Habitudes et émotions

J’ai déjà parlé des émotions et des habitudes mais là je suis tombée sur un article du Time qui aborde le sujet sous un autre angle.

D’habitude on parle de répéter une activité au moins durant huit semaines afin de créer une habitude, histoire que les neurones du cerveau fassent un réseau renforcé pour favoriser l’envie de pratiquer cette nouvelle activité. Pour rendre les choses encore plus facile, on dit en général de la coupler à quelque chose qui nous fait du bien : je vais à la salle de sport trois fois par semaine et le samedi je m’offre un petit cadeau (un bon plat, une sortie entre amis, etc.). L’auteur de l’article, et accessoirement d’un livre sur le sujet, indique que les habitudes peuvent se créer bien plus facilement et surtout plus vite.

Alors bien entendu, décider que dès lundi je me mets à la boxe deux fois par semaine, la gymnastique une fois par semaine, au jogging trois jours et à la peinture le dernier jour, ça fait beaucoup. Il y a peu de chance que je tienne ce rythme sur le long terme. Même si je pars avec plein de bonnes volontés. L’objectif est bien trop grand, je vais vite me décourager. Une chose qui ne change pas, fixer un objectif réalisable !

On l’aura compris, envisager de grimper l’Everest dans deux mois est à proscrire si vous n’avez aucune préparation. Visez dans un premier temps une marche de deux ou trois heures à la montagne, vous transpirerez bien assez. Cependant, avoir un objectif ambitieux ne pose aucun problème. Il suffit de le décomposer en plus petits objectifs qui vont permettre d’atteindre le Graal sur le long terme. « Je veux courir 100 km par semaine » va devenir : dix kilomètres durant quelques semaines puis quinze, puis vingt, etc. Toutefois, ce n’est pas parce que l’objectif est alors plus petit qu’il va être facile de s’y tenir.

Et c’est là que BJ Fogg arrive avec sa solution miracle. Il faut tout de suite se féliciter. Pas à la fin de la semaine, non, mais juste après avoir accompli ce que l’on souhaite introduire comme habitude dans notre vie. Il propose plusieurs façon de procéder : se tapoter l’épaule, se féliciter mentalement, faire un grand sourire, taper dans les mains en signe de contentement, imaginer une foule qui vous acclame ou des feux d’artifice qui célébrent l’évènement. Quoi qu’il en soit, il faut vivre pleinement cette réussite et non faire semblant. Les émotions créent les habitudes. Lier une activité à une émotion positive va vous motiver à continuer.

J’ai toujours détesté le sport et j’ai déjà tenté de me mettre au jogging par le passé mais sans succès. Je me suis souvent demandé pourquoi cette fois-ci j’ai persisté et que je n’y vois aucune contrainte. Je réalise que lors de ma première sortie avec une copine, très courte et à un rythme très lent, j’étais hyper fière de moi et contente d’avoir réussi. La deuxième fois, j’étais seule, je n’ai pas augmenté la cadence et j’étais toujours aussi fière de moi : deux fois sans flancher et en plus je suis allée courir toute seule ! Je ne vous explique pas l’extase ressentie lorsque j’ai tenu vingt minutes de course sans m’arrêter ! A présent je comprends pourquoi j’aime tant courir. A chaque fois que je termine mon jogging j’ai un grand sourire sur mon visage et je me rends compte que je me sens bien (je renforce donc de façon positive cette habitude). Même si j’ai le visage écarlate et que parfois mes jambes me font mal, je reste positive et fière de moi…

Et pour terminer en musique, je vous propose Eskobar feat. Emma Daumas avec You Got Me

5 thoughts on “Habitudes et émotions

  1. Ça me fait sourire de lire que courir te fait sourire 😉
    Je crois que j’ai appliqué cette méthode sans m’en rendre compte, aussi. Pendant ces vacances de Noël, je suis allée trois fois à la bibliothèque, dont une fois juste une matinée… Et après avoir travaillé ces quelques heures, je me disais : c’est bien, tu l’as fait !
    Le problème, il me semble, c’est qu’on peut perdre une habitude aussi vite qu’on l’a prise… il suffit d’avoir une mauvaise période où on n’a plus le courage de le faire, et… pfuit. Difficile de s’y remettre, après.

    • Deux-trois réflexions me viennent à la suite de ton commentaire.
      1) « C’est bien, tu l’as fait » n’est peut-être pas assez positif pour t’encourager sur le long terme. Puisque c’est comme si tu te félicitais d’avoir surmonté une contrainte. Il faut transformer la contrainte en quelque chose de plaisant. « Ces quelques heures à la bibliothèque m’ont fait un bien fou » par exemple.
      2) J’aurais tendance à penser que oui, on peut perdre très vite une habitude si les émotions liées ne sont pas assez positives. Je pense lire le bouquin du gars pour voir ce qu’il raconte en détails car ça m’intéresse.
      3) Lors de mauvaises périodes, c’est effectivement difficile de se bouger mais… durant ces huit derniers mois, j’ai eu des jours où je voulais rester en boule dans mon lit et pourtant, je suis allée courir de façon régulière car je savais que ça allait détendre ces horribles crispations dans mon dos, calmer les voix négatives qui occupaient toutes mes pensées, et me filer un peu d’énergie dont j’avais grandement besoin. Parfois c’était même la seule chose que j’arrivais à faire 😉

      • J’y ai repensé vendredi passé, et en sortant de la bibliothèque, j’ai imaginé tout un public qui m’applaudissait, ça m’a fait sourire 😉 Mais en fait, le fait de travailler me fait déjà me sentir beaucoup mieux…

      • « Mais en fait, le fait de travailler me fait déjà me sentir beaucoup mieux… » ça c’est une émotion positive, cultive-là ! 😉

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