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Psychanalysons un peu

C’est difficile pour moi de vous parler de psychanalyse en fonction de ce que j’apprends car, suivant les lectures imposées, je me suis quand même demandé si ce n’était pas un gag et qu’en fait nous étions les sujets d’une expérience. J’ai retenu deux ou trois choses qui semblent intéressantes.

Désolée pour les amoureux de la psychanalyse mais ce que je retiens surtout c’est que Freud est un obsédé car il ne pense qu’au cul. Il parle de cinq stades de la découverte de la sexualité chez les enfants. Déjà là j’ai de la peine. Le stade oral (3-18 mois) : le plaisir est lié à la succion du sein maternel. La bouche est alors l’organe le plus sexualisé. Le stade anal (18 mois-4 ans) : le plaisir est lié à la maîtrise sphinctérienne. Donner c’est se maîtriser et l’on “offre” ses matières fécales 💩. Le meilleur est quand même le stade phallique (4-6 ans) où le garçon a une peur inconsciente de l’interdit de l’inceste avec la mère alors que la fille réalise qu’elle n’a pas de pénis (et se sent donc inférieure) et à peur de l’interdit de l’inceste avec le père 🤢.

On y parle évidemment du complexe d’Oedipe : la petite fille désire inconsciemment une relation incestueuse avec son père tandis que le garçon désire sa mère. Si l’enfant reste fixé à cet attachement oedipien, il ne peut grandir. Il va éliminer le parent du même sexe qui est l’obstacle à sa passion -> découverte de l’identité sexuelle car le garçon rivalise avec son père, accède à sa masculinité et éprouve la peur de la castration.

Selon Freud, ce sont les traumatismes sexuels infantiles qui engendrent la formation de symptômes.

Voilà pour la partie qui me hérisse les cheveux. Pour la suite, si on ôte tout lien à la sexualité, ça me semble plus digeste. On continue ?

Il y aurait en nous une partie inconsciente où aucune barrière morale n’existe. Ces pulsions inconscientes tentent de monter vers la conscience, le moi, qui elle a des pensées objectives et des relations sociales. Entre deux se trouve le surmoi qui correspond en gros à la morale héritée de nos parents, de nos modèles lorsque nous étions enfant et de l’idéal vers lequel on tend. Pour reprendre le paragraphe du dessus, les névroses sont un conflit entre les pulsions sexuelles et celles du moi. L’énergie sexuelle se retourne contre le moi.

La psychanalyse porte une très grande attention aux rêves des patients car dans ces rêves, la censure n’intervient pas autant. L’inconscient parle avec force mais parfois de façon détournée (vilaine censure). C’est donc le rôle du psychanalyste d’interpréter les rêves et les associations libres effectuées par le patient. Il analyse également les lapsus, les actes manqués, les oublis.

On parle de transfert lorsque le patient reproduit sur le psy des comportements qu’il a eu enfant avec ses parents. Il revit ses émotions passées pour les dépasser.

Adler et Jung s’écartent de Freud car ils estiment que ce dernier accorde trop d’importance à la sexualité. Pour Adler, ce qui fait l’individu est son hérédité, son milieu et son éducation. La névrose porte sur la notion de relations interpersonnelles et non sur le complexe d’Oedipe. Jung parle de la personnalité qui est composée d’un inconscient personnel (histoire personnelle et refoulements des expériences infantiles) et d’un inconscient collectif (héritage de l’humanité). Cet inconscient collectif a une valeur émotionnelle aussi importante que les émotions infantiles. Plus un être subit les archétypes (l’inconscience collective), moins sa personnalité peut s’épanouir.

Lorsqu’un patient a refoulé un traumatisme, lui signaler ledit traumatisme ne sert à rien. Le patient doit pouvoir retrouver dans sa conscience des traces de ce traumatisme pour supprimer le refoulement. Une pulsion peut se manifester par substitut, comme l’angoisse par exemple. Tout ce qui est refoulé apparaît alors sous forme d’angoisse. Elle peut se manifester sous forme de phobie. Vous avez peur des araignées ? En fait il s’agit d’un substitut à votre refoulement premier et grâce à vos associations d’idées, le psy va trouver la source réelle de votre phobie.

