Archive | avril 2013

Eloge de la faiblesse

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Editions Marabout mars 2012, 95 pages

C’est à l’occasion de l’émission La Parenthèse inattendue de Frédéric Lopez que j’ai découvert le jeune philosophe suisse Alexandre Jollien. »Mais tu ne regardes jamais la télé ? » Ben avant mon arrêt maladie, j’avoue que je n’allumais que très rarement le poste et ça m’allait très bien.

Je découvre donc Alexandre Jollien, handicapé moteur cérébral, et je reste scotchée devant ses paroles tout comme l’autre invité, Francis Perrin, qui avait demandé à le rencontrer. Mais comment ai-je pu passer à côté de quelqu’un qui a de si belles pensées ?

J’ai acheté l’Eloge de la faiblesse, premier livre qui a fait connaître cet homme.

J’avoue qu’au début de ma lecture j’étais un peu déçue, je m’attendais à autre chose. Pourtant je savais qu’il s’agissait d’une discussion entre Socrate et Alexandre. Disons que pour moi, c’était une longue introduction. Mais la suite est magnifique et donne matière à réfléchir.

Il y a de fortes chances que j’achète les autres livres de ce philosophe.

L’ombre du vent

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Ed. Pocket 2013, 668 pages, titre original La Sombra del Viento

J’ai entendu Carlos Ruiz Zafón il y a quelque temps parler de ses romans dans La Grande Librairie. J’ai trouvé très intéressant ce qu’il racontait. Le lendemain j’ai demandé à droite et à gauche si quelqu’un avait la trilogie du Cimetière des livres oubliés, titre que m’a tout de suite plu. Évidemment que personne ne connaissait. C’est toujours comme ça quand on est pressé. J’ai fini par acheter le premier volume L’Ombre du vent. Je m’en suis voulue car j’ai eu plus d’une fois l’occasion de m’offrir ce livre et à chaque fois j’ai pensé « bof, encore un livre grand public qui doit être gnangnan ».

Que nenni. J’ai adoré ce bouquin et je vais partir immédiatement à la recherche du deuxième volume, à savoir Le Jeu de l’ange.

Mais de quoi parle ce fameux roman ? Pfffff L’histoire débute dans l’Espagne de 1945. Un jeune garçon découvre un livre quasi inconnu et va alors s’intéresser à son auteur. Débute ensuite toute une aventure avec des histoires d’amour, des méchants et du suspens.

Si vous ne connaissez pas cet auteur Espagnol, foncez !

Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi

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Ed. Grasset&Fasquelle 2012 pour la version française, 254 pages

Un ami m’a prêté le livre de Albert Espinosa, auteur espagnol, tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi. « Ce livre est génial, je l’ai adoré, tu verras il se lit hyper vite. » Je ne m’étais pas encore remise à la lecture et j’avoue que je n’étais guère emballée. Puis il a rajouté : « Ca parle d’un extra-terrestre ». STOP ! Je ne suis absolument pas branchée science-fiction. « Non mais tu verras, tu dois le lire ».

Je suis repartie avec le livre sous le bras.

J’ai lu avec grand peine les nonante premières pages. Ensuite apparaît enfin la mention de l »étranger » comme il est appelé dans le roman. A partir de là, c’est vrai que j’ai pu terminer le livre plus facilement. J’avoue même que seuls les passages qui traitent de l' »étranger » m’ont intéressés. Le reste, je n’ai pas aimé. Le narrateur nous parle essentiellement de sa maman décédée le jour précédent et les relations qu’il entretenait avec cette dernière. Relations qui m’ont un peu dérangées et donc me rendaient ma lecture difficile. J’ai compris le titre du livre qui me semblait un peu étrange en arrivant à la dernière phrase du roman. Et j’avoue que du coup je l’ai trouvé magnifique. J’étais légèrement émue. Cependant, je reste sur ma première impression : je n’ai pas été remuée par ce bouquin.

Une rencontre ensoleillée

Ce dimanche de grisaille, DrCaSo avait organisé une rencontre entre blogueurs à Lausanne. Même si j’avais très envie de la rencontrer et que faire la connaissance d’autres personnes que je lis plus ou moins quotidiennement me semblait intéressant, le jour dit je n’étais plus très chaude. J’avais les « chocottes ». J’avais décidé de me plonger dans le bouquin passionnant que je lis en ce moment en attendant l’heure du départ. Malheureusement j’étais trop tendue. J’ai passé ma matinée stressée à faire les cent pas et chercher vingt mille excuses pour ne pas me rendre au rendez-vous.

