Mon Université à Moi

J’avais besoin de terminer mes années d’uni en douceur car j’ai bien aimé l’ambiance, les cours, les enseignants. Si tout va bien, je croise les doigts car il y a sans arrêt des imprévus, j’aurai terminé le stage et défendu mon mémoire au 1er janvier de l’année prochaine. J’aurai fini l’uni et je recevrai officiellement mon titre de psychologue à la fin du semestre, soit au 31 janvier 2022.

Depuis quelque temps, beaucoup de mails circulent de la part des étudiants sur comment devraient se dérouler les cours. Depuis l’arrivée du Covid, les cours n’ont plus lieu en présentiel alors qu’avant, même si c’était parfois pénible de se déplacer, nous avions les cours dans une salle toutes les trois semaines. C’était l’occasion de se rencontrer, d’échanger en face à face avec les enseignants et leur assistant, de poser librement nos questions et bavarder entre nous. Durant la pause de midi, nous allions manger entre copines, c’était sympa. Puis tout s’est arrêté.

Les cours ont continué à se donner toutes les trois semaines mais par Zoom (pour le reste du temps, rien n’a changé, tout est accessible en ligne). On ne se rencontre plus, les caméras sont généralement éteintes, il n’y a plus de réels échanges avec le corps enseignant. Ce semestre, je me suis inscrite à deux cours en tant qu’auditrice libre. Sur un cours, nous sommes 2 étudiantes « présentes » à chaque fois. Et les deux nous sommes auditrices libres. Le cours n’est que pour nous on dirait puisque les autres ne « viennent » pas. Deux ont parfois affiché leur nom mais n’étaient sans doute pas présents puisqu’ils n’ont jamais allumé leur caméra et ne sont jamais intervenus. Pour l’autre cours, c’est différent, il y a 38 élèves mais plus d’une vingtaine de caméras éteintes. Même lorsque l’enseignant ouvre des « salles » séparées pour des petits travaux de groupe, personne n’allume sa caméra. C’est froid et antipathique. Aucune possibilité de tisser des liens dans ces conditions.

J’en reviens aux mails qui circulent. Que disent-ils en substance ? Ils ne veulent plus de cours en présence. La majorité des étudiants venait de Suisse auparavant. A présent, les Français ont pris d’assaut ces cours car il est difficile d’obtenir une place à Paris où les cours sont donnés à distance. Ces étudiants expliquent qu’à Paris tout se fait à distance et que les enseignants ne sont pas disponibles pour des échanges avec les élèves. Ils ne semblent pas très positifs avec ce procédé…et pourtant ils demandent à ce que l’uni suisse fasse exactement la même chose. Tout ce qui faisait sa richesse, à la poubelle, ils n’en veulent pas. Ils ne sont pas intéressés à rencontrer d’autres étudiants, ne veulent pas voir les enseignants, et veulent rester chez eux. Si les séances sur Zoom pouvaient en plus être enregistrées pour éviter d’être à heure fixe devant son écran, ce serait encore mieux.

J’en discutais avec une copine avec qui j’ai fait mon master et on a le même avis : on a eu la chance de pouvoir suivre nos études dans de bonnes conditions, faire de chouettes connaissances et échanger librement avec des enseignants qui non seulement connaissaient notre nom mais connaissaient également notre visage. La nouvelle génération d’étudiants n’aura probablement plus ça, par choix. Des cours anonymes, sans âme. Et après on se demande pourquoi il y a de plus en plus de dépressions…

Et pour terminer en musique, je vous propose Etienne Daho avec Pardonnez-moi mon Dieu

5 réponses sur « Mon Université à Moi »

  1. La raison majeure pour laquelle les étudiants français préfèreraient les cours à distance, c’est le coût de se déplacer et se liger en Suisse une fois pas mois. Et pour certaines, c’est même quasiment inenvisageable parce qu’elles sont seules avec des enfants (j’en connais beaucoup). Ce n’est pas par goût : l’année dernière, en plein confinement, j’ai organisé des réunions Zoom toutes les semaines pour discuter des cours et se soutenir et cela a été très bien accueilli.

    1. Je comprends bien tout ça. Ce que j’explique, c’est que c’est une population étrangère qui a profité d’une suspension temporaire des cours en présence pour s’inscrire en masse et « exige » à présent de modifier le règlement pour satisfaire ses besoins. Pourquoi ne pas dépenser cette énergie dans une université en France ? Cette université à été créée à l’origine en Valais, canton qui n’avait pas d’uni. En souhaitant supprimer les cours en présence, on supprime l’uni de ce canton…
      Et enfin, qu’est-ce qui empêche ces personnes à brancher leur caméra pour rendre les cours un peu plus conviviaux ?

      1. L’université peut aussi choisir d’ignorer ces « exigences ». Pour les caméras, ça dépend aussi de la qualité de la connexion : j’ai des collègues qui ne peuvent pas se brancher avec la caméra car leur connexion ne le supporte pas. On n’est pas tous logés à la même enseigne. Et puis il y a ceux/celles qui ne sont pas derrière leur écran et ceux/celles qui sont timides…
        Les Français qui étudient en Suisse sont souvent ceux qui n’ont pas été pris en master en France.
        Je comprends ta frustration mais il me semble que la faute (si faute) incombre plutôt à l’université qu’aux étudiants.

  2. Ici la situation est encore plus difficile, parce que plein d’étudiants internationaux ont commencé leurs études dans des universités canadiennes et ils payent énormément d’argent pour ces cours. Donc les universités canadiennes ont du mal à décider de retourner en présentiel, parce que ça leur ferait une perte énorme de revenus. Mais je te comprends, c’est déprimant d’être en ligne, pour les étudiants comme pour les profs. J’ai la chance d’être dans une universités très spéciale, maintenant, où on peut forcer les étudiants de premier cycle à faire ce qu’on veut qu’ils fassent et donc à partir de janvier ils seront tous de retour sur le campus, mais je sais que certains cours de deuxième et troisième cycle resteront en ligne. C’est un avantage et un inconvénient à la fois.

    1. L’uni vient d’annoncer qu’elle continuait le semestre suivant tout à distance. Et je pense que ne pas devoir louer de salles les samedis des cours lui fait de bonnes économies. Quant au reste, quelqu’un m’a dit que l’uni va sans doute durcir les conditions d’accès car il semblerait, du moins en master psy, que le niveau de ces nouveaux étudiants ne soit pas assez élevé par rapport aux étudiants suisses. Par exemple, un « je pense que » dans un travail de master est inimaginable, c’est une erreur de début de bachelor alors que cette erreur apparaît dans les devoirs à présent.

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