La dépression en psychanalyse est liée au travail de deuil : décès, séparation. La forme aggravée de la dépression, la mélancolie, vient d’un deuil mal fait ou d’une personne dont les agissements ont été vécus par le patient comme une agression. Le chagrin s’accompagne d’un sentiment inconscient de haine. Cette haine se retourne contre le patient lui-même.

Je ne sais pas si ce que j’ai écrit est compréhensible. J’ai encore du travail devant moi…

Sources : Richard, M. (1994). Les courants de la psychologie. Lyon : Editions Chronique Sociale / Freud, S. (1986) L’inconscient. In Métapsychologie (J. Laplanche & J.-B. Pontalis, trads., pp.65-123). Paris : Gallimard (Edition originale, 1915).

Et pour terminer en musique je vous propose Daniel Balavoine avec Si je suis fou

Communiquer

Aujourd’hui je vais vous parler de communication car c’est le sujet que je révise en ce moment et vous en parler me permet de renforcer ma mémoire.

Le saviez-vous ? Il est impossible de ne pas communiquer. Vous refusez de répondre à votre interlocuteur ? Vous communiquez alors votre désaccord. Nous communiquons malgré nous : tous nos gestes sont parlants et l’interlocuteur, s’il tient compte du message perçu, s’adapte. Un enfant va se mettre à parler très fort si son parent ne lui répond pas. Il y a même des comportements qui à la base ne servent pas à communiquer, se transforment en message. Uriner sert à se vider la vessie or, beaucoup d’animaux marquent leur territoire en urinant (je ne parle pas d’hommes mais certains marquent aussi leur territoire en lassant des traces de toutes sortes sur leur passage). Autre exemple: une maman va porter son enfant en l’attrapant sous les bras. Par la suite, l’enfant va lever les bras pour communiquer son envie d’être porté.

La communication permet donc de nous faire comprendre des autres et de comprendre les autres et d’adapter notre comportement en conséquences. La communication englobe le langage humain oral ou écrit ainsi que le langage des signes mais aussi toute une partie non verbale comme nous l’avons vu. Dans la communication non verbale nous trouvons la prosodie, la position du corps, le fait d’attraper des objets, les émotions sur le visage, nos nombreux gestes inconscients. Parfois, nous notons une incongruence entre ce qui est dit oralement et le langage corporel. Ce peut être dû à l’humour : un visage souriant qui annonce que nous venons de le blesser par exemple. Une personne dépressive va dire que tout va bien avec un sourire alors que tout son corps crie le contraire.

Il existe des situations conflictuelles ou les deux messages potentiels ont des conséquences négatives. Nous entrons dans le conflit approche/évitement : dans ces cas-là, nous avons tendance à émettre un message peu clair et ambigu. Un exemple. Sur la photo ci-dessous, des cadeaux reçus de ma soeur. Quel est le message que je vais émettre à réception de tels présents ?

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Magnifique t-shirt et une superbe paire de chaussettes

Je pourrais dire quelque chose de désagréable mais nous avons de bonnes relations donc je ne vois pas l’intérêt ou alors lui dire ma joie face à de si beaux cadeaux, ce qui serait un mensonge éhonté. Je suis donc face à deux messages “négatifs”. Dans ces cas-là, l’option “message peu clair et ambigu” revient à dire “j’apprécie ta gentillesse” !

Pour éviter toute équivoque, un message clair doit comporter quatre types d’information: l’émetteur doit être précisé, le récepteur également ainsi que le contenu du message et le contexte : J‘aime beaucoup le cadeau que tu m’as donné pour mon anniversaire.

Je termine en vous apprenant peut-être que celui qui parle regarde moins son interlocuteur que celui qui écoute. Sauf dans des rapports hiérarchiques où le chef va plus regarder quand il parle que lorsqu’il écoute. Ceci est une dominance visuelle.

