C’est pas moi c’est l’autre

Mon sujet sur le trouble bipolaire attendra un peu. En lisant un article dans la grande revue scientifique qu’est le 20 Minutes je me suis énervée et je vais vous en parler. En plus ça me fait réviser le sujet sur les Attributions que je dois apprendre pour mes examens qui approchent…

« Une structure de chantier est tombée à cause du vent dans la cour de l’école des Eaux-Vives (Genève), mercredi soir, sans faire de victime. Des parents s’inquiètent ».

L’humain a besoin de connaître et maîtriser son environnement et garder une bonne estime de lui-même. C’est pourquoi il cherche les raisons pour lesquelles tel événement s’est produit; l’explication trouvée devient alors la cause de l’événement. Ceci est une attribution et cette dernière n’est donc qu’une cause perçue. Ça ne reflète pas forcément la réalité mais c’est notre réalité et ceci nous permet de continuer à connaître et maîtriser notre environnement. Cette façon de procéder est aussi économe en énergie cognitive. C’est-à-dire qu’elle ne demande pas trop de réflexion, d’analyse en tout genre, tout en nous rassurant. Pour prendre un exemple tout simple, les stéréotypes (qui sont des attributions) sont une forte économie cognitive. Dire que les blondes sont stupides évite à Kevin qui se trouve face à une blonde de trop réfléchir s’il ne comprend pas ce que cette dernière tente de lui expliquer. Le problème est forcément dû au fait qu’elle est blonde, c’est pas Kevin qui est stupide, voyons ! Du coup Kevin garde son estime de lui-même intacte. (Et dans mon exemple j’ai même rajouté un petit clin d’oeil humoristique. Sauras-tu le dénicher ???).

Si nos forces personnelles sont plus importantes que les forces environnementales, on peut réussir la tâche qu’on s’est donnée. Donc si j’ai bossé comme une forcenée pour mon examen (forces personnelles) et que le prof est très sympathique dans ses corrections (forces environnementales), je vais cartonner à mon examen. C’est pourquoi on va toujours tenter de minimiser les forces environnementales pour continuer à croire que nous maîtrisons notre environnement. Et si je rate mon examen, c’est certainement parce que le prof n’était qu’un con. Rien à voir avec moi !

Autant dire que nos attributions sont totalement biaisées ! Parce que pour ce qui nous concerne, c’est toujours la faute à autrui ou à quelque chose indépendamment de nous. En revanche, si quelqu’un fait quelque chose, on ne tient absolument pas compte des éventuelles causes extérieures. Ce qui est flagrant dans l’extrait de l’article qui m’a tant énervée. Si la structure s’est effondrée, c’est de la faute de l’ouvrier qui l’a montée. Le fait que les conditions météorologiques étaient déchainées n’est pas pris en considération. Du coup, ces parents énervés ont réagi et il faut durcir la loi quant aux contrôles sur les chantiers. Les parents sont contents, ils maîtrisent l’environnement, et moi ça m’agace car ceci n’est qu’illusoire. Peut-être qu’il y a erreur humaine, mais peut-être pas. En plus personne n’a été blessé et les enfants n’étaient même pas à l’école. N’oublions pas que le fait de blâmer quelqu’un a un effet rassurant. Parce que ces parents n’auraient jamais, oh non jamais, été aussi négligents que ce petit ouvrier incompétent !

Pensez-y la prochaine fois que vous vous emportez contre quelqu’un : êtes-vous totalement innocent, et l’autre, n’a-t-il vraiment aucune circonstance atténuante ?

Et pour terminer en musique je vous propose Mémorable de Nord

4 thoughts on “C’est pas moi c’est l’autre

  1. Je ne me fais pas de soucis, moi je sais que quand les trucs merdent, c’est toujours de ma faute! Sauf quand tes vidéos ne passent pas chez moi parce c’est pas available in my country 😦

    • S’attribuer tous les torts en permanence c’est sans doute lié à un manque de confiance en soi…
      Ton VPN ne fonctionne plus pour les vidéos ?

  2. Je ne suis sans doute pas comme tout le monde car je passe mon temps à douter de moi. Je pense toujours en premier que j’aurais pu faire autrement pour éviter que ceci ou cela ne se produise. C’est très embêtant comme trait de caractère car on se remet toujours en question et qu’on est jamais sûr de soi à 100 %…
    Depuis quelques années, je travaille dessus pour éviter de tomber toujours dans ce travers qui me fait culpabiliser pour un rien ; j’ai des résultats assez satisfaisants 🙂
    Bien sûr, je comprends ce que tu dis, et ça m’arrive sans doute de temps en temps, mais ça n’est pas un trait de caractère prédominant chez moi, loin de là !

    • C’est effectivement un manque de confiance en soi de ne jamais voir le tort chez l’autre. Après, ne le voir que chez les autres sans jamais se remettre en question n’est pas bon non plus 😏

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