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D’où vient la dépression ?

Ce mois-ci aux cours nous avons étudié la dépression sous l’angle de la psychanalyse et celui des techniques congitivo-comportementales (TCC). Il y a des choses intéressantes dans les deux camps.

Je n’ai jamais caché le fait que je n’aime pas la psychanalyse. On nous a fait lire des textes de Freud totalement incompréhensibles. La poudre qu’il consommait devait être de la bonne ! (oui, il a consommé de la cocaïne). Le stade oral où la sexualité du bébé est entièrement située dans la bouche et téter est le nirvana, heu, voilà quoi… Que tout soit lié au cul me laisse pantoise. Vous vous ruez sur la bouffe c’est pour combler des pulsions qui remontent à l’enfance et comme vous ne pouvez pas aller téter votre mère, vous compensez avec la nourriture 😳. Devoir étudier ça m’agace profondément. Mais…

Tout n’est pas à jeter. La psychanalyse cherche à améliorer/transformer la personnalité du patient puisque ce dernier ne va pas très bien. S’il y a dépression, c’est que les conflits refoulés durant l’enfance ont été réactivés et la partie consciente de l’individu ne sait pas comment les gérer car elle ne les comprend pas. D’où les symptômes. L’inconscient va parler, dans les rêves, dans les associations d’idées. C’est pourquoi il faut faire parler le patient et tirer des conclusions entre les divers liens des sujets qu’il aborde et analyser ses rêves. Le patient n’est pas capable de percevoir ces liens puisqu’il s’agit de sujets qu’il tente désespérément de refouler.

Les TCC cherchent à supprimer les symptômes. Nous sommes dans l’ici et le maintenant. Aujourd’hui je vais mal donc qu’est-ce qui peut bien me perturber à ce point en ce moment. Martin Seligman parle d’impuissance acquise. Des rats placés dans une cage reçoivent des décharges électriques. Rapidement ils se résignent à souffrir. Ils sont ensuite transférés dans une nouvelle cage où il y a la possibilité de supprimer ces décharges. Or, les rats habitués à l’ancienne cage, ne réagissent pas et ne tentent rien. Une personne dépressive agit plus ou moins de la sorte. Par le passé, un événement X était désagréable donc tous les événements qui s’en approchent doivent être désagréables… Nous parlons aussi de biais dans les attributions. Quelqu’un qui a tendance à faire des attributions internes, stables et globales sera plus susceptible de sombrer dans la dépression (ou il y est déjà). Le but de la thérapie est d’apprendre à percevoir les choses correctement et donc supprimer ces biais.

Une attribution interne : “Anne-Laure ne m’a pas saluée aujourd’hui dans le bus. Je lui fais honte et elle préfère m’ignorer. De toute façon je suis nulle, je le sais”. Ce jour-là Anne-Laure n’avait tout simplement pas ses lunettes; rien à voir avec la patiente… Une attribution externe aurait été plutôt du genre “Tiens, Anne-Laure ne m’a pas saluée dans le bus aujourd’hui. Elle semblait songeuse. Je me demande ce qui lui arrive…”.

Attribution stable : Cette semaine ma collègue n’est pas là et je dois absolument être à l’heure (je dépends des transports publics et ce n’est pas tous les jours évidents). De plus, deux jours dans la semaine la femme de ménage vient nettoyer le bureau avant l’ouverture. Cette semaine, le train a été en retard tous les matins avec des retards plus marqués les deux jours où la femme de ménage attend derrière la porte. Il y a quelques années une telle situation m’aurait anéantie : “C’est toujours quand j’ai besoin d’être à l’heure que ce pu%##* de train est en retard”. Une personne dans cette optique oublie que le train est parfois en retard quand elle n’est pas pressée et qu’il est souvent à l’heure quand elle l’est. Sa vision est donc déformée et rend la vie un peu plus difficile. Et moi ? J’ai trouvé cette coïncidence très drôle car ça faisait au moins trois semaines que le train était à l’heure. C’est tout. Et pour la petite histoire, il a été en retard tous les soirs de cette semaine également…