Sources : Corraze, J. (2001) Les communications non-verbales (6e ed.). Paris : PUF / Favez, N., Vanotti, M. (2006) La communication : quelques repères. In M. Vanotti (Ed.) Le métier de médecin : entre utopie et désenchantement (pp. 101-114). Genève : Médecine et hygiène

 

Et pour terminer en musique je vous mets du Kasabian car c’est le groupe que j’écoute non-stop en ce moment. Voici Life qu’il faut écouter le son à fond, ça file la pêche.

D’où vient la dépression ?

Ce mois-ci aux cours nous avons étudié la dépression sous l’angle de la psychanalyse et celui des techniques congitivo-comportementales (TCC). Il y a des choses intéressantes dans les deux camps.

Je n’ai jamais caché le fait que je n’aime pas la psychanalyse. On nous a fait lire des textes de Freud totalement incompréhensibles. La poudre qu’il consommait devait être de la bonne ! (oui, il a consommé de la cocaïne). Le stade oral où la sexualité du bébé est entièrement située dans la bouche et téter est le nirvana, heu, voilà quoi… Que tout soit lié au cul me laisse pantoise. Vous vous ruez sur la bouffe c’est pour combler des pulsions qui remontent à l’enfance et comme vous ne pouvez pas aller téter votre mère, vous compensez avec la nourriture 😳. Devoir étudier ça m’agace profondément. Mais…

Tout n’est pas à jeter. La psychanalyse cherche à améliorer/transformer la personnalité du patient puisque ce dernier ne va pas très bien. S’il y a dépression, c’est que les conflits refoulés durant l’enfance ont été réactivés et la partie consciente de l’individu ne sait pas comment les gérer car elle ne les comprend pas. D’où les symptômes. L’inconscient va parler, dans les rêves, dans les associations d’idées. C’est pourquoi il faut faire parler le patient et tirer des conclusions entre les divers liens des sujets qu’il aborde et analyser ses rêves. Le patient n’est pas capable de percevoir ces liens puisqu’il s’agit de sujets qu’il tente désespérément de refouler.

Les TCC cherchent à supprimer les symptômes. Nous sommes dans l’ici et le maintenant. Aujourd’hui je vais mal donc qu’est-ce qui peut bien me perturber à ce point en ce moment. Martin Seligman parle d’impuissance acquise. Des rats placés dans une cage reçoivent des décharges électriques. Rapidement ils se résignent à souffrir. Ils sont ensuite transférés dans une nouvelle cage où il y a la possibilité de supprimer ces décharges. Or, les rats habitués à l’ancienne cage, ne réagissent pas et ne tentent rien. Une personne dépressive agit plus ou moins de la sorte. Par le passé, un événement X était désagréable donc tous les événements qui s’en approchent doivent être désagréables… Nous parlons aussi de biais dans les attributions. Quelqu’un qui a tendance à faire des attributions internes, stables et globales sera plus susceptible de sombrer dans la dépression (ou il y est déjà). Le but de la thérapie est d’apprendre à percevoir les choses correctement et donc supprimer ces biais.

Une attribution interne : “Anne-Laure ne m’a pas saluée aujourd’hui dans le bus. Je lui fais honte et elle préfère m’ignorer. De toute façon je suis nulle, je le sais”. Ce jour-là Anne-Laure n’avait tout simplement pas ses lunettes; rien à voir avec la patiente… Une attribution externe aurait été plutôt du genre “Tiens, Anne-Laure ne m’a pas saluée dans le bus aujourd’hui. Elle semblait songeuse. Je me demande ce qui lui arrive…”.

