Archive | mars 2016

Le Libre Arbitre

Pour me faire réviser un peu mes cours, j’ai décidé de vous parler du libre arbitre. J’espère que je ne vais pas vous raconter d’âneries. Si vous en voyez, n’hésitez pas à m’en faire part, ça me rend service.

On se construit sa personnalité grâce à ce qui nous entoure. Pour les réalités physiques, nous avons nos yeux. Un petit chien noir, des volets verts, un gros con, la différence entre un magazine et un livre,… Pour ce qui n’est pas physique, c’est un peu plus compliqué. Qui est mieux : Obama ou Sarkozy ? Chacun a son avis. Mais est-ce vraiment le cas ? En fait, on va mesurer notre avis à celui de notre entourage…et nous allons généralement nous rallier à la majorité puisque l’humain part du principe inconscient que la majorité a sûrement raison ! Vous êtes entouré de gens qui préfèrent le roquet (n’y voyez aucun critère subjectif) ? Soit vous avez décidé d’en découdre et vous soutiendrez mordicus qu’Obama est cent fois mieux. Comme votre avis diverge du groupe social que vous cotoyez, il y a de fortes chances que vous en changiez…ou que vous finissiez pas admettre que le Nain est bien meilleur afin d’éviter tout conflit puisque vous souhaitez garder votre cercle d’amis. Au pire vous gardez votre opinion pour vous. Donc vous gardez votre libre arbitre me direz-vous.

Avez-vous entendu parler de Solomon Asch ? C’est un scientifique qui a créé une expérience qui prouve que l’on se rallie à la majorité. Que cette majorité influe sur nous à partir de trois personnes partageant entre elles un même avis contraire au nôtre. Pour se faire, Asch présente une ligne dessinée à l’écran. Il en présente ensuite trois autres et il faut retrouver celle qui fait la même longueur. Aucun doute n’est possible pour qui est en possession de tous ses moyens. Lors de l’expérience, plusieurs personnes sont amenées à donner leur réponse. Toutes, sauf l’avant-dernier personnage, sont de mèche avec l’expérimentateur et vont donner une mauvaise réponse. Observez le “libre arbitre” du sujet innocent :

Une autre expérience et ne me dites pas que ce genre de situation ne vous est jamais arrivée. Vous arrivez dans un lieu et tout le monde a le regard tourné au même endroit. N’êtes-vous pas tenté de faire comme la majorité ?

Je vous laisse méditer…

Et pour terminer en musique je vous propose Hooverphonic avec Badaboum. Ce n’est pas ma préférée de l’album mais c’est celle que j’ai trouvée sur youtube

Lectures de Mars

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J’avais prévu quatre livres pour le mois de mars. Plus un en attendant de passer à la bibliothèque.

J’ai tiré au sort un bouquin de ma très vieille pile à lire. C’est Patricia Cornwell qui a gagné avec The Bone Bed aux éditions Little, Brown, 2012, 463 pages. J’ai donc retrouvé Kay Scarpetta qui réussi tout ce qu’elle entreprend avec un ego légèrement surdimensionné. Mais ça se laisse lire.

De mon stock de la bibliothèque, J’ai débuté par le quatrième tome de Millenium Ce Qui Ne Me Tue Pas de David Lagercrantz aux Edition Actes Sud, 2015, 482 pages. J’en avais lu beaucoup de critiques négatives à sa sortie et n’avais pas voulu le lire. Et là je dois me détendre alors pourquoi pas ? Contre toute attente, j’ai bien aimé. L’intrigue m’a happée et j’avoue avoir visualisé Daniel Craig tout au long de ma lecture sous les traits de Michael Blomqvist. Y a pire 😊.

Je suis passée ensuite La Fin du Monde a du retard de JM Erre, Libella, 2014, 400 pages. J’ai cherché des idées sur un site que j’aime bien et la critique était intéressante (). Je n’ai pas eu la même lecture ! Le début s’annonçait prometteur et drôle : “Un lieu sans métro, sans boulot, mais avec beaucoup de dodo. La clinique psychiatrique Saint-Charles. Trois toqués au guide Dumachin”. ou encore “Les préparatifs battaient leur plein. L’atelier schizophrénie créatrice peaufinait la confection des lampions qui allaient égayer le parc, et que le groupe Maniaco-bucoliques commençait à accrocher aux arbres”. Je trouvais ces descriptions drôles. Mais à la longue, ça devient lourd. L’histoire traine en longueur puisque les descriptions ironiques s’éternisent. J’ai abandonné en cours de route. Je ne prenais plus aucun plaisir à lire.