Attribution globale : “Ils me font tous ch… Au boulot mon chef est toujours sur mon dos et Carlos est un sale intriguant qui me casse les pieds. Pis quand je rentre le soir, j’ai mon mari qui se plaint constamment de son boulot et mes enfants sont pénibles. Heureusement, le lundi soir je vais à mon club de pétanque mais là aussi, Amélie devient pénible. Il n’y a jamais rien qui lui convient. C’est comme à la réunion des parents d’élèves; la prof principale de mon fils lui reproche plein de choses à ses élèves et nous fait la morale…”. C’est fou, où qu’elle aille, cette personne doit traiter avec des gens pénibles. Pas juste au travail, non, à la maison, dans ses loisirs et même aux réunions où elle n’est pas sensée se sentir visée. Une attribution spécifique sera de se focaliser sur un seul endroit par exemple et donner une signification au reste. Le chef a peut-être des problèmes privés et son stress déteint au travail, Carlos est en plein divorce, le mari est dans une entreprise menacée de faillite, les enfants…sont des enfants et ils ressentent le stress de leurs parents etc… Il faut apprendre à recadrer ses pensées.

Je m’arrête là pour aujourd’hui.

Et pour terminer en musique je vous propose Kasabian avec leur nouveau titre Comeback Kid

En plein développement

En première année de mes cours, j’avais étudié la psychologie du développement. Dire que j’avais bien aimé est un euphémisme. C’est à ce moment que je me suis dit que je souhaitais travailler avec des enfants et des adolescents. Si je trouve un généreux donateur, c’est en psychologie du développement que j’aimerais faire un Master (je n’ai pas les moyens, je vais devoir m’arrêter au Bachelor 😥). Ce semestre nous étudions la psychologie de l’éducation et ce mois, nous sommes à fond dans l’étude de Vygotski (psychologue russe) et sa théorie de Zone proximale de développement. Nous avions vaguement vu la chose en première année et c’est donc avec un grand plaisir que je découvre le sujet plus en détail. Mais qu’est-ce que cette théorie ? Elle explique que c’est l’étape où un enfant peut effectuer une tâche avec l’aide d’un adulte mais qu’il serait incapable de l’accomplir tout seul. Et l’on remarque que dans cette étape il y a plusieurs phases que Jerome Bruner (psychologue américain) a discutées. Pour ce faire, il a créé une tâche pour des enfants de 3, 4 et 5 ans; ces derniers doivent fabriquer une sorte de pyramide avec diverses pièces qui s’emboîtent les unes dans les autres. Ils savent reconnaître une pyramide correcte d’une qui serait construite n’importe comment. Ils comprennent donc le but à atteindre.

Les enfants de 3 ans ont besoin de l’aide de l’adulte du départ jusqu’à la fin. D’une part parce qu’ils préfèrent jouer avec les pièces. Monter l’édifice ne les attire pas plus que ça. L’adulte doit donc les motiver en permanence. D’autre part parce que dès qu’ils arrivent à emboîter deux pièces particulières, ils se contentent de faire de même avec les autres. Ils ne cherchent pas à bâtir quoi que ce soit. L’adulte doit non seulement les stimuler mais en plus leur montrer la marche à suivre. Leur donner des instructions orales ne produit aucun effet.

Les enfants de 4 ans n’ont plus besoin d’aide visuelle. L’adulte n’a plus besoin de leur montrer comment emboîter les pièces, les enfants le découvrent par eux-mêmes. En revanche, l’adulte va les guider oralement pour leur expliquer comment monter l’édifice.

Les enfants de 5 ans se contentent de demander à l’adulte s’ils font juste. Ils ont juste besoin d’approbation. Dès 6 ans, un adulte n’est plus nécessaire.

