Qui es-tu ?

« En tant que femme transgenre racisée je suis intersectionnelle ». Voilà ce que j’ai lu dernièrement sur internet. Outre le fait que je ne comprends absolument pas ce que ça veut dire et que cela ne me dérange nullement, je me demande pourquoi les gens se sentent obligés de décliner leur orientation sexuelle pour s’identifier. Quel est l’intérêt ? et en quoi est-ce que ça nous regarde ? Quand je vais chez mon dentiste, je me fous de savoir quelles sont ses préférences sexuelles. Tout ce que j’attends de lui, c’est qu’il soit compétent dans son métier. De même, quand je lis que tel chanteur est homo ou tel acteur hétéro, est-ce que ça fait d’eux un meilleur chanteur ou un meilleur comédien ?

La deuxième chose qui me chiffonne, c’est que je trouve ça très réducteur de se définir  par sa sexualité. C’est rassurant d’être dans une case ? Je déteste les cases ! En plus, dès que quelqu’un émet le moindre commentaire sur l’une de ces cases, elle récolte droit derrière un déversement de haine. Comme le dit Bret Easton Ellis dans une interview parue dans le numéro 9 d’ America : « La tendance à se replier sur son identité – sexuelle, raciale, etc. – est amplifiée par le monde numérique. Cela conduit à des rages terribles ». « Il faut absolument que soient représentés certains groupes : on ne se base plus sur le mérite, mais sur les quotas, c’est-à-dire sur une idéologie. C’est omniprésent à la télé, au cinéma, dans l’édition, dans le monde de l’art…Tout cela est en train de balayer la culture : tout doit être message, tout doit être représentation ».

Je crois que je suis un peu dépassée. Je trouve bien plus intéressant et riche quelqu’un qui se présenterait de la sorte, que je partage ou non ses centres d’intérêts : « Salut, j’aime la trompette, je suis fan de Justin Bieber, j’adore le cinéma d’auteur, je trouve relaxant de cuisiner, etc. »

Et pour terminer en musique, je vous propose Great Ceasar avec Still love

 

12 thoughts on “Qui es-tu ?

  1. Peut-être (je dis bien peut-être, parce que je n’ai aucune idée, en réalité) que quand tu annonces ta sexualité, tu gardes le contrôle de la situation et tu n’attends pas que quelqu’un d’autre choisisse de te définir (à sa façon, positivement ou, plus probablement, négativement). Je sais qu’en ce qui concerne mon handicap, je déteste devoir dire ce que c’est, mais je déteste encore plus être dans une situation où je sens que les gens vont essayer de deviner ce que j’ai, pourraient penser que je suis stupide ou incapable de faire quelque chose à cause de ce qu’ils pensent, etc. Dans ces cas-là, soit je sors mon doctorat et titre de directrice de programme universitaire pour me « rehausser » un peu, soit je mentionne directement mon handicap en rajoutant un truc con du genre « mais la seule chose que je ne peux pas faire c’est du tennis. » Question de contrôle. Heureusement, je ne suis pas célèbre donc je suis rarement dans ce genre de situation, mais j’imagine que ça pourrait devenir une réelle anxiété constante.

    • J’aime bien ton idée de contrôle de la situation. Moi je penche plutôt sur le fait que les gens ont un degré de concentration extrêmement réduit à cause des réseaux sociaux où d’un coup, hop, tu passes à l’annonce suivante, à l’article suivant, à la photo suivante, etc. Donc, je pense que déclamer tout de suite son orientation sexuelle est une façon d’attirer l’attention. Les gens doivent imaginer que c’est le sujet qui passionne les foules et que dire « regardez, j’aime la trompette » va les laisser dans le néant à jamais. Tout n’est qu’illusion…

  2. Je l’ai vu aussi. C’est de la propagande, je n’ai pas bien saisi a destination de qui. L’humanité est en pleine régression. Personnellement je souhaiterai pouvoir échanger des idées avec des humains sans même connaître leur sexe.

    • La propagande n’a pas marché sur moi puisque je n’ai pas compris de quoi parlait la personne. J’ai lu aujourd’hui qu’il existait des hommes cisgenre. Ça non plus, je ne sais pas ce que ça veut dire et je m’en moque. D’une certaine façon, je te rejoins dans le fait que tout ce que je souhaite, c’est partager des idées.

      • Cisgenre, c’est quand notre sexe biologique correspond à notre identité de genre. Par opposition à transgenre.

        Sinon, je suis assez d’accord avec toi, c’est dommage qu’on doive s’identifier par son orientation sexuelle / sa religion / etc., et qu’on ne puisse pas se contenter de voir un humain en face de soi. Après, je comprends que quand on se sent différent des autres, quand on se sent appartenir à une minorité et qu’on est parfois stigmatisé à cause de ça, on ait besoin de mettre des mots sur ce qu’on est et qui nous distingue des autres. Ça permet aussi de voir que d’autres personnes appartiennent à ce « groupe » et qu’on n’est pas seul au monde, quelqu’un d’anormal.