J’ai enchaîné par un livre écrit par Frédérique Balland Au Plus Près du Mal, éditions Grasset, 2015, 170 pages. Une psy raconte pourquoi et comment elle a travaillé pour la police judiciaire de Paris. On n’apprend pas grand chose si ce n’est qu’une étude de néo-zélandais à trouvé que les hommes ne choisissaient pas au hasard leur victime dans la foule. Qu’ils détectent des signes de vulnérabilité : “Les petites enjambées, de faibles balancements des bras et une façon prudente de poser le pied sur le sol”. Vous voilà prévenues mesdames.

J’ai terminé par Saga de Tonino Benacquista, éditions Gallimard, 1997, 353 pages. Là aussi j’ai pioché l’idée sur le site de lecture. J’avais déjà lu Malavita que j’avais adoré et la suite Malavita Encore. Et bien là encore j’ai aimé avec toutefois un bémol sur la fin. Allez lire le compte rendu sur le site dont j’ai mis le lien.

Comme mon stock était déjà terminé, j’ai acheté un livre en faisant les courses.

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Le chanteur de Dionysos raconte son combat contre la maladie. J’ai trouvé l’écriture agréable et le récit pudique et prenant. Editions Albin Michel, 2016, 230 pages.

J’ai repris deux autres livres à la bibliothèque dont un moins “léger” et qui devrait m’occuper un peu plus longtemps. Sans doute une erreur puisque je dois me détendre. On verra bien.

J’aime le Printemps

2016-03-19 19.32.28_resizedJe partais travailler sous la neige en ce début de semaine. Je portais ma grosse veste d’hiver pour faire face au vent glacé.

Je partais me promener en cette fin de semaine sous un soleil printanier avec une petite jaquette sur le dos. C’est enfin le printemps.

Les gens ressortent de chez eux, je croise à nouveau mes voisins et on échange quelques mots, nous avons le temps et il ne fait pas froid. Les fleurs apparaissent ici et là. Les bourgeons grossissent sur les arbres. J’ai ôté les mauvaises herbes sur ma plate-bande.

Le moral, qui allait, prend l’ascenseur et j’arbore un sourire niais en permanence. J’hume l’air, c’est le printemps. Les ennuis que je pouvais avoir ont soudainement disparu. Il fait beau, les températures remontent, je suis heureuse, c’est le printemps, ma saison préférée…

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Et pour terminer en musique je vous propose La Traversée par le groupe Radio Elvis

Je pense trop

Editions Guy Trédaniel, 2010, 250 pages

Editions Guy Trédaniel, 2010, 250 pages

Deux amies m’ont parlé d’un bouquin durant la même période Je Pense Trop de Christel Petitcollin. Une est particulièrement enchantée et me conseille vivement de le lire. L’autre est un peu plus circonspecte et me prête son exemplaire avant même de l’avoir terminé. J’ai lu les deux tiers et si j’étais raisonnable je m’en tiendrais là. La lecture de ce livre n’est pas compatible avec des études en psychologie. Citer ces sources, être rigoureux, avoir l’esprit critique, hop, on balance tout ça si on veut apprécier cette lecture.

La dame ne veut pas mettre des notes de bas de page non stop donc elle précise que ses sources sont citées dans la bibliographie à la fin du livre. Déjà là, la bibliographie est bien maigre mais en plus, il y a tout de mêmes quelques notes de bas de page : les références aux autres livres de Madame !

Nous apprenons ce à quoi pense François alors qu’il se rend pour la première fois à un rendez-vous chez cette dame. Rien d’exceptionnel. Or, voilà qu’elle explique que cette façon de penser n’est pas normale. Etrange, puisque c’est vraiment le genre de réflexions que je peux me faire. Donc j’apprends que je pense anormalement ! Mais c’est quoi penser normalement ? Bah ça elle n’en parle pas. Comme ça la majorité des lecteurs va s’identifier d’une façon ou une autre à François et va se dire que le bouquin le concerne. Et hop, un best seller ! La dame a tout compris.