Voici quelques unes de ces fameuses « excuses » : Il fait moche; Lausanne est trop loin; ils se connaissent tous sauf moi; je n’ai pas d’argent sur moi et refuse de passer au bancomat car je ne veux pas me faire détrousser;…

A midi sept j’étais dans le train…

J’arrive dans un restaurant bondé, tous les serveurs courent dans tous les sens et moi je suis perdue. Lorsqu’une dame trouve enfin le temps de me répondre, elle jette un oeil sur sa liste de réservation et le Dr CaSo n’est pas mentionnée. Elle me demande combien nous sommes, ce que j’ignore. Un deuxième serveur accourt et me montre les réservations du jour. Aucune n’est celle que je recherche. C’est embêtant. Je ne connais pas les gens et n’ai donc aucune coordonnée et pourtant je sais que je me trouve au bon endroit. Arrive alors un troisième monsieur qui lui sait de quoi je parle et me montre la table qui nous est réservée. Je suis la première.

Arriveront ensuite

Béo, Dr CaSo, Valérie de Haute Savoie, Judicaelle, Olivier d’Evian et Hervé.

Au final, j’ai passé une excellente après-midi auprès de ces personnes toutes plus intéressantes les unes des autres. Après le restaurant nous nous sommes rendus dans un pub « canadien ». J’aurais bien bu une bonne bière canadienne mais comme j’avais une prise de sang de prévue ce lundi matin je me suis abstenue de boire la moindre goutte d’alcool. Nous avons terminé à trois à papoter encore une heure à la gare en début de soirée.

Je réalise que rencontrer des gens c’est vachement sympathique 🙂

Bilan après deux mois et demi de maladie

Bientôt trois mois que je ne travaille pas parce que j’en suis tout simplement incapable. Alors, comment est-ce que je me sens aujourd’hui ?

Je suis enfin en train de remonter la pente. J’ai de la peine à imaginer qu’il y a peu je n’arrivais pas à quitter mon canapé de la journée. Je ne respire pas encore la joie de vivre mais ça va mieux.

Depuis quelque temps je souffre de vertiges. Parfois ils sont nombreux et violents, parfois ils se font discrets. Je dois aller faire une prise de sang pour vérifier de quoi ça vient.

J’ai augmenté la dose quotidienne d’anti-dépresseurs. J’ai commencé à cinq milligrammes puis suis passée à dix et à présent quinze. C’est peut-être pour cette raison que je sens enfin des effets positifs.

Je reprends un demi somnifère sur les ordres du médecin. Je m’endors en moins d’une heure contre plus de deux autrement. Je dors au moins quatre heures sans me réveiller. La nuit de dimanche à lundi j’ai même dormi sept heures !

Ma mauvaise humeur diminue. Il m’arrive encore de monter les tours très rapidement mais je me calme aussi très vite. Je ne traîne plus cette rage toute la journée.

Dès que je fais le moindre petit effort physique je fatigue très vite et termine généralement avec un puissant mal de tête.

Je recommence lentement à lire car je me lasse très vite. Je suis à nouveau capable de réfléchir un peu (mais pas trop). Par contre je ne me pose plus vingt mille questions angoissantes, sans doute grâce aux médicaments même si je sais qu’elles restent présentes mais bien cachées.

J’ai envie de retourner au cinéma, c’est bon signe 🙂

Eurovision

Je racontais ce week-end que j’aimais bien la nouvelle chanson d’Amandine Bourgeois L’Enfer et moi, chanson qui représentera la France au concours annuel de l’Eurovision de la chanson. Même si j’aime bien ce titre, je trouve qu’il ne colle pas avec l’ambiance un peu festive de ce concours, voire folklorique. Ce à quoi on me rétorque que c’est de toute façon mieux que la Suisse qui n’est pas fichue d’aller jusqu’en finale depuis des années.

Taratata. Je crois bien que cette fois-ci les choses vont changer. Quand j’ai entendu que c’était un groupe de l’Armée du Salut qui allait représenter le pays, je me suis dit qu’on ne pouvait pas faire plus ringard (certains clichés ont la vie dure). Mais le groupe chante en anglais et pas en suisse allemand, c’est déjà un grand progrès (cette remarque n’engage que moi). Comme il y a eut tout un tapage sur cette sélection du fait que le mot « armée » n’est pas autorisé dans le nom et que le port de l’uniforme est également interdit. Qu’à cela ne tienne, la Suisse sera représentée par le groupe Takasa qui portera chemise blanche et pantalon noir et sa chanson You and me. L’air est sympathique et entraînant, tout à fait dans le ton du concours.