Attribution stable : Cette semaine ma collègue n’est pas là et je dois absolument être à l’heure (je dépends des transports publics et ce n’est pas tous les jours évidents). De plus, deux jours dans la semaine la femme de ménage vient nettoyer le bureau avant l’ouverture. Cette semaine, le train a été en retard tous les matins avec des retards plus marqués les deux jours où la femme de ménage attend derrière la porte. Il y a quelques années une telle situation m’aurait anéantie : “C’est toujours quand j’ai besoin d’être à l’heure que ce pu%##* de train est en retard”. Une personne dans cette optique oublie que le train est parfois en retard quand elle n’est pas pressée et qu’il est souvent à l’heure quand elle l’est. Sa vision est donc déformée et rend la vie un peu plus difficile. Et moi ? J’ai trouvé cette coïncidence très drôle car ça faisait au moins trois semaines que le train était à l’heure. C’est tout. Et pour la petite histoire, il a été en retard tous les soirs de cette semaine également…

Attribution globale : “Ils me font tous ch… Au boulot mon chef est toujours sur mon dos et Carlos est un sale intriguant qui me casse les pieds. Pis quand je rentre le soir, j’ai mon mari qui se plaint constamment de son boulot et mes enfants sont pénibles. Heureusement, le lundi soir je vais à mon club de pétanque mais là aussi, Amélie devient pénible. Il n’y a jamais rien qui lui convient. C’est comme à la réunion des parents d’élèves; la prof principale de mon fils lui reproche plein de choses à ses élèves et nous fait la morale…”. C’est fou, où qu’elle aille, cette personne doit traiter avec des gens pénibles. Pas juste au travail, non, à la maison, dans ses loisirs et même aux réunions où elle n’est pas sensée se sentir visée. Une attribution spécifique sera de se focaliser sur un seul endroit par exemple et donner une signification au reste. Le chef a peut-être des problèmes privés et son stress déteint au travail, Carlos est en plein divorce, le mari est dans une entreprise menacée de faillite, les enfants…sont des enfants et ils ressentent le stress de leurs parents etc… Il faut apprendre à recadrer ses pensées.

Je m’arrête là pour aujourd’hui.

Et pour terminer en musique je vous propose Kasabian avec leur nouveau titre Comeback Kid

En plein développement

En première année de mes cours, j’avais étudié la psychologie du développement. Dire que j’avais bien aimé est un euphémisme. C’est à ce moment que je me suis dit que je souhaitais travailler avec des enfants et des adolescents. Si je trouve un généreux donateur, c’est en psychologie du développement que j’aimerais faire un Master (je n’ai pas les moyens, je vais devoir m’arrêter au Bachelor 😥). Ce semestre nous étudions la psychologie de l’éducation et ce mois, nous sommes à fond dans l’étude de Vygotski (psychologue russe) et sa théorie de Zone proximale de développement. Nous avions vaguement vu la chose en première année et c’est donc avec un grand plaisir que je découvre le sujet plus en détail. Mais qu’est-ce que cette théorie ? Elle explique que c’est l’étape où un enfant peut effectuer une tâche avec l’aide d’un adulte mais qu’il serait incapable de l’accomplir tout seul. Et l’on remarque que dans cette étape il y a plusieurs phases que Jerome Bruner (psychologue américain) a discutées. Pour ce faire, il a créé une tâche pour des enfants de 3, 4 et 5 ans; ces derniers doivent fabriquer une sorte de pyramide avec diverses pièces qui s’emboîtent les unes dans les autres. Ils savent reconnaître une pyramide correcte d’une qui serait construite n’importe comment. Ils comprennent donc le but à atteindre.

Les enfants de 3 ans ont besoin de l’aide de l’adulte du départ jusqu’à la fin. D’une part parce qu’ils préfèrent jouer avec les pièces. Monter l’édifice ne les attire pas plus que ça. L’adulte doit donc les motiver en permanence. D’autre part parce que dès qu’ils arrivent à emboîter deux pièces particulières, ils se contentent de faire de même avec les autres. Ils ne cherchent pas à bâtir quoi que ce soit. L’adulte doit non seulement les stimuler mais en plus leur montrer la marche à suivre. Leur donner des instructions orales ne produit aucun effet.

Les enfants de 4 ans n’ont plus besoin d’aide visuelle. L’adulte n’a plus besoin de leur montrer comment emboîter les pièces, les enfants le découvrent par eux-mêmes. En revanche, l’adulte va les guider oralement pour leur expliquer comment monter l’édifice.

