Une page vide se tourne

Je n’osais plus y croire, j’étais résignée et le miracle s’est produit. Ensuite, il a fallu patienter un peu et le temps est passé. Après presque huit ans, j’ai enfin quitté ce poste que j’ai tant détesté.

Je terminais une année de chômage lorsque j’ai vu l’annonce qui ne m’attirait pas, d’autant plus que je savais (ne me demandez pas comment, je l’ignore) que si je postulais, la place serait à moi. Mais chômage oblige, j’ai postulé et obtenu la place. Je suis arrivée dans un bureau où le temps s’est arrêté : vieux et sale avec une collègue proche de la retraite qui ne voulait pas de moi. Le travail était sans intérêt, je n’avais qu’une envie, fuir. Mais il faut bien payer les factures à la fin du mois.

Les murs étaient bruns sales dans une pièce et verts criards dans l’autre. Ils devaient être peints en blanc peu après mon arrivée. Ils attendent encore la première couche de peinture. Je quitte sans regret ce bureau sans âme. Je vais à présent travailler, à trente minutes de là, dans un bureau avec des fenêtres. J’aurai une collègue dans mon bureau mais une trentaine d’autres sur l’étage. Collègues que j’avais déjà mais que je ne connaissais pas puisque nous n’avions pas l’occasion de nous croiser ni même de nous parler au téléphone. Je ne vais plus passer de longues périodes où je suis seule sans avoir qui que ce soit avec qui échanger deux-trois mots. J’ai l’impression d’avoir enfin retrouvé la liberté…

Et pour terminer en musique, je vous propose Benjamin Biolay avec Les Joues roses

7 réponses sur « Une page vide se tourne »

  1. Huit ans quelle patience !!! Cela va tellement te faire du bien de changer d’environnement, et quel bonheur d’avoir des fenêtres 💕

  2. Quel soulagement. Profitez bien de cette nouvelle vie.
    Le chien a l’air intrigué. Est-ce une courgette qui provient du jardin dont vous vous occupez?

Les commentaires sont fermés.