Répète encore

Je m’ennuie ferme au boulot car je n’ai rien à faire, sauf une semaine dans l’année. Durant cette semaine, je suis débordée. Je devrais être heureuse mais ce n’est pas le cas. La clientèle est essentiellement estudiantine et je la hais. Au début, ma collègue me disait que je pourrais faire un effort pour ces pauvres étudiants. A présent, elle peut même être pire que moi parfois. Et pourtant j’ai placé la barre très haut 😬.

Ces jeunes viennent s’inscrire à un colloque obligatoire dans le cadre de leurs études. Ils doivent présenter leur carte d’étudiant qu’ils viennent de recevoir et payer une certaine somme en cash uniquement.

Déjà, obtenir un « bonjour » est difficile dans 70% des cas. On est là à leur service pensent-ils, pourquoi s’abaisseraient-ils à nous saluer. Ensuite, certains ne savent pas pourquoi ils viennent : « Ben, on m’a dit de passer chez vous mais je ne sais pas pourquoi… » Il y a ceux qui n’ont pas leur carte d’étudiant parce que « je ne savais pas que je devais la prendre » (contrairement à 99% des autres) ou parce qu’ils ne l’ont pas reçue. Dans ces cas-là, je leur réponds que je ne peux rien pour eux. « Mais alors je fais quoi ? » Et il faut que j’explique qu’ils doivent s’adresser à leur école, que je ne peux strictement rien faire. Et là, souvent, j’obtiens un regard vide durant 10 à 15 secondes. Evidemment, certain ne se présentent qu’avec des cartes pour effectuer le paiement. Il faut alors les diriger vers les bancomats. Enfin, il y a ceux qui demandent ce qu’ils doivent faire ensuite.

Ensuite, ils doivent se rendre dans un bureau pour aller retirer du matériel. Ils ont reçu une date et une heure de passage. Mais là encore : « Je devais passer il y a une heure mais j’ai oublié, c’est grave ? » « Je peux changer mon heure de passage ? » Aucune idée, je ne travaille pas là-bas.

Il faut savoir que toutes ces informations sont indiquées sur une page A4 qu’ils reçoivent à leur arrivée dans leur nouvelle école. Il suffit de la lire. Mais c’est à se demander s’ils savent lire. Après tout, ils n’ont que dix-neuf ou vingt ans. Une fois, un sale con m’a demandé ce qu’il devait faire ensuite. Je lui ai répondu qu’il avait reçu des instructions et qu’il lui suffisait de les lire. Il m’a alors balancé la feuille sous les yeux pour que moi, je lise. Mais là je lui ai expliqué gentiment que ça ne m’intéressait pas de lire sa feuille, que ça ne me concernait pas. Il est parti fâché.

Il ne s’agit pas d’une vingtaine d’étudiants dans la journée. Ils arrivent par hordes. Une centaine par jour. Une chose est sûre, je ne pourrais pas être prof. Comment font ces derniers pour gérer ces jeunes qui n’écoutent rien, ne lisent rien et posent vingt fois les mêmes questions ? Heureusement, il y en a quand même quelques uns qui sont polis, expriment clairement ce pourquoi ils viennent, sortent d’office leur carte étudiant et tendent l’argent pour le paiement. Ils partent en disant « merci » et « au revoir », voire me souhaitent « une bonne journée » sans me demander où et quand ils doivent se rendre ensuite. Ceux-là, je les aime, mais ils sont une espère en voie de disparition.

Et pour terminer en musique, je vous propose Shake avec La Rivière de l’amour

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