Nous voyons donc qu’à 3 ans, un enfant entre dans une nouvelle étape. Il comprend le but mais n’est pas encore capable de l’atteindre tout seul malgré ses compétences actuelles. A 4 ans, l’enfant n’a plus besoin d’être stimulé mais requiert malgré tout encore un peu d’aide orale pour certains stades de la construction. A 5 ans, l’enfant est proche du développement. Il est capable de s’en sortir tout seul même s’il a encore besoin d’approbation. L’enfant de 6 ans a atteint un nouveau pallier dans son développement.

J’adore observer les enfants et leurs diverses réactions. Hier, un garçon d’environ 10 ans voulait lancer le ballon à sa petite soeur qui n’a pas encore 2 ans. La petite tendait les bras mais n’attrapait rien. Très vite, elle est partie jouer ailleurs. Il n’y avait personne pour la stimuler et lui montrer ce qu’elle devait faire. Elle a compris le but mais n’est pas capable de l’atteindre. Elle se trouve dans la zone proximale de développement…

Et pour terminer en musique je vous propose du Depeche Mode. Il y avait cette semaine sur une chaine anglaise une soirée dédiée au groupe. A question of time me fait à chaque fois replonger dans ma chambre d’adolescente. Jusqu’à il y a peu, j’étais envahie de sentiments nostalgiques et à présent je ressens une joie à l’écoute de cette chanson.

Comment apprendre ?

Comme promis, je vais vous parler des conditions favorables ou non pour un bon apprentissage. C’est très axé sur l’apprentissage scolaire bien que ce soit utile pour tout type puisqu’il n’est pas nécessaire d’aller à l’école pour continuer à apprendre.Je tire mes informations d’un article de M. Boekaert [1].

Croire en ses capacités est un très bon prédicteur des résultats futurs, d’autant plus si on porte un jugement réaliste sur ses propres compétences; On sera plus à même de contrôler toutes les variables qui pourraient nuire à notre apprentissage. Et, voilà quelque chose de très important, il est vivement déconseillé de dire “essaie” ou laisser croire que si l’élève fait un effort il va réussir. Ces remarques agissent sur la confiance en soi sans pour autant que les compétences augmentent. En cas d’échec, la confiance prend un sacré coup.

Il faut apprendre à attribuer ses réussites à ses propres compétences (je suis capable et j’ai persévéré) et à attribuer les échecs à des causes extérieures du genre, le prof est nul, j’ai pas eu le temps de bosser, j’étais malade, etc. Ça évite de toucher la confiance en soi (sujet que j’avais déjà étudié en psychologie sociale et j’adore). Autant vous dire que je tente d’appliquer ce principe dans ma vie quotidienne et ma vie est bien plus facile, je rumine moins des pensées sombres. La semaine dernière je ruminais un truc bête et j’ai tenté d’attribuer mon “problème” à quelque chose d’autre que Moi. Ça a bien fonctionné puisque je ne m’en souviens plus. Votre chef vous a fait une remarque désagréable ? S’il a un problème avec vous, il doit vous l’expliquer calmement et de façon constructive. S’il est désagréable, ce n’est pas de votre faute : son chef lui est tombé dessus tôt dans la journée, sa fille est rentrée ivre le soir précédent, il s’est engueulé avec sa femme,…

Evidemment que si vous estimez que la chose à apprendre est sans importance, cela va être plus difficile à étudier. Donc il faut chercher à rendre la matière intéressante. Au début du semestre, je n’étais absolument pas motivée à étudier la psychologie de l’éducation. Je ne souhaite pas me lancer dans l’enseignement et depuis le temps que j’étudie, je trouve que je m’en sors plutôt bien. J’ai donc cherché à prendre ce cours sous un autre angle : en quoi peut-il m’être utile dans ma vie ? Depuis j’aime beaucoup cette matière 😉. On en parlait hier aux cours et les personnes qui n’arrivent pas à voir en quoi cette matière leur est utile, détestent ce cours…

Apprendre pour “apprendre”, à savoir, avoir un but de maîtrise, est plus profitable à l’étudiant qu’apprendre pour performer (être le meilleur). On parle de motivation intrinsèque quand on travaille pour soi et de motivation extrinsèque quand on pense à l’image de soi que l’on veut donner. Là encore, quand on bosse pour son image, l’estime de soi peut très facilement être fragilisée.

