Le secret du pouvoir

La psychologie positive n’est pas la même chose que la pensée positive. « Je vais bien, tout va bien » est un peu trop simpliste. Derrière la psychologie positive des études sont menées, des articles sont publiés dans des revues scientifiques et des contre-études sont effectuées. La psychologie positive est une science, parfois controversée.

La psychologie positive, où comment augmenter son bonheur, ne s’applique pas à tout le monde. Prenons le cas d’une personne bipolaire qui vit un épisode maniaque. Cette personne aura alors des visions de grandeur, elle se sentira surhumaine et plus aucune barrière n’existera. Lui demander de se concentrer sur ses ressources personnelles devient absurde à ce moment-là. « Ahh, la nature fait partie de vos ressources ? Pouvez-vous m’en dire plus ? » Et la personne peut vous raconter le plaisir qu’elle ressent à aller marcher trois heures à la montagne. Grâce à vous, elle prend conscience de cette ressource et au lieu de penser à une simple balade, elle va tout plaquer pour se lancer dans un trekking en Himalaya sans tenir compte des conséquences. Ceci n’a rien de positif. Autant la psychologie positive lui sera utile dans sa période de dépression, autant elle est à éviter en pleine manie. Et la pensée positive ?

Allez demander à un dépressif de penser positif ! Imaginez que le cerveau d’une telle personne est envahi d’une masse noire, épaisse et gluante qui empêche toute connexion entre les neurones. Comment peut-elle penser de façon positive quand son cerveau n’arrive pas à fonctionner ? « Sois positif, il fait beau, sors ! » sera contre-productif et diffère de « Il fait beau. Qu’est-ce que cela t’inspire ou qu’aimes-tu faire dans ces cas-là ? » où la personne va s’efforcer de penser à ce qui lui fait du bien (j’ai simplifié, on est d’accord).

Moi aussi j’ai eu ma période Le Secret de Rhonda Byrne et sans doute que la pensée magique prônée par ce bouquin m’a aidée parfois. Mais c’est juste un sparadrap sur une plaie qui ne soigne pas cette dernière. Si la plaie n’est pas profonde, cela ne pose aucun problème. En revanche, si elle est importante, le sparadrap ne résoudra rien. Au contraire, il pourra même amplifier la blessure qui risque l’infection. Un podcast parle très bien de la différence entre psychologie positive et pensée positive dont on trouve tellement de bouquins au rayon du développement personnel : https://player.acast.com/meta-de-choc/episodes/la-loi-attraction-pensee-positive-script-1-1. Ne pas tout voir sous le prisme du blanc/noir est normal. Le gris apporte son lot de positif.

Je vais bien aujourd’hui. Est-ce que tout va bien ? Non, mais j’y travaille…

Et pour terminer en musique, je vous propose Sandra avec We’ll be together

7 réponses sur « Le secret du pouvoir »

  1. Merci pour ce témoignage !
    Je suis pour ma part convaincu que le bonheur se CONSTRUIT, il ne nous tombe pas dessus par hasard. Et il s’appuie sur nos valeurs qui sont le moteur de notre construction individuelle. Quand ce ne sont plus elles qui nous conduisent, l’impasse n’est pas loin.
    Reste à définir ce que ces valeurs pour chacun de nous, un peu d’introspection au préalable..
    J’étais tombé sur cette citation (attribuée à Napoléon ?) en écrivant récemment un article sur le même sujet (https://alainorsot.fr/2021/02/27/quelles-sont-mes-valeurs-et-pourquoi-je-ne-peux-construire-durablement-que-sur-elles/) : « La raison pour laquelle la plupart connaissent l’échec plutôt que le succès est qu’ils échangent ce qu’ils veulent le plus contre ce qu’ils veulent à un moment donné ».
    Pour alimenter le débat !

    1. Merci pour ce commentaire. J’ai lu plusieurs ouvrages (dont je n’ai oublié les références) sur le bonheur et ce qui ressort, c’est que l’humain a tendance à croire que le bonheur est le Graal difficile à atteindre alors qu’il est là, à nos pieds, il suffit de le cueillir. Mais voilà, il n’a pas l’apparence d’une belle voiture, d’un gros compte en banque ou d’une villa de luxe. Donc on l’oublie. Ce qui revient sans doute à opter pour ce que l’on veut à un moment donné. J’irai lire l’article.

  2. Oui, on cherche parfois loin (et longtemps) ce qui est juste sous nos yeux et disponible immédiatement… J’ai relu récemment « L’Alchimiste » de Paulo Coehlo, un grand classique mais dont la (re)lecture sert de piqûre de rappel très utile…

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