Avant de vous raconter mon impression sur ce film, je tiens à partager avec vous un situation cocasse qui m’est arrivée au ciné, le genre de situation qui m’arrive bien trop souvent.

Alors que je tends mon billet au jeune homme qui vérifie les entrées, ce dernier me demande : « Prénom ? » Je le regarde interloquée. Pourquoi souhaite-t-il connaître mon prénom ? Sans doute pour vérifier que je connais bien la personne titulaire de l’abonnement. Je le lui donne donc. Le silence s’installe. Il me regarde, tout aussi interloqué que moi. C’est pourquoi il me répète « Le Prénom ? ». Voyant que je ne comprends pas où il veut en venir, il me rajoute: « Vous allez voir le Prénom ? » « Ah, euh, non ». C’est à ce moment que je comprends que je lui tends le mauvais billet, d’où sa question. Je ris, en lui expliquant ma confusion. Et là…il a rougi ! C’est moi qui devrais être embarrassée de ma bêtise (mais j’ai l’habitude) et c’est lui qui est gêné. Bref.

Margin Call. Film qui explique les débuts de la crise financière dans laquelle nous vivons actuellement. Soyons honnêtes, je n’ai pas tout compris. Je n’ai jamais aimé le milieu de la finance (même si c’est lui qui paie mon salaire depuis vingt ans) et par conséquent, je ne maîtrise pas toutes les subtilités dont il est question dans ce film. En revanche, j’ai bien saisi que pour les grands dirigeants, seul le roi dollar compte. La vie des gens est insignifiante. Le film nous le montre sous forme d’un petit clin d’oeil. Après le licenciement de 80 % de l’entreprise, un big boss pleure…la mort de son chien.

Le film avance à un rythme lent mais ne dérange absolument pas, sauf si évidemment vous vous attendez à de l’action. Car il n’y en a point à proprement parler. Tout est implicite. Par contre, les échanges entre Kevin Spacey et Jeremy Irons sont savoureux.

Conclusion ? Film intéressant pour comprendre l’origine de la crise mais que je ne regarderai pas deux fois.

Site officiel : http://www.margincallmovie.com/

Labour Day

Bon, j’ai péniblement terminé la lecture de Labour Day de Joyce Maynard. Pour tout vous dire, j’ai même lu en diagonale les cinquante dernières pages. Vous l’aurez compris, je me suis ennuyée.

Le style ne m’a pas frappée outre mesure, si ce n’est qu’aucune ponctuation ne délimite les nombreux dialogues. A part ça, le narrateur est un adolescent de treize ans qui vit un week-end très particulier avec sa maman. Oh, je sais bien que l’on peut extrapoler.

La quête d’un adolescent envers sa propre identité. La découverte des faiblesses chez les adultes. L’admiration que porte un enfant sur un adulte à peine rencontré. Blablabla.

Ce qui me dérange et qui n’est peut-être qu’un lien que je suis la seule à tirer : l’auteure fait parler un ado, tout comme JD Salinger dans Catcher in the rye. Le même Salinger, la cinquantaine, qui avait pour maîtresse une certaine Joyce Maynard, à peine dix-neuf ans.

La dernière page est tournée, au suivant…

Besoin de crier

Je ne peux pas parler musique aujourd’hui, je n’ai rien acheté dernièrement. Ce que je peux dire en revanche, c’est que j’ai besoin de bruit. De musique qui « crie » à ma place. Rien ne tourne rond en ce moment et j’en ai marre.

Encore une semaine et demie avant les résultats des examens, voire peut-être plus, étant donné que toutes les copies ne sont pas encore arrivées à destination.

Samedi je me suis rendue à une réunion « inofficielle » des copropriétaires pour apprendre que notre administrateur était encore pire que ce que nous imaginions. Totalement incompétent limite margoulin.

Le papa de mon collègue est décédé lundi soir alors que sa santé semblait s’améliorer et quelqu’un que j’aime beaucoup a un méchant cancer qui le détruit.

J’ai besoin de pensées positives mais en ce moment, je n’y arrive pas du tout.

Alors je vais crier avec les guitars.

 

Je ne vis pas dans le « Grand Genève » !

Voilà une nouvelle polémique qui nous vient tout droit de Genève. Ils sont trop forts ces Genevois !

L’agglomération franco-valdo-genevoise se cherchait un nom. Trois propositions ont été soumises lors d’un vote très intimiste : « GenevAgglo », « Grand Genève » ou encore « Le Genevois ». Seules cinq milles personnes ont eu connaissance de ce vote et ont, par conséquent, donné son nouveau nom à l’agglomération. Deux choses me dérangent par rapport à cette votation :

Premièrement, la région compte nettement plus de cinq milles âmes alors pourquoi ne pas avoir cherché à informer toutes les personnes concernées (915’000 habitants) ? Cinq milles voix pour choisir l’ordre des chansons d’un concert ou voter sur la couleur prédominante de l’horloge fleurie passe encore. Mais changer l’appellation de toute une région qui comprend deux cantons différents de Suisse ainsi qu’une partie de la France sur la seule base d’un vote bien caché sur internet que seulement cinq milles internautes ont découvert ? Pas très démocratique tout ça.

Deuxièmement, j’ai comme l’impression que l’avis des Français ou des Vaudois n’intéresse pas vraiment les foules puisque qu’elle que soit la proposition choisie, elle n’est pas représentative de leur région. Pour vous donner une idée, rien que la commune de Nyon comptait 16’182 habitants en 2000 (source ici).

Je n’ai rien contre Genève, ville dans laquelle je me rends quasi quotidiennement. Cependant, je n’apprécie pas vraiment cette arrogance à vouloir mettre de côté ses voisins. Un nom plus approprié, même avec le nom de la ville dedans, m’aurait plus convaincue. De toute façon, il paraît que plus rien ne peut changer à présent. Mais au vu de la levée de boucliers, ce nouveau nom est-il réellement définitif ?

L’article est les commentaires qui m’ont inspirée : http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Le-projet-d-agglo-est-mort-vive-le-Grand-Geneve/story/12890022