Ne jamais avoir peur de demander de l’aide, ce qui évite aux émotions négatives de prendre le dessus. C’est quand même mieux d’obtenir de l’aide que d’échouer non ? Il ne faut pas non plus hésiter à réévaluer la situation d’apprentissage (ou autre) du genre : est-ce tellement grave si je n’arrive pas à résoudre ce problème ? Hier, j’en ai résolu sept ! De cette façon, j’agis sur mon sentiment d’efficacité personnelle : je suis capable.

Il faut se fixer des objectifs clairs et concrets, ça aide à mieux s’organiser : Demain je lis le document n°1 en entier et je le résume. Si je suis motivée je vais en faire plus, mais si je ne le suis pas, j’ai un objectif tout à fait atteignable. Un plus jeune élève pourra se dire qu’il fera ses devoirs en rentrant avant de regarder la télé pour se motiver.

Toutes ces stratégies aident à penser que l’on contrôle son apprentissage et ce sentiment de liberté est très utile dans tout ce que nous entreprenons…

1. Boekaerts, M., (2010). Motivation et émotion : deux piliers de l’apprentissage en classe. Comment apprend-on ? La recherche au service de la pratique, 97-117.

Et pour terminer en musique, je vous propose Jacob Bellens avec Untouchable

La Mémoire

Je suis en retard dans mes cours et nous devions étudier la mémoire, ce que je n’ai fait que partiellement. Du coup je vais me replonger dans le fichier reçu et vais vous en parler.

Quand on parle de mémoire, on ne sait pas qu’il en existe en fait plusieurs. Déjà, la mémoire à court terme. On veut noter un numéro de téléphone dans son agenda. On se le répète en boucle pour ne pas l’oublier jusqu’à ce qu’il soit noté. C’est la mémoire à court terme. Elle s’efface très vite.

Pour la mémoire à long terme, il y a celle qui est explicite, à savoir que nous pouvons expliquer. Dans la mémoire explicite, j’appelle la mémoire épisodique. Je peux vous raconter le film les 7 Mercenaires vu vendredi au cinéma. J’y suis allée seule et nous étions deux dans la salle. J’ai passé un bon moment. Ensuite je me suis promenée dans les magasins du centre commercial puis j’ai fait une partie de mes courses. Après je suis allée sur France terminer mes courses et je suis rentrée, j’ai promené mon chien, etc…

Dans la mémoire explicite, il existe également la mémoire sémantique. Je suis allée au cinéma cette année voir Good Luck Algeria. J’avais bien aimé. Je ne sais plus si nous étions nombreux dans la salle ni ce que j’ai fait du reste de ma journée. J’ai oublié les circonstances. Mais je sais que la salle de cinéma se trouve au centre commercial de Balexert. En gros, l’espace et le temps sont oubliés. C’est normal, je ne souffre pas d’un problème quelconque.

Dans la mémoire à long terme, il y a également la mémoire implicite. Ce que nous nous remémorons sans nous en rendre compte. Nous avons là la mémoire procédurale. Vous savez conduire ? Oui ? Vous réfléchissez à tout ce que vous faites en conduisant ? Genre, hou, comment fait-on pour changer de vitesse ? Ah, je dois appuyer sur une pédale en même temps non ? Bref, c’est fait automatiquement. Idem si vous faites du vélo. Vous avez appris à faire du vélo sans les petites roues. A présent c’est un automatisme. Quand vous mangez, vous savez tenir vos services sans vous concentrer, etc…

Et il y a également le priming dans la mémoire à long terme. Si j’écris “Coca Co” vous devinez la fin. Votre mémoire travaille sans que vous en preniez conscience.

