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Reprise générale

Ce lundi 8 juin, c’est la fin des reprises. En fait, tout le monde, ou presque, a repris ses activités. Ce matin, les étudiants des écoles post-obligatoires se rendent à nouveau à l’école. Ca va être la cohue partout, en plus, comme il y a des embouteillages à Nyon pour cause de travaux, je pars un peu plus tôt.

Je suis surprise de constater qu’il y a moins de trafic à l’heure de pointe que dans la matinée et aucun embouteillage. J’arrive donc en avance sur le quai de la gare où je retrouve avec plaisir mon neveu. Son train arrive, je décide d’effectuer le trajet avec lui puisque je suis là. Mon train n’arrive que huit minutes plus tard. La différence est que le mien est un direct tandis que celui-ci s’arrête dans plusieurs gares avant d’arriver à Lausanne.

Là encore, grande surprise, ce train est généralement bondé et c’est loin d’être le cas aujourd’hui. Tant mieux pour nous, personne ne vient s’asseoir vers nous et nous pouvons discuter tranquillement. Mon neveu m’explique que seule la moitié de sa classe va étudier ce lundi. L’autre moitié ira lundi prochain pendant que lui se rendra à son travail (il est en apprentissage). Il s’énerve car ils ont reçu plein d’instructions sur la façon de se comporter une fois sur place : suivre les flèches, bien respecter les portes « entrée » et « sortie » afin d’éviter de croiser d’autres personnes. Une fois en classe, les élèves sont tous séparés de deux mètres. Les pauses doivent avoir lieu au sein de la salle, les sorties sont interdites durant la journée. L’enseignant est tenu de porter un masque et des gants en permanence mais pas les étudiants. On rigole de ces incohérences qui pullulent un peu partout. On se souhaite une bonne journée, il se dirige vers son bus et moi vers le métro.

J’ai retrouvé un métro bondé, seuls 2-3% des gens portent un masque. Un message au sol nous rappelle que nous devons garder nos distances. Je lis ça alors qu’un sac à doc est pressé contre mon visage et les hauts-parleurs balancent en boucle un message nous encourageant à porter un masque. Personne ne réagit, tout le monde s’en moque. La vie a repris son cours, le virus n’est qu’une parenthèse que les gens se sont empressés d’oublier.

Et pour terminer en musique, je vous propose Lenny Kravitz avec Ride

Je pleure…

Le monde dans lequel on vit est vraiment moche. La haine de l’autre prend de plus en plus de place. Le décérébré orange est une menace pour la paix. Il hait tellement de monde ! C’est impressionnant autant de hargne chez une seule personne. Le problème c’est que cet atrophié du cerveau a beaucoup de pouvoir et les haineux comme lui sont tout contents d’avoir enfin quelqu’un qui les soutient. Ce qui se passe aux Etats-Unis en ce moment est triste. Peut-être que c’est une bonne chose que les gens ne se voilent plus la face, qu’ils réalisent que le racisme est bien présent et que les violences policières à l’encontre des noirs est une réalité. Il ne reste qu’à espérer que tout cela permettra de changer les choses dans le bon sens. Mais nous ne le saurons qu’avec le temps. En attendant, il y a ces milliers d’hommes et femmes qui protestent pacifiquement et se font tirer dessus des balles en caoutchouc ou reçoivent des bombes lacrymogènes, les journalistes se font arrêter parce qu’ils racontent ce qu’ils voient. Les titres de journaux deviennent un peu plus explicites : finies les circonvolutions. Comment cela va-t-il finir ?

Et pendant ce temps, en Suisse, un article dans la revue scientifique 20 Minutes traite du fait que la signalétique pour l’interdiction de fumer dans les gares n’est pas très claire et que beaucoup de gens continuent donc à fumer n’importe où. Dans les commentaires, un lecteur s’indigne : « On est bientôt dans une dictature ! »

Pour terminer en musique, je vous propose les Pet Shop Boys avec Suburbia

Vite vite vite

J’ai entendu des gens dire que la vie ne serait plus jamais comme avant, et d’autres prétendre que tout reprendrait comme avant. Il est sans doute encore trop tôt pour le savoir mais une chose est sûre, il faut faire preuve de patience en ce moment.

On ne peut plus dire : je vais vite à la poste, je vais vite acheter du PQ, je vais vite à la bibliothèque. Ça, c’est fini ! Du moins pour l’instant. Parce qu’une fois devant l’enseigne souhaitée, il faut pouvoir y entrer. En plus, il faut tenir compte du temps extérieur !

