Ne Pleure Pas Jeannette…

Aujourd’hui je vais vous parler des émotions parce que c’est ce que j’étudie en ce moment, que je trouve ça passionnant, et ça m’oblige à réviser…

Il faut tout d’abord savoir que nos émotions sont importantes et contrairement à la croyance  populaire, les décisions prises lors de forts moments émotionnels sont très « raisonnables ». A quoi nous servent ces émotions ? Elles nous informent sur ce qui est important pour notre bien-être.

Nous évaluons en permanence notre environnement (appraisal) selon un certain ordre :

    • La pertinence : est-ce que l’événement en question me concerne ? On observe si c’est quelque chose de plaisant ou non. Une bonne glace ? Mmm c’est bon mais mauvais pour notre régime. On regarde aussi si ça nous apporte quelque chose. Si l’événement est menaçant (dernier point d’eau à des kilomètres à la ronde en plein désert) il sera jugé comme très pertinent.
    • L’implication : à quel point mon bien-être sera-t-il affecté ? Nous sommes donc face à un être animé. Si on se trouve face à un ours lors d’une balade dans la nature la réaction ne sera pas la même que si on est à la chasse à l’ours, prêt à tirer. On va évaluer les conséquences et l’urgence (l’ours va me dévorer).
    • Le potentiel de maîtrise : vais-je pouvoir m’adapter ? A ce moment du processus on réfléchit si l’événement est maîtrisable par nos propres moyens ou de l’aide extérieure. (Si je hurle, le garde à moins d’un kilomètre va-t-il m’entendre et me venir en aide pour abattre l’ours ?). Et enfin, si on ne peut rien faire, peut-on s’adapter aux conséquences. Concernant la rencontre avec l’ours, une fois qu’on a fini dans son estomac, la question ne se pose plus on est d’accord. Mais dans le cas d’un licenciement
      professionnel par exemple, est-ce la fin du monde ou est-ce qu’on peut s’en sortir ?
    • Signification normative : comment l’événement agit sur l’estime de soi ? Lors d’un licenciement, l’estime peut prendre un sacré coup. Est-ce de ma faute ou c’est la faute de « la crise » ?

Une fois que tous ces processus ont eu lieu, hop, on les refait dans l’ordre.

Une émotion comprend cinq caractéristiques :

      • les processus mentionnés ci-dessus, appelés appraisal,
      • un sentiment subjectif car oui, il nous arrive de penser consciemment à ce qui se passe. Mais ça reste une infime partie des processus émotionnels,
      • une réponse psychophysiologique : le rythme cardiaque change, la transpiration apparaît,
      • une expression motrice : les traits du visage sont modifiés ainsi que la tonalité de la voix
      • une tendance à l’action : faut-il fuir ou se transformer en statue de sel ? Attaquer le con qui nous agresse verbalement ? La tendance à l’action n’est pas l’action en elle-même. Face à un petit chefaillon, on aura tendance à vouloir lui casser la gueule. Or, on ne va rien faire si on veut garder son poste…

Si comme moi vous être hyper émotif, il faut vous dire que vos émotions vous rendent service (mouais, on se rassure comme on peut). Parce que les émotions nous aident à prendre conscience de certaines choses alors que nos ressources attentionnelles sont limitées. (Voir un précédent article : cécité aux changements ).

Il faut aussi savoir que nos émotions sont influencées par nos humeurs par exemple. Une personne souffrant de dépression vivra le processus d’appraisal avec un biais lié à son humeur négative. Et enfin, si elles nous permettent de bien focaliser notre attention sur un stimulus, elles nous empêchent de prendre en compte les détails autour. Par exemple, sous la menace d’une arme, nous allons bien regarder le pistolet alors que nous serons probablement incapables de décrire la personne qui le tient !

Comme d’habitude, j’espère avoir bien compris mon cours et vous l’avoir expliqué de façon compréhensible.

Sources :
Sander, D., & Scherer, K. R. (2009). Traité de psychologie des émotions (Dunod). Paris.
« Neuropsychologie des émotions » dans L’Essentiel n°7 de Cerveau et Psycho – Le pouvoir des émotions (août/octobre 2011)

Et pour terminer en musique Je vous propose The Liminanas avec Garden of Love (feat. Peter Hook)

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