Je continue ou je vous ai déjà perdu ? Parce que là je n’ai parlé que de ma première page…

Sautons à la quatrième… Il existe une classification des troubles de la mémoire. C’est émotionnel ou plus grave ? Où se trouve la lésion ? C’est la mémoire ancienne (retrograde) ou nouvelle (antérograde) qui est touchée ?

Les syndrômes amnésiques : impossible de former de nouveaux souvenirs (mémoire antérograde) et pourtant la personne peut encore parler et se déplacer normalement. Elle garde généralement ses souvenirs d’avant la lésion. Son hippocampe est abimée et ne traite donc plus les nouvelles informations. Le patient le plus célèbre est HM ou Henry Molaison. Vous trouvez plein de vidéos sur le net à son sujet.

Si l’on touche la mémoire du passé (mémoire rétrograde), le patient n’aura pas de souvenir sur un laps de temps qui peut s’étendre de quelques minutes à des années. Pour tester la mémoire dans ce cas-là il faudra interroger la famille afin de démêler la part du vrai et du faux car le patient répondra de manière vague voire erronée de façon involontaire.

Dans une vidéo que le prof nous a montrée, une patiente discute avec “son médecin” d’un problème de pied alors qu’elle est en rendez-vous pour ses problèmes de mémoire dont elle ignore totalement l’étendue. Le médecin quitte la salle et un nouveau prend sa place, nouveau qu’elle n’a jamais rencontré. Il la salue et la dame, très charmante, salue en retour. Il lui demande ensuite s’ils se sont déjà rencontrés au préalable. Ce à quoi elle répond “bien sûr” et précise l’endroit…Ce sont des souvenirs fabriqués. La patiente confabule.

Il existe différents tests pour mieux cerner le type de mémoire atteint. Par exemple :

  • Mémoire procédurale : test du tracé en miroir. Une étoile est dessinée et le patient voit le dessin reflété dans un miroir. Il doit repasser sur les traits. Cela demande un temps d’apprentissage. Quelqu’un avec un déficit dans la mémoire procédurale sera incapable d’apprendre à coordonner ses mouvements en regardant dans le miroir.
  • Mémoire de primauté : le patient doit se souvenir d’un mot par exemple “tapioca”. Cinq minutes après il aura oublié le mot. En revanche, si on lui demande de nous donner un mot débutant par “tap” il répondra “tapioca” alors qu’une personne sans trouble dira plus facilement “tapis”. Il reste donc une trace dans la mémoire du patient.

Tout ça pour dire que notre mémoire est vraiment complexe et qu’avec l’âge, ce sont les connexions entre nos neurones qui diminuent et expliquent pourquoi nous avons tant de difficulté à retrouver des mots que nous avons sur le bout de la langue. Les mots sont toujours présents dans la mémoire mais les routes pour y parvenir sont coupées et il faut prendre des détours alors que dans le cas d’une perte de mémoire c’est la mort de cellules. Les mots sont effacés.

Une émission qui traite du sujet : https://www.rts.ch/emissions/36-9/3981100-quand-la-memoire-se-trouble.html

Et pour terminer en musique je vous propose Madrugada avec Majesty. C’est une chanson qui date de 2002 mais que j’ai entendue pour la première fois tout récemment. J’adore 😍

 

 