      • Donc, en gros, lorsque je me présente, je devrais dire que je suis Valvita, une femme cisgenre ? Mais pourquoi rajouter des étiquettes ?
        Je comprends le besoin de mettre des mots sur ce que l’on est, mais pourquoi se sentir obligé de le clâmer au monde entier ? Apprendre à s’accepter et avoir confiance en soi permet de se défaire de ces étiquettes. Après, si la question est posée, libre à la personne de répondre ou non dans les détails.

  3. Moi je trouve ça intéressant…J’aimerais savoir ce qu’elle racontait après cette personne. Elle a un parcours atypique (transgenre). Ça m’intéresse aussi de savoir qu’elle est l’orientation sexuel des gens… Ça m’aurait évité de prendre des râteaux avec au moins 4 ou 5 homos ! (Au moins! Mais sûrement plus si j’y réfléchis posément) Quelle andouille cette Mahie, toujours à draguer les gays… (Et oui étant jeune j’étais très dragueuse et cœur tout mou) Et puis ça m’aurait permis de ne pas me laisser draguer une soirée/nuit entière par une fille (ça lui aurait épargné de la salive de me dire où elle voulait en venir). Ça m’aurait évité plein de situations burlesques dans les années 90, vraiment.
    Par ailleurs je trouve que la situation dans la société de la fille/femme gay et noire, est particulière…
    J’ai eu tellement de copains et de copines (on l’aura compris) qui par « gros malaise cachaient leur sexualité) que je trouve, en ce me concerne, que quand c’est dit, ça détend tout le monde et ça va mieux. J’ai un copain (pas un ami proche) qui depuis une dizaine d’années ne m’a toujours pas dit qu’il était en couple avec un mec, mais je le sais, par d’autres potes (et je sais qu’il le cache aussi à sa famille) et cela me fait de la peine de n’avoir jamais rencontré son copain et qu’il laisse toujours un nuage de brume autour de sa vie.
    Je ne crois pas que cela soit réducteur de dire sa sexualité, ça ne veut pas dire que la personne se réduit ou se résume elle même à sa sexualité, cela veut peut-être dire : « Voilà, ça, c’est dit , c’est clair, arrêtez de vous poser des questions à mon sujet », et c’est à prendre ou à laisser.

    • “Voilà, ça, c’est dit , c’est clair, arrêtez de vous poser des questions à mon sujet”. Le truc, c’est que en général, je ne me pose pas ce genre de question au sujet des gens. Maintenant, c’est effectivement triste que, comme ton copain, certaines personnes n’osent pas s’afficher avec la personne qui partage leur vie. Mais quand je lis que certains homos se font tabasser dans les rues à Paris, je comprends.
      Quant à tes déconvenues durant ta jeunesse, j’ai également connu ça. Mais au final, tenter de séduire un homo ou un hétéro qui n’est pas intéressé, le résultat est le même, non ?

  4. Tout cela se  » décantera  » un jour quand nous n’y ferons plus attention.
    Un jour, on s’est scandalisé des mini-jupes, et puis … on ne les voit plus, on ne les remarque plus.
    La société évolue, heureusement.
    amitiés 🙂

    • Ah mais je ne suis nullement scandalisée par l’orientation des gens. Je suis juste surprise que les gens se sentent obligés de clamer leur préférence qui, au final, ne regarde qu’eux et leur(s) partenaire(s).
      La société aura évolué quand justement on ne prêtera plus attention aux différences sexuelles. Et si on regarde ce qui se passe dans le monde, j’ai plutôt l’impression que l’on régresse. Mais ceci n’engage que moi.

  5. Je partage ton point de vue. C’est un peu comme les végans qui racontent à tout le monde qu’ils sont gentils parce que eux ne tuent pas les animaux (alors qu’on n’était pas en train de parler de bouffe), ou les mamans qui sont expertes dans l’éducation des enfants parce qu’elles viennent d’accoucher (alors que chaque enfant est différent). Ceci dit, parfois on crée un mécanisme de défense contre certains préjugés: si on me fait un commentaire sur mon accent, non je ne suis pas analphabète, je dis tout de suite « ah sorry, I speak 6 languages, English is only one of many! » pas pour me vanter, mais pour qu’on me fasse pas chier! Sinon, « salut, moi j’aime lire, la musique classique, nager et les balades à vélo!  » 🙂

    • Bonjour toi, j’aime beaucoup ta façon de te présenter 😉.
      Pendant longtemps, je me sentais obligée de décliner mon CV pour dire que mon job ne représentait pas qui j’étais. A présent, je suis toute fière d’arriver à dire que j’ai un job alimentaire. Je laisse les gens penser ce qu’ils veulent, je crois que je suis enfin en paix avec moi-même sur le sujet (même si parfois mes vieux démons tentent de revenir).

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