Les enfants de 5 ans se contentent de demander à l’adulte s’ils font juste. Ils ont juste besoin d’approbation. Dès 6 ans, un adulte n’est plus nécessaire.

Nous voyons donc qu’à 3 ans, un enfant entre dans une nouvelle étape. Il comprend le but mais n’est pas encore capable de l’atteindre tout seul malgré ses compétences actuelles. A 4 ans, l’enfant n’a plus besoin d’être stimulé mais requiert malgré tout encore un peu d’aide orale pour certains stades de la construction. A 5 ans, l’enfant est proche du développement. Il est capable de s’en sortir tout seul même s’il a encore besoin d’approbation. L’enfant de 6 ans a atteint un nouveau pallier dans son développement.

J’adore observer les enfants et leurs diverses réactions. Hier, un garçon d’environ 10 ans voulait lancer le ballon à sa petite soeur qui n’a pas encore 2 ans. La petite tendait les bras mais n’attrapait rien. Très vite, elle est partie jouer ailleurs. Il n’y avait personne pour la stimuler et lui montrer ce qu’elle devait faire. Elle a compris le but mais n’est pas capable de l’atteindre. Elle se trouve dans la zone proximale de développement…

Et pour terminer en musique je vous propose du Depeche Mode. Il y avait cette semaine sur une chaine anglaise une soirée dédiée au groupe. A question of time me fait à chaque fois replonger dans ma chambre d’adolescente. Jusqu’à il y a peu, j’étais envahie de sentiments nostalgiques et à présent je ressens une joie à l’écoute de cette chanson.

Comment apprendre ?

Comme promis, je vais vous parler des conditions favorables ou non pour un bon apprentissage. C’est très axé sur l’apprentissage scolaire bien que ce soit utile pour tout type puisqu’il n’est pas nécessaire d’aller à l’école pour continuer à apprendre.Je tire mes informations d’un article de M. Boekaert [1].

Croire en ses capacités est un très bon prédicteur des résultats futurs, d’autant plus si on porte un jugement réaliste sur ses propres compétences; On sera plus à même de contrôler toutes les variables qui pourraient nuire à notre apprentissage. Et, voilà quelque chose de très important, il est vivement déconseillé de dire “essaie” ou laisser croire que si l’élève fait un effort il va réussir. Ces remarques agissent sur la confiance en soi sans pour autant que les compétences augmentent. En cas d’échec, la confiance prend un sacré coup.

Il faut apprendre à attribuer ses réussites à ses propres compétences (je suis capable et j’ai persévéré) et à attribuer les échecs à des causes extérieures du genre, le prof est nul, j’ai pas eu le temps de bosser, j’étais malade, etc. Ça évite de toucher la confiance en soi (sujet que j’avais déjà étudié en psychologie sociale et j’adore). Autant vous dire que je tente d’appliquer ce principe dans ma vie quotidienne et ma vie est bien plus facile, je rumine moins des pensées sombres. La semaine dernière je ruminais un truc bête et j’ai tenté d’attribuer mon “problème” à quelque chose d’autre que Moi. Ça a bien fonctionné puisque je ne m’en souviens plus. Votre chef vous a fait une remarque désagréable ? S’il a un problème avec vous, il doit vous l’expliquer calmement et de façon constructive. S’il est désagréable, ce n’est pas de votre faute : son chef lui est tombé dessus tôt dans la journée, sa fille est rentrée ivre le soir précédent, il s’est engueulé avec sa femme,…

Evidemment que si vous estimez que la chose à apprendre est sans importance, cela va être plus difficile à étudier. Donc il faut chercher à rendre la matière intéressante. Au début du semestre, je n’étais absolument pas motivée à étudier la psychologie de l’éducation. Je ne souhaite pas me lancer dans l’enseignement et depuis le temps que j’étudie, je trouve que je m’en sors plutôt bien. J’ai donc cherché à prendre ce cours sous un autre angle : en quoi peut-il m’être utile dans ma vie ? Depuis j’aime beaucoup cette matière 😉. On en parlait hier aux cours et les personnes qui n’arrivent pas à voir en quoi cette matière leur est utile, détestent ce cours…

