Lectures 2021 : 12 & 13

Le Braconnier du lac perdu de Peter May. J’étais persuadée d’en avoir parlé et je réalise qu’en fait ce n’est pas le cas. C’est le dernier volume d’une trilogie. Je survole le premier volume et le second ici. Le personnage principal est Fin McLeod, ancien flic, revenu s’installer sur son île à Crobost. Les paysages prennent une place importante dans l’histoire et il ne fait pas souvent beau !

Un avion au fond d’un lac est découvert, avec un cadavre à l’intérieur. Il s’agit de Rody, ancien membre d’un groupe de musique folklorique et accessoirement, ancien ami de Fin. Malgré le peu de peau qu’il reste au squelette, il est clair que l’homme s’est fait tabasser avant sa mort. C’est Fin qui a fait la découverte accompagné d’un autre ancien membre du groupe, Whistler. Mais quelque chose dans l’attitude de ce dernier fait penser à Fin que tout n’est pas tel qu’il y paraît. Whistler en saurait-il plus sur la mort de Rody ?

Comme les deux autres volumes, celui-ci est très bien traduit. On a froid avec les personnages, on avance prudemment également tout en voulant savoir ce qui va bien pouvoir se passer. Lecture prenante.

Génération offensée de Caroline Fourest. Ca fait un moment que je m’énerve sur les réseaux sociaux en trouvant qu’il y a de plus en plus de violence, que la discussion n’est plus possible, que les intégristes font la loi. J’ai donc été intéressée par ce livre. Et ce que j’ai lu me fait peur. Si rien ne change, on file gentiment vers la pensée unique sur des prétextes fallacieux.

L’auteure recense beaucoup d’exemples et les explique. Les jeunes d’aujourd’hui se disent offensés dès qu’on a le malheur de ne pas penser comme eux. Tout les choque. Il est inadmissible qu’une femme hétéro joue le rôle d’une femme lesbienne, c’est discriminant. L’exemple le plus aberrant est celui du nain Peter Dinklage qui a voulu interpréter le rôle d’un autre nain, Hervé Villechaize, ami du premier. On ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir la bonne taille alors on cherche un autre prétexte. Il n’a pas la bonne couleur de peau selon l’inquisition. Hervé est philippin, donc de couleur. Sauf que Hervé est français et blanc. L’inquisition s’est mal renseignée.

Et ces chanteurs qui doivent s’excuser d’avoir oser porter des dreadlocks alors qu’ils ne sont pas noirs ! Au lieu d’avancer et de partager, d’inclure, on accentue les stéréotypes et on enferme à double tour les gens dans des cases. Mais qui est gagnant dans l’histoire ? Je vous donne un indice : ce ne sont pas les gentils inclusifs…

Ce dimanche, dans le supplément Culture du Matin Dimanche une interview de Laurent Ruquier (on aime ou on n’aime pas le personnage, peu importe) vient également sur le sujet. Il dit : « Ce ne sont pas tant les lobbys et la « cancel culture » qui m’inquiètent, mais l’importance que la presse donne à ces combats minoritaires ». Il dit encore « Ces personnes ne sont, selon moi, absolument pas représentatives du peuple et de ce que les oppressions qu’ils croient trouver dans notre humour peuvent faire comme mal réel. Ces lobbys et ces associations sont même parfois un peu à des années-lumières des vraies préoccupations de la population ».

Et pour terminer en musique, je vous propose Gjon’s Tears avec Tout l’Univers. Je ne vous cacherais pas que pour une fois, je trouve très bien la chanson qui représente la Suisse 🇨🇭

10 réponses sur « Lectures 2021 : 12 & 13 »

  1. On nage en plein délire quand on exige qu’un acteur, un ACTEUR, quelqu’un dont le métier consiste à jouer des RÔLES, ne joue que des personnages qui correspondent à son identité (blanc, noir, hétéro, homo…).
    C’est sûr qu’un Othello noir c’est « plus réaliste » mais un bon acteur sera un bon Othello, qu’il soit noir, marron, jaune, rouge, rose pâle ou blanc…
    Et quand à ne jouer un homo que si on est homo, est-ce à dire qu’on cantonne les homos dans des rôles d’homos ? Qu’ils n’ont pas le droit de jouer des hétéros ? Et si on ne connaît pas l’orientation sexuelle de l’acteur, qu’a-t-il le droit de jouer ? Et faut-il être vierge pour jouer une personne vierge ? Alccolique pour jouer un alcoolique ? Non, non et non ! C’est absurde !

  2. Et l’idée que certains vêtements ou certaines coiffures seraient réservées à certaines « ethnies »? Ça me dépasse ! Ce qui est super, c’est quand tout le monde trouve son inspiration partout : sur tous les contienents, à toutes les époques… Sinon, toutes les cultures se répéteront à l’infini en vase clos et plus rien d’original en sortira… C’est désespérant cette époque, triste à pleurer, ce communautarisme, cette intolérance, cette absence d’empathie…

  3. Il y a qlq années un spectacle avait dû être annulé à Montréal, parce que la créatrice / actrice avait eu le « culot » de s’inspirer de chants afro-américains pour raconter un histoire (je pense que ça parlait de l’esclavage). Elle qui n’était pas noire! Donc inversement, cela veut-il dire que les noirs ne peuvent plus chanter des opéras en italien ou en allemand? Seuls les argentins peuvent danser le tango? C’est tellement absurde, ça me révolte!

    1. Exactement ! Et pour aller plus loin, pourquoi ne limiterait-on pas les rôles de pauvres aux vrais pauvres qui ont vraiment connu la misère… et les rôles de riches aux riches ?
      Les gens qui s’offusquent qu’on emprunte des éléments à leur culture se tirent une balle dans le pied car une culture évolue à l’aide d’apports extérieurs. Sans ces apports, la culture devient stérile.

  4. J’avoue me sentir totalement dépassé. Ce communautarisme me semble dangereux à terme il pourrait bien se retourner contre ses producteurs, contre ce sectarisme je n’aurai qu’un mot, au secours !

    Bleck

  5. J’avais gueulé contre ça déjà en 2017, je trouve que quand c’est possible d’avoir des acteurs qui représentent leur personnages le mieux possible c’est bien d’engager ces acteurs, mais ce n’est pas toujours possible ET pas toujours nécessaire. https://cestpasmoijeljure.com/2017/01/23/jentends-ta-voix/ Par contre, j’ai regardé une série où tous les acteurs venaient réellement des pays d’où ils étaient censés être dans la série, et la femme transgenre était réellement une actrice transgenre, et l’effet était phénoménal.

    1. C’est comme définir des quotas de personnes X ou Y. Par exemple, avoir un nombre Z de femmes au pouvoir. Je trouve ça très con. A compétences égales, je préfère effectivement voire une femme occuper un poste important plutôt qu’un homme mais si la femme est nulle, je ne vois pas pourquoi la mettre en place pour remplir des quotas, ça ne fait que desservir le combat des femmes pour l’égalité. Idem pour les questions d’ethnie, d’orientation sexuelle ou autre. Quant au fait de ne pas avoir le droit de porter des tresses 🤢

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