En apesanteur

Le matin, lorsque je sors du métro, je me dirige, tel un zombie, vers les escaliers en suivant la foule. Parfois, en arrivant à la hauteur de l’ascenseur, je regarde avec espoir s’il est là et surtout, s’il reste une petite place pour moi. Ce matin, c’était le cas.

L’ascenseur arrivait, je me suis arrêtée pour le prendre. Il est grand, on peut y mettre du monde. Après avoir été entassés dans le métro, on se serre dans l’ascenseur. Aujourd’hui, je me fais la réflexion que les gens pourraient quand même aller jusqu’au fond de l’habitacle plutôt que se presser à la hauteur des portes et empêcher des gens de monter alors qu’il reste de la place. Les portes se referment, l’engin débute péniblement sa montée et soudain, il s’arrête brutalement. Me voilà coincée dans un ascenseur en panne.

Une dame note que nous sommes bloqués près du sol, qu’en cas de chute ça devrait aller. Quelques sourires coincés. Une autre s’affole : « C’est une plaisanterie ? On n’est pas bloqués ? » Ben si ! Et c’est là que je suis contente que les gens se soient entassés vers la porte, nous ne sommes pas trop serrés. Certaines personnes appuient sur tous les boutons en espérant un miracle mais rien ne se produit. Il n’y a rien à presser en cas de panne, seul un numéro de téléphone est mentionné. Une bonne âme, une femme à nouveau, se dévoue et appelle pour signaler notre infortune.

Tout d’un coup, l’ascenseur reprend sa montée et à nouveau, s’arrête brutalement. Cette fois-ci, nous sommes un peu plus loin du sol, entre deux étages. Une dame commence à paniquer. Je lui propose un bonbon, qu’elle refuse, et lui signale que l’aide est en route et que nous avons assez d’air dans la cabine. Elle ôte son écharpe et ouvre sa veste. Je lui parle calmement en lui signalant que tout va bien. Sa panique me calme, j’oublie la mienne et me concentre sur la sienne pour m’assurer qu’elle ne va pas commencer à s’agiter. Le dépanneur arrive à ce moment-là, tape sur la porte et notre montée se termine, nous sommes libres.

Demain, je prends les escaliers…

Et pour terminer en musique, je vous propose Franz Ferdinand avec Love Illumination

12 thoughts on “En apesanteur

  1. C’est amusant comme le fait que quelqu’un ait plus la trouille que nous puisse nous calmer. moi ça me le fait aussi je crois! Cela dit je ne prends que très rarement un ascenseur… Claustrophobe je suis et je reste 😉

    • Voir quelqu’un paniquer peut créer une panique chez les autres. Il y a assez de cas d’hystérie collective.
      Je n’aime pas particulièrement prendre les ascenseurs mais parfois je me laisse tenter.

  2. C’est drôle, je pensais justement à ça ce matin en allant chez mon médecin, où je n’ai vu aucune personne masquée: les Canadiens ne paniquent pas facilement, et moi non plus! Le coronavirus ne me fait absolument pas peur et être dans un ascenseur en panne non plus. J’ai de la chance parce qu’effectivement, il y a des gens qui paniquent rapidement!

    • Quand j’étais ado, on habitait un immeuble où l’ascenseur tombait toujours en panne. L’affichage ne montrait alors plus que des traits et l’appareil se mettait à monter ou descendre lentement en émettant un drôle de bruit. On se retrouvait tout en-haut de l’immeuble ou au sous-sol, parfois même un poil plus bas que le sous-sol et on se retrouvait à devoir franchir une « marche » pour sortir. Je détestais et j’ai toujours un peu peur quand un ascenseur tombe en panne, ce qui ne m’empêche pas de le prendre parfois.
      Quant au coronavirus, je ne m’inquiète pas non plus. Selon les statistiques, les probabilités de mourir de la grippe saisonnière sont plus grandes (et je suis vaccinée 😬).

  3. Je ne suis pas claustrophobique et pourtant j’évite les ascenseurs autant que possible. Je déteste me retrouver serrée comme une sardine contre des gens que je ne connais pas. De toutes manières les escaliers c’est meilleur pour la santé! 🙂

  4. Difficiles à gérer, les phobies … Je n’aime pas particulièrement les ascenseurs, mais pas au point de les éviter, et s’il y a des gens dedans, j’ai bien davantage peur que si j’y suis seule : bizarre bizarre…

    • Les phobies sont effectivement une plaie mais tant qu’elles n’ont pas un impact négatif sur notre quotidien, c’est qu’elles ne sont pas trop prononcées. Je préfère être avec des gens dans un ascenseur en panne : on peut se soutenir moralement, trouver des solutions pour sortir ou se changer les idées.

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