Un peu plus loin elle parle des gens hypersensibles. Je sais que je le suis. J’entends tout, je sens tout, je vois le moindre détail (celui qu’il ne faudrait pas voir), etc. Donc quand on est hypersensible, on a également beaucoup d’empathie. C’est l’auteure qui l’explique car c’est ce que lui ont dit ses patients. Ah, la belle recherche empirique dont on nous serine dans les cours de psycho ! Mais quand on a tous ces dons (chouette j’ai des dons), on possède également la télépathie…Faites attention à ce que vous pensez en ma compagnie !

Elle parle aussi des test de QI et déconseille vivement de les passer. Elle dit que “de nombreux ouvrages dénoncent leur pertinence”. Quels ouvrages ? Nulle référence. Elle raconte que les tests sont subjectifs et posent “de graves problèmes d’éthique”. Rien que ça. Qu’ils ne prennent pas en compte le niveau social de l’individu ni sa culture. Il ne faut pas oublier que n’importe qui ne peut pas faire passer ces tests. Il faut suivre une formation spécifique. Et je rappelle que les psychothérapeutes FSP (donc reconnus en Suisse) ont tout de même dix ans d’études universitaires et sont donc à même de décoder les résultats en plus de la formation pour la passation de tests !

Et j’adore ce passage : “C’est parce qu’elle est sidérante que j’en suis arrivée à la conclusion que les pervers narcissiques ne s’en prennent qu’aux surdoués”. J’adore ces recherches hautement scientifiques. Et comment lutter contre ces pervers ? La réponse est certainement expliquée dans un autre bouquin…

Je m’arrête là. Donc je n’aime pas ce genre de bouquin mais, parce qu’il y a un “mais”, je pense que je l’aurais peut-être apprécié quand j’allais mal. Si vous cherchez à vous réconforter, peut-être que ce livre est pour vous. Si vous allez vraiment mal, consultez un psy. Il vous sera entièrement dévoué durant votre heure de consultation et ne s’adressera qu’à vous et pas à un large public. Et il vous aidera à trouver des solutions, solutions qui ne sont jamais proposées dans le livre…

 

Et pour terminer en musique : Vanessa Paradis & Carl Barât The Dark, it comes

Le bonheur à portée de mains

Ed. OUP Oxford, 2006, 224 pages

Ed. OUP Oxford, 2006, 224 pages

Je reviens sur ce petit bouquin qui m’a appris ou rappelé bien des choses intéressantes que je veux partager avec vous.

  • Les systèmes qui contrôlent le désir ne sont pas les mêmes qui contrôlent le plaisir. C’est pourquoi nous passons notre temps à courir après des choses que l’on désire pour la plus grande joie des pro du marketing et qu’une fois ces choses atteintes, nous réalisons que nous ne sommes pas plus heureux pour autant.
  • Les gens croient qu’ils seront plus heureux dans le futur ou que certains événements futurs vont les rendre plus heureux. Les statistiques disent que ce n’est pas vrai…
  • Un salaire plus élevé apporte un plus grand pourvoir pour des dépenses matérielles. Les gens ne modifient pas pour autant leurs buts, leur sens de liberté et ne se sentent pas plus sécurisés.
  • Nos choix dans la vie sont dictés par notre théorie du bonheur qui suggère qu’un meilleur emploi, un beau mari, un fort pouvoir d’achat nous rendront plus heureux. Ceci est un leurre.
  • Le bonheur, ou le malheur, viennent de la façon dont nous abordons les choses et pas des choses elles-mêmes.
  • Les gens qui travaillent à temps partiel contrôlent leur vie, participent à des activités bénévoles, ont plus de temps pour des hobbies. Et pourtant la majorité des gens ignorent ces choix.
  • Si je suis juste un universitaire et qu’il m’arrive une tuile à l’uni alors toute ma vie va basculer. Je me sentirai moins efficace et sans importance. En revanche, si je me vois en tant qu’universitaire, prof, écrivain, cuisinier, ami, joueur de badminton alors une tuile peut survenir dans l’un de ces domaines sans que j’aie l’impression que mon monde s’effondre.

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Et pour terminer en musique, je vous propose la dernière chanson de Benjamin Biolay Palermo Holywood. Je me réjouis du prochain album.