Pour les petits commerces qui donnent directement sur la rue, une fois devant la porte, un panneau indique en général : « Seuls 2 clients à l’intérieur en même temps. Merci de patienter dehors ». Dehors, oui ! On ne peut plus aller vite s’abriter dans le magasin s’il pleut. Non, il faut attendre sous la pluie le droit de pouvoir entrer. Et si vous voulez entrer au McDo, l’attente peut être longue !

Dans les centres commerciaux, le temps extérieur importe peu. En revanche, entrer dans son magasin préféré peut s’avérer un poil plus compliqué la première fois que vous affrontez ces nouvelles conditions. L’entrée par laquelle vous aviez l’habitude de passer est à présent une sortie uniquement. Vous cherchez alors au sol une petite flèche qui vous indiquerait où vous rendre. Sinon, vous regardez à hauteur d’yeux jusqu’à ce que vous repériez la flèche bleue qui va peut-être vous permettre d’entrer.

Peut-être, car une fois vers ladite flèche, un panneau vous informe que vous n’avez le droit de pénétrer dans les locaux qu’une fois munis d’une carte d’accès. Vous regardez autour de vous. Il faut faire partie d’un club à présent ? C’est entrée sur inscription uniquement ? Soudain, une vendeuse s’approche et vous tend le précieux sésame. Mais attention : si vous pensiez pouvoir enfin entrer, vous avez tout faux. « Seules les personnes munies d’un masque peuvent arpenter les allées du magasin » vous assène la dame. Si vous n’en possédez pas, tant pis, l’entrée vous sera refusée.

Vous décidez alors de vous rendre au supermarché. Suivez les flèches. C’est comme sur les circuits pour enfants avec des petites routes et différents panneaux pour apprendre les rudiments de la circulation. Mais là c’est pour apprendre aux adultes à respecter les distances de sécurité et vous marchez dans un centre commercial. Comme il y a beaucoup d’enseignes, il y a également plusieurs petits chemins et à un moment donné vous avez même droit à un panneau qui indique : « Cédez le passage ».

Non, si vous êtes pressés, inutile de vous rendre dans un commerce quelconque. Faire vite est devenu impossible. Préparez votre liste d’achats à l’avance afin d’être sûr de ne pas avoir à tout recommencer le lendemain et surtout, prévoyez du temps.

Et pour terminer en musique, je vous propose Editors avec From the Outside

 

L’hobby

Le conseil fédéral vient d’annoncer les nouvelles mesures qui vont entrer en vigueur dès le 11 mai et je suis très fâchée. En gros, malgré les belles paroles de notre gouvernement, tout reprend comme avant. Enfin, presque…

Les jardins botaniques ne rouvrent pas. Bah non, des fois qu’on irait tous s’amasser là-bas ! Et pis, on peut pas contrôler la circulation de l’air sur place. Contrairement aux musées qui eux peuvent ouvrir à nouveau. Là on peut augmenter ou diminuer l’air conditionné afin de mieux suivre la direction des gouttelettes que nous émettons.

Pour les restaurants, on peut se retrouver quatre personnes par table. Youpie. Pour autant que les tables d’à côté se trouvent à deux mètres. Les serveurs n’ont pas besoin de porter de gants ou de masques. Les éventuels postillons sur la nourriture ne sont pas importants. En revanche, aux étudiants qui souhaitaient retourner à l’uni, ça n’est pas possible. Les postillons qu’ils émettent étant sans doute trop puissants. En effet, seules cinq personnes sont autorisées par salle. Quand on voit la taille de certains auditoires, il y a de quoi se poser des questions.

Les masques ? Pas obligatoires. Nulle part…sauf chez le coiffeur. Il est strictement interdit de se rendre chez le coiffeur si l’on ne porte pas de masque. Mais vous pouvez tousser librement sur vos voisins dans les transports en commun, coincés les uns contre les autres.

Attention : il est toujours interdit de se réunir à plus de cinq personnes et à part pour aller bosser et dépenser nos sous, il faut continuer à rester chez soi. Faire une bonne bouffe à la maison avec les amis ? Nein !

