Vocabulaire

Depuis que je me suis levée ce matin, je lutte désespérément contre le sommeil. Je somnole toujours dans le train mais aujourd’hui, j’ai eu peur de m’endormir. Ensuite, dans le métro, malgré le monde, j’étais dans ma bulle, ignorant totalement les gens autour de moi. Je n’arrête pas de bailler, à me décrocher les mâchoires. Je lis mes cours et je sens ma tête qui penche dangereusement vers l’avant. Lorsqu’un client arrive, je sursaute, le bruit de la porte me réveille. Mais quel est le lien avec le titre de l’article ? J’y arrive.

J’explique à ma collègue que je sens que je m’endors et que j’attends avec impatience l’heure de la pause durant laquelle j’irai dormir. Elle me rétorque qu’il lui arrive également de « s’assouplir ». Je ne dis rien, nous continuons la conversation et là, une deuxième fois, elle me parle de s’assouplir. Je la corrige cette fois-ci. Elle me regarde, intriguée. Alors je répète « assoupir », il n’y a pas de « l ». Elle me demande alors si je suis sûre. Je réponds que oui…puis je doute. C’est affreux ce manque de confiance en moi qui m’assaille dans tous les domaines. Je lui donne un exemple pour définir « assouplir » : une personne rigide, avec des œillères, qui commence à accepter de sortir un peu des rangs. Puis, discrètement, je vais vérifier que je ne dis pas des sottises.

Plus jeune, je n’avais qu’un vocabulaire restreint. Je ne lisais pas, m’intéressais à rien et ne regardais surtout pas les émissions où le parlé était soutenu. Quand parfois j’employais un mot qui sortait du lot, ma sœur se moquait de moi : « Oh, tu as appris un nouveau mot ? » Quand je regardais les interviews des artistes que j’admirais, j’avais toujours peur que comme moi, ils ne comprennent pas les questions des journalistes. Je me faisais la réflexion que je ne pourrais jamais être quelqu’un de connu car j’aurais l’air stupide à la télé si on me questionnait. En plus, un copain m’avait fait remarquer un jour que j’avais le vocabulaire d’une gamine. J’avais eu honte.

Évidemment que les choses ont changé, que je m’intéresse à énormément de choses, que je lis beaucoup, que mon vocabulaire s’est étoffé mais voilà, ces moqueries du passé sont bien ancrées. C’est pourquoi je ne corrige pas systématiquement ma collègue, je ne veux pas la vexer. De plus, je crois que ne posséder qu’un maigre stock de mots ne la traumatise pas…

Et pour terminer en musique, je vous propose Maëlle avec Sur un Coup de Tête. Je ne connais pas cette chanteuse mais j’ai entendu cette chanson chantée par son auteur, Calogero, et je l’ai bien aimée.

6 thoughts on “Vocabulaire

  1. Je me sens raide ce soir : entraînement sous la pluie battante. Je m’assoupis depuis un moment. J’espère que le sommeil assouplira un peu mes muscles trapèze bien coincés… J’ai décidé d’être décomplexée : si je ne comprends pas ce qu’un me dit, un mot ou une phrase ou un argument, je le dis et je demande qu’on m’explique. Il n’y a aucune raison d’avoir honte de son ignorance : on apprend tous les jours.

    • Le pluie battante me voit rester chez moi !
      Moi aussi je demande des explications quand je ne comprends pas quelque chose, ça ne m’a jamais posé de problèmes même si on me demande si je suis sérieuse selon mes questions.

  2. Pour moi, c’était le contraire ! A l’école secondaire, je devais faire des efforts pour utiliser des mots un peu plus familiers, voire carrément faux, pour éviter qu’on se moque de moi. Du coup, j’ai appris à dire « trouteuse » plutôt que perforatrice… Ou alors, je faisais semblant de réfléchir pour trouver le mot juste, alors que j’aurais pu le dire directement, pour ne pas passer pour une « intello ». Jusqu’à maintenant, je fais ça parfois, selon à qui je m’adresse.

    • C’est quand même triste de devoir masquer le fait de savoir des choses. Je viens d’apprendre que ma gourde rose n’est pas de cette couleur comme je le pensais mais est rose pouffe !

  3. Rose pouffe ?!?!?: Qu’est-ce que c’est que ça ?!
    Je refuse de restreindre mon vocabulaire « pour ne pas faire intello », sauf bien sûr en m’adressant à des enfants ou à des gens qui ne maîtrisent pas bien le français. J’aime les mots et j’aime utiliser le mot adéquat. Quand mon fils dit « trop bien » ou « j’avoue » pour signifier son accord, je le corrige. Et j’aime que certains essaient d’introduire des néologismes plutôt que d’utiliser tous ces termes anglais (reporting, benchmarking, updater, downloader etc etc).
    Je trouve le mot « courriel » bien trouvé. Dommage qu’il n’ait été que peu adopté. « Clavardage » aussi est bien sympathique.

    • La fille d’une amie adore me dire « pire bien » car elle sait que je trouve cette expression aberrante. Dans mon quotidien, j’ai une fâcheuse tendance à utiliser des gros mots, ce qui n’est guère mieux. Quant aux anglicismes, certains deviennent franchement ridicules mais tant que les gens pensent que ça leur donne de l’importance, ça ne va pas changer.

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