Serons-nous en finale ? Réponse le 16 mai

Serons-nous meilleurs que la France qui a une chanson qui me plaît mais pas forcément le genre de l’eurovision ? Réponse le 18 mai.

Une reprise très lente

Nous avons enfin eu droit à un beau week-end avec un samedi légèrement nuageux et un dimanche ensoleillé et chaud.

J’avais prévu d’aller aider ma maman à nettoyer son jardin et surtout de m’occuper de deux petites plates bandes. Les locataires précédents avaient un goût assez particulier en ce qui concerne l’entretien d’un jardin.

J’aime m’occuper des fleurs et des plantes et je suis par conséquent déçue de ne pas avoir de terrain. Par chance, je peux profiter amplement de mon balcon. Mais ce week-end j’étais d’attaque pour arracher toute la mauvaise herbe qui occupait une de « mes » parcelles et ôter les feuilles mortes, les vieux pots abîmés lourds de mauvaise terre et herbes envahissantes, le tout dans le nouveau jardin de ma maman. L’ennui, c’est que même si j’avais la motivation, le corps, lui, n’avait franchement pas envie de coopérer. Heureusement mon neveu, bientôt dix ans et rempli d’énergie, m’accompagnait pour ce week-end et était enchanté d’un tel travail. Parce que mon corps est actuellement celui d’une petite vieille asthmatique. Après environ une demie heure d’activité, je n’arrivais plus à souffler, entièrement vidée de mon énergie. Nous étions en début d’après-midi, je retrouvais à nouveau un peu de peps en fin de journée. Les mauvaises herbes seront ôtées le lendemain faute de force le samedi.

Le cerveau recommence très très gentiment à reprendre du service. Je comprends que pour le corps, il me faut encore un peu de temps…

Woodkid

Ca fait très longtemps que j’entends parler de Woodkid sans savoir ce qu’il fait. Puis je l’ai vu au Grand Journal mais n’ai pas été particulièrement impressionnée. A lire les différentes critiques soit on aime, soit on n’aime pas.

Je me suis quand même décidée à écouter l’album en entier et j’ai donc allumé Spotify. Alors il s’est passé quelque chose. J’ai été transcendée. Cette voix étrange me berce pendant que la musique m’apaise. Ou l’inverse. Depuis j’ai donc acheté The Golden Age et me le repasse les jours en boucle régulièrement et je sens immédiatement un bien-être m’envahir.

Visiblement je fais partie des gens qui aiment 🙂

Profiter du temps qui passe

Alors que je commençais à aller de plus en plus mal, je souhaitais pouvoir faire comme un ordinateur. Appuyer sur le bouton « off », compter jusqu’à dix et rallumer afin d’aider les programmes récalcitrants à redémarrer correctement. Quand je me suis mise à pleurer sans arrêt, j’ai parlé de ce souhait à une amie. L’univers a entendu ma demande puisque depuis mon cerveau s’est « arrêté » de fonctionner et redémarre lentement. Il y a tellement de programmes à réparer que ça va prendre du temps. Le temps justement, parlons-en.

La même amie me racontait hier avoir eu une conversation incompréhensible avec son fils sur la perte de temps. Il expliquait ne pas jouer à un jeu internet avec ses amis durant la semaine car c’était une perte de temps : Rentrer de l’école, jouer, manger et aller se coucher. Intriguée, elle lui demande alors ce qu’il fait pour profiter du temps : « Tu fais tes devoirs ? Tu ranges ta chambre ? » « Ah ben non ! » En fait, il ne fait rien de particulier, il « profite », c’est tout.

C’est exactement ce que j’ai fait jusqu’à ma dépression. Je réalise avec effarement que ma notion de « profiter d’avoir du temps » était totalement erronée. Qu’en fait, j’ai perdu énormément de temps toutes ces années. Le week-end, j’aimais bien profiter de rester au lit le matin. Mais je profitais de quoi, alors que je n’avais plus sommeil ? Je n’aimais pas sortir le soir après le travail, je perdais du temps. Je perdais quoi comme temps ? Le temps de surfer sur internet ?

Voilà deux mois que j’ai plein de temps libre et que je ne fais rien. Selon ma définition, je devrais être ravie. J’en profite à fond ! Et là je réalise que le programme a changé. Si je ne fais rien, c’est simplement parce que je n’ai plus d’énergie. Dès que j’en ai un peu, j’ai besoin de bouger : ranger chez moi, faire mes courses, voir du monde… Tout ce qui était une perte de temps avant s’est transformé en joie. Quand j’ai de l’énergie, j’ai la chance de pouvoir vivre pleinement et il faut que j’en profite.