Archive | mars 2017

Comment apprendre ?

Comme promis, je vais vous parler des conditions favorables ou non pour un bon apprentissage. C’est très axé sur l’apprentissage scolaire bien que ce soit utile pour tout type puisqu’il n’est pas nécessaire d’aller à l’école pour continuer à apprendre.Je tire mes informations d’un article de M. Boekaert [1].

Croire en ses capacités est un très bon prédicteur des résultats futurs, d’autant plus si on porte un jugement réaliste sur ses propres compétences; On sera plus à même de contrôler toutes les variables qui pourraient nuire à notre apprentissage. Et, voilà quelque chose de très important, il est vivement déconseillé de dire “essaie” ou laisser croire que si l’élève fait un effort il va réussir. Ces remarques agissent sur la confiance en soi sans pour autant que les compétences augmentent. En cas d’échec, la confiance prend un sacré coup.

Il faut apprendre à attribuer ses réussites à ses propres compétences (je suis capable et j’ai persévéré) et à attribuer les échecs à des causes extérieures du genre, le prof est nul, j’ai pas eu le temps de bosser, j’étais malade, etc. Ça évite de toucher la confiance en soi (sujet que j’avais déjà étudié en psychologie sociale et j’adore). Autant vous dire que je tente d’appliquer ce principe dans ma vie quotidienne et ma vie est bien plus facile, je rumine moins des pensées sombres. La semaine dernière je ruminais un truc bête et j’ai tenté d’attribuer mon “problème” à quelque chose d’autre que Moi. Ça a bien fonctionné puisque je ne m’en souviens plus. Votre chef vous a fait une remarque désagréable ? S’il a un problème avec vous, il doit vous l’expliquer calmement et de façon constructive. S’il est désagréable, ce n’est pas de votre faute : son chef lui est tombé dessus tôt dans la journée, sa fille est rentrée ivre le soir précédent, il s’est engueulé avec sa femme,…

Evidemment que si vous estimez que la chose à apprendre est sans importance, cela va être plus difficile à étudier. Donc il faut chercher à rendre la matière intéressante. Au début du semestre, je n’étais absolument pas motivée à étudier la psychologie de l’éducation. Je ne souhaite pas me lancer dans l’enseignement et depuis le temps que j’étudie, je trouve que je m’en sors plutôt bien. J’ai donc cherché à prendre ce cours sous un autre angle : en quoi peut-il m’être utile dans ma vie ? Depuis j’aime beaucoup cette matière 😉. On en parlait hier aux cours et les personnes qui n’arrivent pas à voir en quoi cette matière leur est utile, détestent ce cours…

Apprendre pour “apprendre”, à savoir, avoir un but de maîtrise, est plus profitable à l’étudiant qu’apprendre pour performer (être le meilleur). On parle de motivation intrinsèque quand on travaille pour soi et de motivation extrinsèque quand on pense à l’image de soi que l’on veut donner. Là encore, quand on bosse pour son image, l’estime de soi peut très facilement être fragilisée.

Ne jamais avoir peur de demander de l’aide, ce qui évite aux émotions négatives de prendre le dessus. C’est quand même mieux d’obtenir de l’aide que d’échouer non ? Il ne faut pas non plus hésiter à réévaluer la situation d’apprentissage (ou autre) du genre : est-ce tellement grave si je n’arrive pas à résoudre ce problème ? Hier, j’en ai résolu sept ! De cette façon, j’agis sur mon sentiment d’efficacité personnelle : je suis capable.

Il faut se fixer des objectifs clairs et concrets, ça aide à mieux s’organiser : Demain je lis le document n°1 en entier et je le résume. Si je suis motivée je vais en faire plus, mais si je ne le suis pas, j’ai un objectif tout à fait atteignable. Un plus jeune élève pourra se dire qu’il fera ses devoirs en rentrant avant de regarder la télé pour se motiver.

Toutes ces stratégies aident à penser que l’on contrôle son apprentissage et ce sentiment de liberté est très utile dans tout ce que nous entreprenons…

1. Boekaerts, M., (2010). Motivation et émotion : deux piliers de l’apprentissage en classe. Comment apprend-on ? La recherche au service de la pratique, 97-117.

Et pour terminer en musique, je vous propose Jacob Bellens avec Untouchable

J’ai l’impression que vous êtes tourmentés…

Faut que je prépare mon post sur l’approche cognitiviste dans l’enseignement et vous raconter ce qu’écrit Carl Rogers sur ce qui fait un bon psychologue d’un moins bon. Pour la semaine prochaine si je suis motivée.

Le moral remonte avec l’arrivée du printemps. Chouette. J’ai ressorti mon application FatSecret pour m’encourager à remanger de façon raisonnable. Même si je n’ai pas pris de poids je mange bien trop de cochonneries pour maigrir encore un peu. L’application m’aide à voir quand j’atteins la limite quotidienne et me motive à tenir bon.

Comme il faisait grand beau hier, j’en ai profité pour débuter mon balcon potager. J’ai planté mes premières futures salades et du persil. S’il fait beau le weekend prochain j’attaque la plantation des fraises avant de passer aux framboises, tomates, basilic, concombres et radis (pas forcément dans cet ordre).