Je vois ce que mon cerveau veut bien analyser

Bon alors comme mes cours approchent, il faut que je révise un minimum ce que j’ai lu sur le cerveau et la vue plus particulièrement. Quels sont les problèmes que l’on peut rencontrer ? Je ne parlerai pas de myopie ou presbytie qui n’est pas au programme et dont le problème est situé sur l’œil même. L’ennui c’est que je ne sais pas par où commencer… Si je vous dis que les yeux sont à l’avant du cerveau (ah oui ???) et que le traitement de ce que l’on voit se déroule à l’arrière du cerveau (lobe occipital), ça vous fait de belles jambes. Il peut survenir des lésions sur tout le trajet entre l’arrière des yeux jusqu’à l’endroit du traitement de la vue. Et les résultats diffèrent en fonction du lieu desdites lésions. Voilà à peu près tout ce que je suis capable de raconter sans mes notes. Même si je sais qu’il existe une voie ventrale qui analyse les objets et une voie dorsale qui traite les mouvements. Une lésion sur les zones v1 et v2 (situées à l’arrière du cerveau, dans le cortex occipital) a un spectre plus large que la zone v4 par exemple, qui elle traite de la couleur. Bon je vais chercher mes notes et je reviens afin de mieux vous expliquer ce qui est passionnant…

Alors comme je le disais, le cortex visuel est formé de parties. La région v4 traite les couleurs, la v5 détecte les mouvements et la v3 analyse les formes en mouvement. Les régions v1 & v2 séparent ces trois processus.

Quelqu’un qui a une lésion dans la région V4, verra le monde en noir et blanc (vidéo intéressante sur youtube : island of the colorblind avec Oliver Sacks).

Quelqu’un avec une lésion en V5, ne perçoit pas les mouvements. La personne aura de la peine à se verser une tasse de café par exemple car elle ne voit pas le liquide tomber…ni sa tasse se remplir. Elle sera incapable d’éviter une boule de neige puisqu’elle ne la verra pas arriver.

Quelqu’un avec un lésion en V1 agira comme si elle était aveugle alors que le traitement visuel se fera encore dans une certaine mesure. La personne évitera un objet sur son chemin alors qu’elle ne le voit pas consciemment. (Excellente vidéo . En plus le neurologue c’est mon prof. Si vous n’avez pas accès, un petit VPN devrait vous aider).

Les processus visuels continuent au-delà de ces cinq régions. Je n’entre pas dans les détails, j’aimerais que vous continuiez à lire. Je peux encore vous dire que vous pouvez avoir une région qui ne voit pas. Par exemple vous avez comme une tache sur ce que vous voyez et d’un seul côté (si vous fermez l’oeil droit par exemple, vous voyez bien sans tache). Ceci est une hémianopsie nasale. Il existe plusieurs sortes d’hémianopsies.

L’agnosie visuelle des objets empêche une personne de reconnaître des objets. Par exemple une personne à qui on montre une tasse aura de la peine à l’identifier. Elle saura la reconnaître au toucher éventuellement. En aucun cas reconnaitra-t-elle une tasse dessinée. Pourtant, sa main s’adaptera automatiquement à l’objet lorsqu’elle s’en approchera pour le saisir.

Une autre personne saura reconnaître et nommer la tasse…mais sera incapable de la saisir. Elle pourra pointer l’objet du doigt mais c’est tout.

Simultagnosie. Une personne ne pourra voir deux objets en même temps. Vous placez une paire de lunettes et une tasse l’une à côté de l’autre, elle verra ou l’une ou l’autre. Ce problème survient surtout lors d’un empoisonnement au monoxyde de carbone.

Prosopagnosie Impossibilité de reconnaître les visages. Que se soient les visages familiers, des vedettes ou son propre reflet dans le miroir. Si un visage porte une marque particulière comme une cicatrice par exemple, la personne sera identifiée grâce à ce trait. Évidemment que si la personne parle elle sera identifiée.

Agnosie visuospaciale Impossibilité de reconnaître son environnement.

Je trouve vraiment intéressant de savoir que nos yeux voient correctement et que pourtant, le traitement ne se fait pas dans certains cas. Il existe plein de vidéos sur le sujet sur internet mais malheureusement elles sont essentiellement en anglais.