Apprendre pour “apprendre”, à savoir, avoir un but de maîtrise, est plus profitable à l’étudiant qu’apprendre pour performer (être le meilleur). On parle de motivation intrinsèque quand on travaille pour soi et de motivation extrinsèque quand on pense à l’image de soi que l’on veut donner. Là encore, quand on bosse pour son image, l’estime de soi peut très facilement être fragilisée.

Ne jamais avoir peur de demander de l’aide, ce qui évite aux émotions négatives de prendre le dessus. C’est quand même mieux d’obtenir de l’aide que d’échouer non ? Il ne faut pas non plus hésiter à réévaluer la situation d’apprentissage (ou autre) du genre : est-ce tellement grave si je n’arrive pas à résoudre ce problème ? Hier, j’en ai résolu sept ! De cette façon, j’agis sur mon sentiment d’efficacité personnelle : je suis capable.

Il faut se fixer des objectifs clairs et concrets, ça aide à mieux s’organiser : Demain je lis le document n°1 en entier et je le résume. Si je suis motivée je vais en faire plus, mais si je ne le suis pas, j’ai un objectif tout à fait atteignable. Un plus jeune élève pourra se dire qu’il fera ses devoirs en rentrant avant de regarder la télé pour se motiver.

Toutes ces stratégies aident à penser que l’on contrôle son apprentissage et ce sentiment de liberté est très utile dans tout ce que nous entreprenons…

1. Boekaerts, M., (2010). Motivation et émotion : deux piliers de l’apprentissage en classe. Comment apprend-on ? La recherche au service de la pratique, 97-117.

Et pour terminer en musique, je vous propose Jacob Bellens avec Untouchable

La Mémoire

Je suis en retard dans mes cours et nous devions étudier la mémoire, ce que je n’ai fait que partiellement. Du coup je vais me replonger dans le fichier reçu et vais vous en parler.

Quand on parle de mémoire, on ne sait pas qu’il en existe en fait plusieurs. Déjà, la mémoire à court terme. On veut noter un numéro de téléphone dans son agenda. On se le répète en boucle pour ne pas l’oublier jusqu’à ce qu’il soit noté. C’est la mémoire à court terme. Elle s’efface très vite.

Pour la mémoire à long terme, il y a celle qui est explicite, à savoir que nous pouvons expliquer. Dans la mémoire explicite, j’appelle la mémoire épisodique. Je peux vous raconter le film les 7 Mercenaires vu vendredi au cinéma. J’y suis allée seule et nous étions deux dans la salle. J’ai passé un bon moment. Ensuite je me suis promenée dans les magasins du centre commercial puis j’ai fait une partie de mes courses. Après je suis allée sur France terminer mes courses et je suis rentrée, j’ai promené mon chien, etc…

Dans la mémoire explicite, il existe également la mémoire sémantique. Je suis allée au cinéma cette année voir Good Luck Algeria. J’avais bien aimé. Je ne sais plus si nous étions nombreux dans la salle ni ce que j’ai fait du reste de ma journée. J’ai oublié les circonstances. Mais je sais que la salle de cinéma se trouve au centre commercial de Balexert. En gros, l’espace et le temps sont oubliés. C’est normal, je ne souffre pas d’un problème quelconque.

Dans la mémoire à long terme, il y a également la mémoire implicite. Ce que nous nous remémorons sans nous en rendre compte. Nous avons là la mémoire procédurale. Vous savez conduire ? Oui ? Vous réfléchissez à tout ce que vous faites en conduisant ? Genre, hou, comment fait-on pour changer de vitesse ? Ah, je dois appuyer sur une pédale en même temps non ? Bref, c’est fait automatiquement. Idem si vous faites du vélo. Vous avez appris à faire du vélo sans les petites roues. A présent c’est un automatisme. Quand vous mangez, vous savez tenir vos services sans vous concentrer, etc…

Et il y a également le priming dans la mémoire à long terme. Si j’écris “Coca Co” vous devinez la fin. Votre mémoire travaille sans que vous en preniez conscience.

