Petits Moutons face à l’Autorité, à l’Autre.

Dans mon dernier article, Dr CaSo m’écrivait ceci :

« Quand on essaye de résister, les “conformistes” deviennent souvent très méchants! Je vois ça très souvent dans les réunions, quand quelqu’un de haut placé dit quelque chose (de con) et tout le monde se sent forcé de dire oui oui même si on sait très bien qu’en réalité ils ne sont pas du tout d’accord… et si j’essaye de dire non, alors là c’est la haine, parce que j’ose déranger le status quo, parce que je rends tout le monde inconfortable, parce que je force tout le monde à se remettre en question. Je me fais énormément d’ennemis tout le temps à cause de ça, au boulot! »

Alors dans ce message il y a trois problématiques sociales qui ressortent : l’influence dans les groupes, l’attitude des gens face au pouvoir, le conformisme social.

Reprenons la première phrase : Quand on essaye de résister, les “conformistes” deviennent souvent très méchants!

Dans notre société, nous faisons partie de plein de groupes : au travail, notre club de gym, les propriétaires du quartier, … Et nous avons un fort sentiment d’appartenance dans les groupes qui nous intéressent, sentiment basé sur des règles tacites. Il y a donc un consensus qui nous pousse à être conforme à ces règles. Et lorsqu’un problème surgit avec les membres dudit groupe, s’ensuit une grande communication entre tous. Un chercheur, Festinger, a élaboré une théorie en quatre points sur ces communications et son hypothèse 2a dit ceci : « Plus la divergence entre un membre particulier du groupe et le communiquant est grande à propos du contenu x et plus la tendance qui pousse à communiquer avec ce membre à propos du contenu augmentera ». Ce qu’il y a de positif à ce stade-là, c’est que Dr CaSo est encore considérée comme membre du groupe car sinon ses remarques produiraient tout au plus un léger haussement de sourcils. Tout n’est pas perdu même si les membres se sentent menacés à cause de quelqu’un qui ose remettre les règles tacites en cause.

Continuons : quand quelqu’un de haut placé dit quelque chose (de con) et tout le monde se sent forcé de dire oui oui même si on sait très bien qu’en réalité ils ne sont pas du tout d’accord.

Là nous sommes dans la soumission à l’autorité. Pour obtenir une uniformité dans un groupe, il faut une pression. Deux chercheurs, French & Raven, ont recensé cinq formes de pouvoir : * pouvoir de récompense : on félicite, on récompense,… *pouvoir de coercition : on punit, on exclu, on licencie * pouvoir d’expertise : on part du principe qu’un personnage haut placé possède un minimum de compétence (on sait que ce n’est hélas pas toujours le cas) *pouvoir référentiel : on admire la personne, on s’y réfère. *pouvoir de légitimité : notre boss ! Vous prenez les chefs de secte et aux yeux de leurs adeptes, ils remplissent tous les critères. Donc on va suivre la personne haut placée à cause de son pouvoir supposé sur nous. Ensuite il y a le fait que le petit employé qui dit une ânerie sera vite écarté du groupe alors qu’on pardonnera au big boss. C’est moche mais c’est de cette façon que fonctionne notre société. Vous pouvez regarder l’expérience de Milgram sur la soumission à l’autorité. Le lien est un résumé mais vous pouvez trouver l’expérience complète sur le net.

Enfin : si j’essaye de dire non, alors là c’est la haine, parce que j’ose déranger le status quo, parce que je rends tout le monde inconfortable, parce que je force tout le monde à se remettre en question.

Nous nous trouvons là dans les cas d’influence minoritaire. Le Dr Caso se trouve face à une majorité. Majorité qui est sûre d’avoir raison, puisqu’elle est majoritaire. Par contre, si cette majorité écoute le Dr CaSo, elle peut se remettre en question. Du coup, en plus d’avoir son avis, elle en a un autre. Quelle horreur !  Effectivement, le groupe peut alors se remettre en question. Et par ce fait, va réfléchir à d’autres possibilités encore. Lors d’expériences dont je ne vais pas parler là (trop fainéante pour relire des articles soporifiques), il a été montré que lors d’un débat face à une minorité, les réponses exposées sont nettement plus variées et recherchées que face à une majorité. Comme quoi, si on n’est pas face à des bœufs, être le vilain petit canard peut faire du bien au troupeau 😁.

Vous l’aurez compris, il existe plein de règles sociales qui nous dirigent inconsciemment. En prendre conscience peut nous aider à ne plus subir bêtement le cours des choses…

(Comme d’habitude, j’espère n’avoir pas écrit d’âneries.)

Et pour terminer en musique j’ai choisi Christophe pour son dernier album entendu à la FnuK et que j’ai trouvé sympa. Je vous propose Océan d’amour  (pas ma préférée mais je prends ce que je trouve).

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4 thoughts on “Petits Moutons face à l’Autorité, à l’Autre.

  1. T’es une super psy, faut que je continue à te parler de mes problèmes, comme ça 1) ça t’aide à réviser tes cours, et 2) ça m’aide beaucoup 😀

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