***

Ma collègue m’a fait remarquer que je posais les questions qui font parler. Je suis nulle pour bavarder sur la pluie et le beau temps, donc j’ai de la peine à discuter avec les gens que je ne connais pas. Pourtant, quand je me lance, j’apprends plein de choses et ma collègue est toujours surprise. Du genre, cette dame a son papa qui est décédé récemment, celle-là avait des problèmes de couple mais ils ont décidé de se donner une nouvelle chance, celle-ci était assistante vétérinaire avant de travailler dans l’entreprise et cette dame vient de vivre un incendie et est toute chamboulée car il y avait plein de pompiers chez elle et que ses cheveux ont pris feu… En gros, je suis incapable de parler de banalité mais j’arrive à faire parler les gens (que je n’ai généralement jamais vu auparavant) de leur vie privée. Parfois (souvent je crois), je pose des questions qui dérangent et c’est ma collègue qui vient d’en faire les frais. Elle doit déménager à l’étranger “demain”. Elle contacte alors des entreprises de déménagement pour leur poser quelques questions. La plus importante à ses yeux est de savoir le délai qu’il leur faut pour qu’elle fasse appel à leurs services. C’est LA question qui la stresse puisqu’elle est dans l’urgence. Ma/mes questions ? “Tu comptes déménager à quelle date, fin mai, fin avril ou fin juin ? Tu prends tes meubles ou tu les vends avant ? Parce que une fois que la date est arrêtée et la question des meubles résolue, alors tu pourras appeler les entreprises et poser TES conditions. Ça t’évitera des appels inutiles”. Elle m’a répondu qu’elle n’aimait pas mes questions 😂. En même temps, lui dire “ma pauvre, je n’aimerais pas être à ta place” ne va pas l’aider. Ce qui ne m’empêche pas de compatir à sa situation qui est loin d’être idéale.

Et pour terminer en musique je vous propose un morceau de 2011 Vive l’amour de Catherine Ringer

 

Rendez-vous annuel

J’espérais que cette garce m’éviterait cette année mais non, elle est fidèle au rendez-vous, même si cette année elle est arrivée bien tard. Mais de qui est-ce que je parle ? De ma dépression saisonnière. Depuis plus de vingt ans elle se pointe chaque année en hiver. Généralement elle débute un peu avant Noël. Heureusement, depuis que j’ai eu ma plus grande dépression et suivi une thérapie, elle dure de moins en moins longtemps. Cette fois-ci elle a gentiment commencé vers le début du mois de février. Comme le printemps n’est plus très loin ça va, elle ne va pas rester longtemps. L’ennui, c’est qu’il me faut toujours du temps avant de me rendre compte qu’elle a pris possession de mon esprit. Tous les symptômes sont là et moi je me demande ce qu’il m’arrive jusqu’au déclic : une année c’est une amie qui m’a signalé que j’étais agressive, cette fois-ci je passais mes nerfs sur mon chien (non, je ne le bats bas, je lui hurle dessus). Le déclic c’est que ma conscience se réveille enfin et sait qu’elle est squattée par la maladie. Alors je peux aller un peu mieux.

Je suis épuisée, plus d’énergie pour rien. Je pourrais rester vautrée sur mon canapé sans rien faire la journée entière. C’est assez inquiétant. Jusqu’au déclic. Je sais enfin que c’est une façon d’agir de la dépression saisonnière et qu’avec l’arrivée du printemps je vais retrouver mon énergie. Du coup, je ne m’inquiète plus. Je suis épuisée et voilà.

Avec l’épuisement vient évidemment l’envie de dormir non stop. Et ça aussi ça n’est pas normal et mon stress augmente. A présent je ne lutte plus. Si je veux aller me coucher à 20h30 au lieu de me forcer à regarder la télé avec les yeux qui brûlent, je vais au lit. Et je ne culpabilise plus si je veux faire une sieste. C’est passager.

Cette faim qui me tenaille ? Je trouvais étrange d’avoir bien réussi mon non-régime depuis plus de six mois et tout d’un coup d’avoir tellement faim, surtout pour des cochonneries. Et ma volonté est devenue inexistante : je bouffe ! Heureusement, je ne grossis pas…mais ne vois plus la balance m’annoncer de bonnes nouvelles. Là aussi je ne me pose plus de questions. Même si je vais descendre une plaque de chocolat, je vais tenter de la faire durer sur la journée pour éviter de me ruer également sur les chips ou popcorn. Parce que je suis OBLIGEE de manger ces cochonneries sinon je deviens folle !

Quant à l’agressivité, je préviens les gens proches qu’il ne faut surtout pas hésiter à me dire si je deviens méchante car je ne m’en rends pas compte donc c’est difficile de lutter contre ! Avec l’agressivité viennent les pensées négatives. Je grommelle continuellement dans ma tête. C’est fatigant, ça m’épuise donc 😬. Merveilleux cercle vicieux.

Et enfin il y a les larmes. Qui coulent sans raison.

A présent que le déclic a eu lieu (il y a seulement une semaine), je me force à sourire quand j’ai envie de mordre et les jours ou je me lève avec une grosse boule d’angoisse, je ne me prends plus la tête : j’opte pour un calmant. Ca calme les pleurs, les pensées négatives et du coup mon agressivité prend du repos et je suis moins fatiguée… J’évite d’en prendre tous les jours car il faut savoir que la dépendance aux calmants est rapide et la dose doit alors être augmentée régulièrement pour garder l’efficacité du médicament. Le jour où vous voulez arrêter vous souffrez de manque. Pour ma part, c’était donc deux mini doses durant la semaine. Je pense qu’il y a un très fort effet placebo qui me convient très bien.

A la fin du mois on change d’horaire. Il fera à nouveau nuit le matin durant quelque temps puis je prendrai congé de cette garce…jusqu’à l’année prochaine.

Et pour terminer en musique je vous propose les Beruriers Noirs avec Salut à toi que j’ai entendus dernièrement dans un film et j’ai trouvé ça sympa.