Je continue ou je vous ai déjà perdu ? Parce que là je n’ai parlé que de ma première page…

Sautons à la quatrième… Il existe une classification des troubles de la mémoire. C’est émotionnel ou plus grave ? Où se trouve la lésion ? C’est la mémoire ancienne (retrograde) ou nouvelle (antérograde) qui est touchée ?

Les syndrômes amnésiques : impossible de former de nouveaux souvenirs (mémoire antérograde) et pourtant la personne peut encore parler et se déplacer normalement. Elle garde généralement ses souvenirs d’avant la lésion. Son hippocampe est abimée et ne traite donc plus les nouvelles informations. Le patient le plus célèbre est HM ou Henry Molaison. Vous trouvez plein de vidéos sur le net à son sujet.

Si l’on touche la mémoire du passé (mémoire rétrograde), le patient n’aura pas de souvenir sur un laps de temps qui peut s’étendre de quelques minutes à des années. Pour tester la mémoire dans ce cas-là il faudra interroger la famille afin de démêler la part du vrai et du faux car le patient répondra de manière vague voire erronée de façon involontaire.

Dans une vidéo que le prof nous a montrée, une patiente discute avec “son médecin” d’un problème de pied alors qu’elle est en rendez-vous pour ses problèmes de mémoire dont elle ignore totalement l’étendue. Le médecin quitte la salle et un nouveau prend sa place, nouveau qu’elle n’a jamais rencontré. Il la salue et la dame, très charmante, salue en retour. Il lui demande ensuite s’ils se sont déjà rencontrés au préalable. Ce à quoi elle répond “bien sûr” et précise l’endroit…Ce sont des souvenirs fabriqués. La patiente confabule.

Il existe différents tests pour mieux cerner le type de mémoire atteint. Par exemple :

  • Mémoire procédurale : test du tracé en miroir. Une étoile est dessinée et le patient voit le dessin reflété dans un miroir. Il doit repasser sur les traits. Cela demande un temps d’apprentissage. Quelqu’un avec un déficit dans la mémoire procédurale sera incapable d’apprendre à coordonner ses mouvements en regardant dans le miroir.
  • Mémoire de primauté : le patient doit se souvenir d’un mot par exemple “tapioca”. Cinq minutes après il aura oublié le mot. En revanche, si on lui demande de nous donner un mot débutant par “tap” il répondra “tapioca” alors qu’une personne sans trouble dira plus facilement “tapis”. Il reste donc une trace dans la mémoire du patient.

Tout ça pour dire que notre mémoire est vraiment complexe et qu’avec l’âge, ce sont les connexions entre nos neurones qui diminuent et expliquent pourquoi nous avons tant de difficulté à retrouver des mots que nous avons sur le bout de la langue. Les mots sont toujours présents dans la mémoire mais les routes pour y parvenir sont coupées et il faut prendre des détours alors que dans le cas d’une perte de mémoire c’est la mort de cellules. Les mots sont effacés.

Une émission qui traite du sujet : https://www.rts.ch/emissions/36-9/3981100-quand-la-memoire-se-trouble.html

Et pour terminer en musique je vous propose Madrugada avec Majesty. C’est une chanson qui date de 2002 mais que j’ai entendue pour la première fois tout récemment. J’adore 😍

 

 