Et pour terminer en musique comme aucune des chansons auxquelles je pense n’est disponible en vidéo, rien de tel qu’un bon vieux Muse avec Bliss

 

 

Bore-out

Après une grande période de stress, il y a toujours une chute assez brutale durant laquelle je me sens un peu perdue. Puis le train train quotidien reprend le dessus et je m’ennuie ferme. Je passe mes journées sur internet et je rentre non seulement épuisée mais en plus déprimée. C’est ça le début du bore out. L’inverse du burn out. En gros je suis très loin d’être débordée, motivée… Vous pouvez lire le profil de plusieurs personnes qui vivent quotidiennement l’ennui ici.

Ce qui est marrant c’est que je suis tombée sur un bouquin sur le sujet à la bibliothèque aujourd’hui Le Bore-Out quand l’ennui au travail rend malade du Dr François Baumann aux éditions Josette Lyon (2016). Je vous dirai ce que j’en pense. Mais voici un extrait de la quatrième de couverture :

L’épuisement professionnel par l’ennui au travail ou “bore-out”, par l’absence d’une activité construite, d’une motivation qui permette d’utiliser l’énergie que l’on garde en soi, est tout sauf de la fainéantise. C’est une souffrance considérable pour celui ou celle qui traverse cette épreuve, car l’ennui au travail est vécu comme un tabou.

C’est pas comme si je découvrais cet état de fait. Il y a quelques années je m’étais plains de n’avoir rien à faire de mes journées. Mon chef d’alors m’avait donné un tas de photocopies à faire (le top !) …que sa femme avait jetées en fin de journée. Je n’ai plus demandé de travail. (Partout où j’en demande on me file des photocopies à faire ou de la saisie !). C’est à ce moment que j’ai décidé d’apprendre à utiliser word et excel correctement. Je me suis formée seule durant mes heures de travail.

Mais revenons à nos moutons. Alors que je voulais commander un livre pour mes prochains cours, je lis dans les commentaires qu’un des auteurs dudit livre donne un cours sur Coursera. Coursera est un site qui donne des cours gratuits sur divers domaines. Une amie est accro et m’en a toujours dit grand bien. Je vais donc jeter un oeil et constate que le cours en question débute le 4 juillet. Je m’y inscrits. Le soir je télécharge les vidéos sur mon iPad et je les visionne durant la journée du lendemain. Mon humeur remonte et je ne suis plus ko quand je rentre le soir. Mais bon, c’est un programme chargé et j’ai envie de varier les plaisirs.

Le fils d’une amie m’a suggéré de me lancer dans la programmation. Je cherche dans la base de données et trouve un cours qui débutait ce lundi. J’ai donc appris aujourd’hui les bases du HTML. J’ai testé mais n’obtiens pas exactement ce que je pensais (mes titres n’apparaissent pas mais finalement doivent-ils apparaître où c’est juste pour m’aider à m’y retrouver ?). Dans la partie du haut on voit le langage que j’ai utilisé et ce que ça donnerait sur une page web est en-dessous. (J’allie les deux cours comme vous pouvez le constater 😄).

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Demain j’attaque le CSS pour améliorer la présentation. Ensuite il y a le PHP et Java. Ca m’occupe intelligemment.

Demain soir je suis en vacances et c’est pas pour me déplaire…

Et pour terminer en musique je vous propose une chanson, Sometimes I feel, de Richard Hawley que j’ai découvert en regardant les concerts de Glastonbury 2016 sur la BBC (vous pouvez les visionner sur le site http://www.bbc.co.uk/events/ewcj5v. C’est une musique douce que j’aime beaucoup. Tout l’album me plaît (Hollow Meadows).

Phobie sociale

J’ai terminé ma deuxième année. Encore deux…En fait le programme est prévu sur 4,5 ans et j’espère terminer en quatre ans. J’ai déjà pris les deux cours prévus le dernier semestre et il reste le mémoire à caser. Donc à la rentrée je reprends le cours normal des choses, à savoir deux cours par semestre uniquement. J’aurai certainement plein de nouvelles choses à vous raconter même si à priori les sujets ne me passionnent pas (je pensais la même chose de la psychologie sociale que j’ai adoré au final). Il y aura donc la neuroanatomie. Ca ne m’intéresse absolument pas et le cours est précédé d’une mauvaise réputation avec un examen facile heureusement. L’autre concerne la neuropsychologie & les neurosciences. Il paraît que c’est difficile mais passionnant. Si vous avez lu L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau d’Oliver Sacks ça vous donne une idée de ce que je vais étudier.

