Pénible

En ce moment, je tombe régulièrement sur des articles qui traitent des introvertis ou des hypersensibles. Les frontières s’entrecoupent entre ces deux termes, il faudrait que je me penche sérieusement sur le sujet. Toujours est-il qu’en ce moment je lis un livre sur les hypersensibles. C’est la psychologue Elaine Aron qui s’est intéressée à cet état ressenti par environ 15% de la population. Etre hypersensible, c’est bien ?

Marie-Pierre Genecand, journaliste au Temps, explique dans son article daté du 1er mars 2021 que dans une fête avec du monde, l’hypersensible souffre : « Au-delà du niveau sonore qu’il a de la peine à tolérer, il sent les tensions et les états émotionnels de chacun avec un tel degré de précision qu’il est très vite sous pression. Et a souvent envie de mordre tant il se sent irrité par une attitude, une atmosphère ou une remarque que d’autres convives ont à peine remarquée ».

Et là, vous vous demandez si vous êtes hypersensible ? Vous trouverez le test d’Elaine Aron en français ici : https://www.leshypersensibles.ch/hypersensibilite/suis_je_hypersensible. Si vous obtenez au moins 14 points, la probabilité que vous fassiez partie des 15% de la population est élevée. Pour ma part, j’explose le score.

Ces temps, je ne supporte plus les transports publics, je l’ai déjà dit. Beaucoup de trains sont supprimés et on nous entasse dans ceux qui circulent. Trop de monde, trop de bruit. En plus je me rends à Genève un jour par semaine où, là aussi, il y a beaucoup de monde partout et je me rends dans des classes bruyantes pour mes ateliers. Quand arrive le week-end, je suis à bout et je profite de l’atmosphère paisible qui règne chez moi pour recharger les batteries. Or, ce samedi, j’ai ma voisine qui se met à tondre le gazon comme tous les samedis (c’est la seule qui tond encore en cette période) et j’ai une forte envie d’aller l’étrangler. Du coup, je suis contente de partir chez ma maman ce jour-là. Toutefois, une fois chez elle, j’ai vite déchanté. Son chien et le mien n’arrêtaient pas d’aboyer et pleurer pour réclamer à manger, entre autres. Ca me rend folle ! Sur ce, ma maman a rajouté une couche en me disant que j’étais pénible, que je ne supportais jamais rien et que je pourrais quand même faire un effort. Mais pourquoi est-ce que je m’impose ça alors que c’est le week-end, seule période où je peux profiter du calme ? J’ai dit STOP, ai pris mon chien et suis rentrée chez moi.

Je ne supporte pas le bruit, tout comme je ne supporte pas la nourriture trop chaude ou glacée, le thé bouillant, les plats relevés, une lumière vive (le soleil sur la photo ci-dessus m’éblouit 🤷🏻‍♀️), des habits serrés, les parfums qui sentent fort. Parfois je dois ôter mes colliers parce que j’ai l’impression d’étouffer et qu’ils pèsent une tonne. Je ressens également très vite la tension qui règne dans une pièce et que personne ne perçoit et ça me prend mon énergie. Mais être hypersensible c’est aussi pleurer parce que le coucher de soleil est magnifique, parce que la lumière qui transperce le feuillage des arbres est belle, parce que mon chien qui tire la langue est adorable, parce que le son de telle ou telle musique me transporte dans un univers léger où j’oublie tout, parce que cet auteur me permet de m’évader grâce à son histoire tellement bien écrite.

Non, je ne suis pas pénible, je suis hypersensible.

Et pour terminer en musique, je vous propose Richard Ashcroft avec Sonnet

5 réponses sur « Pénible »

  1. Très intéressant. Je me reconnais pas mal. Faudrait que je me penche sur le sujet. D’autant que j’ai entendu parler que l’hypersensibilité pourrait en fait être un trouble du spectre autistique, çà c’est inédit, je m’y attendais pas mais j’aimerais creuser, voir s’il existe des articles scientifiques sur le sujet, car sur les réseaux sociaux on lit n’importe quoi et l’autodiagnostic fait loi. Bises !

    1. 😁 les réseaux sociaux comme source d’information 😄 Et dire que pour certains c’est leur unique ressource. Oui, j’ai lu dernièrement un article sur l’autisme et l’hypersensibilité était mise en avant. Dans le bouquin que je lis, ils parlent de circuit neuronal particulier pour expliquer l’hypersensibilité. Faudrait que je demande à mon binôme de stage car il a pas mal d’expérience sur les troubles du spectre autistique.

  2. Merci, Valvita, pour cet article. Depuis longtemps, je suis cataloguée au pire dépressive, au mieux sauvage et colérique. Alors que je m’épuise à gérer l’afflux de sensations qui m’arrive sans cesse dès que j’essaie d’avoir ce qu’on appelle une vie normale. Et oui, je suis capable d’emballements pour la beauté de petites choses que d’autres n’ont même pas vues. Et d’intégrer sans recul la souffrance d’autrui.
    Bon courage à vous et encore merci.

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