Admirez-moi, je suis la meilleure !

Chose promise, chose due, voici le sujet sur la facilité sociale.

Il semblerait que pour certaines activités, la présence d’un public facilite nos performances. Ceux qui tremblent rien qu’à l’idée d’être observés doivent penser que je mens, que c’est impossible. Et pourtant…

Triplett, scientifique, a observé des cyclistes en 1898 et remarque que ces derniers étaient meilleurs en groupe que seuls. Il en conclu d’abord qu’être à plusieurs protège contre le vent. Il monte alors une petite expérience avec des enfants sur une activité à effectuer en groupe ou seul et inversement. Or, les enfants qui ont d’abord effectué l’expérience en groupe sont meilleurs ensuite lorsqu’ils sont seuls que ceux qui ont débuté seuls puis en groupe. Un autre scientifique, Allport, a créé en 1920 une expérience sur une association de mots et les groupes ont obtenu de meilleurs résultats que les personnes seules à la tâche. Il a donc inventé le concept de facilitation sociale.

Mais plus récemment, Zajonc, a affiné en 1965 les deux théories que sont celles de la facilitation ou paresse sociales. Il parle alors de théorie du Drive. En fait, pour toute activité simple, automatique ou bien maîtrisée, il y a facilitation sociale en public. Il vaut donc mieux travailler en groupe. En revanche, pour toute activité non maîtrisée ou nouvelle, le phénomène de paresse sociale apparaît et il vaut mieux travailler seul.

Une expérience a été effectuée avec…des cafards ! Le cafard pour éviter la lumière doit traverser soit un tube droit soit un tube courbé à 90 degrés. Tout autour, il y a des cafards « spectateurs ». Le petit cafard qui participe au test est meilleur pour le tube droit lorsqu’il y a du « monde » autour que lorsqu’il est tout seul. Or, il obtient un meilleur score pour le tube à 90° dans la condition seul que lorsqu’il a un public !

Evidemment qu’une autre variable intervient également dans la facilité sociale et c’est Cotrell en 1972 qui y a pensé. Les autres personnes présentes ont-elles de l’effet parce qu’elles s’intéressent à ce que l’on fait ? Il semblerait que oui. Si vous effectuez votre activité simple en présence de personnes qui ne prêtent aucune attention à vous, il n’y aura aucun effet. Il faut qu’elles vous observent activement ou qu’elles effectuent la même activité en parallèle (effet de comparaison/compétition). Mais si l’activité est difficile…on bascule dans la paresse sociale. C’est donc bien de prendre conscience que le public n’est pas toujours là pour nous déstabiliser !

 

Et pour terminer en musique je vous propose Yann Perreau avec J’aime les Oiseaux. Le refrain me donne une furieuse envie de bouger 😀