Pour terminer sur l’anxiété, je viens de terminer un excellent bouquin. Il s’agit de Anxiété, les tribulations d’un angoissé chronique en quête de paix intérieure de Scott Stossel. Scott Stossel est un journaliste qui s’est lancé dans l’élaboration d’une sorte de bible sur l’anxiété. Il a ressorti une bonne partie de ce qui a été écrit/étudié sur le sujet depuis des années. Il parle donc de l’anxiété sous l’angle de Freud, Darwin, William James jusqu’à nos jours. Il parle des entreprises pharmaceutiques et des avancées sur l’angle biologique. Le tout sans parti pris. Il cherche juste à comprendre pourquoi il souffre de tant d’anxiété et de phobies en tout genre. Il raconte aussi les expériences anxieuses vécues par des personnalités présentes et passées. J’ai trouvé ça passionnant.

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Je voulais aussi vous parler de la phobie sociale, phobie qui me concerne, en vous conseillant un livre. Malheureusement, celui que je lis en ce moment est une grosse bouse. Quand je lis que si on a les yeux bleus on possède plus de chance d’être atteint de phobie sociale j’ai juste envie de vomir (et j’ai les yeux bruns 😁). Selon le DSM 5, l’anxiété sociale est une peur ou anxiété intense d’une ou plusieurs situations sociales durant lesquelles le sujet est exposé à l’éventuelle observation attentive d’autrui. […] Par exemple des interactions sociales (avoir une conversation, rencontrer des personnes non familières), être observé (en train de manger ou boire)…

Vous angoissez à l’idée d’aller dans des WC publiques (pas par peur des microbes mais parce qu’on va vous entendre) ? Phobie sociale. Peur du téléphone ? Phobie sociale. Peur de signer des documents devant une autorité (un notaire par exemple) ? Phobie sociale. Non, ce n’est pas de la timidité et oui ça peut se soigner. Plus jeune j’évitais autant que possible de manger dans un endroit public. Que ce soit un restaurant, la cafétéria du boulot ou sur un banc dans la rue. Si je me bavais dessus et qu’on me voyait ? Aujourd’hui, je m’en fiche complètement. J’étais incapable d’aller dans les WC pour un simple pipi. J’ai traversé l’Atlantique en avion, attendu à la douane, pris la voiture de location et enfin arrivée à l’hôtel, je me précipitais pour enfin me soulager…Aujourd’hui ce n’est plus un problème. Même aux USA où l’intimité est inexistante dans les toilettes publiques avec d’énormes ouvertures autour de la porte. En revanche, je suis toujours incapable de prendre des rendez-vous ou renseignements par téléphone. Et là il faut absolument que j’appelle mon garagiste car j’ai toujours mes pneus d’hiver 😔. Oui, la phobie sociale c’est bête pour ceux qui n’en souffrent pas. Et c’est une angoisse permanente pour ceux qui en souffrent. Savoir que ce sont des peurs irrationnelles ne sert à rien, si ce n’est augmenter la honte ressentie. Et n’oubliez pas que la génétique est partiellement responsable de ces peurs. Nos ancêtres nous ont légué des peurs utiles pour la survie de l’espèce. Sauf que ces peurs ne sont plus vraiment d’actualité dans notre monde moderne…Mais en cas de grosse catastrophe, tous les anxieux sont mieux parés pour survivre 😉.

Et pour terminer en musique, je suis tombée sur cette vieille chanson de 2008 d’un groupe que je ne connaissais pas et qui m’a plu. Il s’agit du groupe The Feeling avec Join with us. Un nouvel album vient de sortir que je vais m’empresser d’écouter…