Ma vie de stagiaire (9)

J’ai une classe difficile et je me sentais un peu abandonnée par l’équipe qui a mis au point la recherche sur laquelle je participe. Je n’étais pas très motivée à me lancer dans mon atelier du jour mais me suis dit que j’allais changer un peu les choses durant la partie théorique. Comme à chaque fois, tous les efforts de mon binôme et moi sont tombés à l’eau. J’ai fini par en avoir marre. C’est la seule partie de mon stage qui est intéressante et elle est gâchée par cette classe qui ne veut pas être là. Je me déplace sur mes jours de vacances, je ne suis pas payée et je ne retire rien de positif de l’expérience, à part des heures de stage. Donc, quand j’ai vu que la réaction des élèves était inexistante comme à chaque fois, j’ai décidé que ça suffisait. Je ne vais pas continuer à m’imposer ce mauvais traitement.

J’ai poussé un coup de gueule un peu ferme au début, puis plus calme une fois lancée. J’ai vu mon binôme qui se demandait ce qui se passait, m’observant sans bouger. D’abord les élèves ont réagi avec leur attitude mielleuse et « innocente » : « Mais pourquoi vous vous fâchez madame ? On ne fait rien de mal ? » et ça m’a motivée à continuer sur ma lancée mais sans agressivité car le but n’était pas de les rendre nerveux ou sur la défensive. En plus, j’avais enfin réussi à retenir leur attention. Je leur ai expliqué que je ne voyais plus l’intérêt de rester étant donné leur passivité, que je préférais rentrer chez moi car j’avais d’autres choses à faire. La discussion était lancée… Je leur ai précisé qu’ils avaient le choix et que je n’étais pas là pour les juger. Ils ont tous eu l’occasion de parler et nous donner leur ressenti ainsi que leur préférence quant à continuer nos ateliers ou suivre leur cours normalement. Tout le monde est resté calme, sauf moi au début, et nous avons continué notre séance sur une meilleure ambiance et enfin un semblant de dynamique. Un vrai miracle !

Nous allons donc continuer. Je les aime bien ces gosses (ils ont 17 ans) et je crois qu’ils n’ont pas l’habitude qu’on leur demande leur avis. Comme l’a souligné mon binôme, cet échange a dû les surprendre et leur faire du bien. A voir si les effets persistent la semaine prochaine…

Et pour terminer en musique, je vous propose Monday, Monday avec The Mama’s and the Pappa’s

2 réponses sur « Ma vie de stagiaire (9) »

  1. Yay, bien joué ! J’espère que ça continuera la semaine prochaine. J’ai fait quelques remplacements dans des classes de cet âge-là, et franchement j’espérais juste que la journée se finisse le plus vite possible. Enseigner à des adultes comme je le fais maintenant, c’est quand même vachement mieux 😉

    1. On a une réunion chaque semaine où chaque intervenant raconte sa classe avec parfois des cas difficiles. J’ai la chance de n’avoir aucun jeune agressif, ils sont juste léthargiques. Mon binôme est un éducateur spécialisé, je suis psy et malgré toutes nos connaissances, nous n’arrivons pas à faire réagir ces jeunes. Bon, il y a d’autres variables en jeu dont je ne peux pas parler ici. Nul doute que d’avoir à faire à des adultes motivés est plus intéressant. Tu as des classes fixes à présent ?

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