Je vois ce que mon cerveau veut bien analyser

Bon alors comme mes cours approchent, il faut que je révise un minimum ce que j’ai lu sur le cerveau et la vue plus particulièrement. Quels sont les problèmes que l’on peut rencontrer ? Je ne parlerai pas de myopie ou presbytie qui n’est pas au programme et dont le problème est situé sur l’œil même. L’ennui c’est que je ne sais pas par où commencer… Si je vous dis que les yeux sont à l’avant du cerveau (ah oui ???) et que le traitement de ce que l’on voit se déroule à l’arrière du cerveau (lobe occipital), ça vous fait de belles jambes. Il peut survenir des lésions sur tout le trajet entre l’arrière des yeux jusqu’à l’endroit du traitement de la vue. Et les résultats diffèrent en fonction du lieu desdites lésions. Voilà à peu près tout ce que je suis capable de raconter sans mes notes. Même si je sais qu’il existe une voie ventrale qui analyse les objets et une voie dorsale qui traite les mouvements. Une lésion sur les zones v1 et v2 (situées à l’arrière du cerveau, dans le cortex occipital) a un spectre plus large que la zone v4 par exemple, qui elle traite de la couleur. Bon je vais chercher mes notes et je reviens afin de mieux vous expliquer ce qui est passionnant…

Alors comme je le disais, le cortex visuel est formé de parties. La région v4 traite les couleurs, la v5 détecte les mouvements et la v3 analyse les formes en mouvement. Les régions v1 & v2 séparent ces trois processus.

Quelqu’un qui a une lésion dans la région V4, verra le monde en noir et blanc (vidéo intéressante sur youtube : island of the colorblind avec Oliver Sacks).

Quelqu’un avec une lésion en V5, ne perçoit pas les mouvements. La personne aura de la peine à se verser une tasse de café par exemple car elle ne voit pas le liquide tomber…ni sa tasse se remplir. Elle sera incapable d’éviter une boule de neige puisqu’elle ne la verra pas arriver.

Quelqu’un avec un lésion en V1 agira comme si elle était aveugle alors que le traitement visuel se fera encore dans une certaine mesure. La personne évitera un objet sur son chemin alors qu’elle ne le voit pas consciemment. (Excellente vidéo . En plus le neurologue c’est mon prof. Si vous n’avez pas accès, un petit VPN devrait vous aider).

Les processus visuels continuent au-delà de ces cinq régions. Je n’entre pas dans les détails, j’aimerais que vous continuiez à lire. Je peux encore vous dire que vous pouvez avoir une région qui ne voit pas. Par exemple vous avez comme une tache sur ce que vous voyez et d’un seul côté (si vous fermez l’oeil droit par exemple, vous voyez bien sans tache). Ceci est une hémianopsie nasale. Il existe plusieurs sortes d’hémianopsies.

L’agnosie visuelle des objets empêche une personne de reconnaître des objets. Par exemple une personne à qui on montre une tasse aura de la peine à l’identifier. Elle saura la reconnaître au toucher éventuellement. En aucun cas reconnaitra-t-elle une tasse dessinée. Pourtant, sa main s’adaptera automatiquement à l’objet lorsqu’elle s’en approchera pour le saisir.

Une autre personne saura reconnaître et nommer la tasse…mais sera incapable de la saisir. Elle pourra pointer l’objet du doigt mais c’est tout.

Simultagnosie. Une personne ne pourra voir deux objets en même temps. Vous placez une paire de lunettes et une tasse l’une à côté de l’autre, elle verra ou l’une ou l’autre. Ce problème survient surtout lors d’un empoisonnement au monoxyde de carbone.

Prosopagnosie Impossibilité de reconnaître les visages. Que se soient les visages familiers, des vedettes ou son propre reflet dans le miroir. Si un visage porte une marque particulière comme une cicatrice par exemple, la personne sera identifiée grâce à ce trait. Évidemment que si la personne parle elle sera identifiée.

Agnosie visuospaciale Impossibilité de reconnaître son environnement.

Je trouve vraiment intéressant de savoir que nos yeux voient correctement et que pourtant, le traitement ne se fait pas dans certains cas. Il existe plein de vidéos sur le sujet sur internet mais malheureusement elles sont essentiellement en anglais.

Et pour terminer en musique comme aucune des chansons auxquelles je pense n’est disponible en vidéo, rien de tel qu’un bon vieux Muse avec Bliss