Bref, je suis fâchée, j’ai l’impression qu’on nous prend pour des cons. Soit ce virus est dangereux et on est partis pour voir une flambée de malades très vite, soit on nous a menti et du coup, arrêtez de nous parler de cette distance de sécurité qui n’a lieu que sous certaines conditions un peu vague…

Et pour terminer en musique, je vous propose The S.L.P. avec Lockdown

Polémique

Les Suisses-Allemands pensent que les Romands sont de gros fainéants : il faut aller travailler ! Les Romands pensent que les Suisses-Allemands sont inhumains : il faut penser à la santé de la population. Et comme mon exemple des magasins de bricolages a fait parler, je vais le reprendre.

Le gouvernement nous prie de bien vouloir rester chez nous pour lutter contre le virus. Contrairement à la France, nous avons le droit de sortir du moment que nous gardons les gestes barrière. Toutefois, il est vivement recommandé de rester chez soi. La reprise ? C’est beaucoup trop tôt, s’insurgent les Romands. La distance sociale va être impossible à respecter, il faut encore attendre un peu que la propagation du virus diminue. Et pourtant, dès qu’un magasin ouvre (vite, allons acheter des clous et des géraniums), les gens s’y précipitent sans masque et sans respecter les distances de sécurité. Les Suisses-Allemands auraient-ils raison ? Le peuple roman serait-il en fait un gros fainéant, égoïste de surcroit ? Il veut être payé, ne pas devoir se rendre au travail, et profiter de ses journées comme il l’entend ?

Je suis romande et je pense à la santé des autres donc je peste quand les gens ne respectent pas les distances de sécurité. Néanmoins, il y a de quoi se poser des questions parfois. La poste dit ne pas arriver à suivre dans la livraison des nombreux colis ? « Les facteurs sont de grosses feignasses qui rêvent de rester à la maison ». Les caissiers se plaignent de leurs conditions de travail ? « Ils devraient être contents, ils ont au moins du boulot » ! Voilà le discours ambiant. En fait, j’en viens à me demander si la population francophone n’est pas juste très égoïste. Pour preuve, ce commentaire lu je ne sais plus où qui disait en substance : « J’espère que les ouvriers vont réparer les routes pendant qu’on est chez nous et pas qu’ils nous fassent ch… durant l’été quand on veut prendre la route ».

Pas de télé-travail pour moi, je continue à effectuer les trajets pour me rendre au boulot. Je suis peut-être un poil Suisse-Allemande…

Et pour terminer en musique, je vous propose Woodkid avec Goliath

Reprise

Ce lundi, en Suisse, certains indépendants peuvent reprendre le travail.  Je lis que de nombreux contrôles auront lieu sur les places de travail afin de s’assurer que les mesures de sécurité sont respectées. Et s’il y a foule dans les transports publics on fait quoi ? On renvoie les gens chez eux ? Cet aveuglement sélectif m’agace. Il est bien connu que les gens se rendent au travail par téléportation 😡.

Heureusement, la foule n’est pas encore dans les transports publics et c’est tant mieux (en fait, la majorité des commerces reste fermée). Non, elle est dans les magasins de bricolage ! Ces derniers ont rouvert et les gens se sont agglutinés devant les portes jusqu’à trente minutes avant l’heure d’ouverture selon certains journalistes. On ne peut plus acheter trois vis et c’est la fin du monde, c’est bien connu !

J’avais lu qu’en Chine, au déconfinement, la population s’était précipitée chez Hermès qui avait battu des records de ventes. Çà m’avait sidérée. Après deux mois d’enfermement c’est tout ce qu’ils ont envie de faire ? Dépenser des sous dans une marque de luxe ??? Je constate qu’en Suisse on ne vaut guère mieux. On va vite acheter un marteau et trois plantes vertes…Hermès étant encore fermé. Pour ceux qui pensaient que la vie allait changer, il faut se rendre à l’évidence. Les dépenses pour des objets non essentiels vont reprendre comme avant. La question que je me pause : mais d’où sort tout cet argent puisqu’on nous répète en boucle que les gens n’ont plus un sou ?

Et pour terminer en musique, je vous propose quelque chose que j’ai sans doute déjà mis plusieurs fois mais que j’adore et comme j’ai besoin d’un peu de douceur, ça passe bien. Et écoutez cette voix ! Icehouse avec Hey Little Girl

Restez chez vous !

J’étais au téléphone avec une copine qui m’expliquait que c’était difficile de ne pas voir sa famille. Ils sont très soudés et là ils doivent se contenter d’apéritifs par Skype. Je la comprends et comme je sais que c’est une période difficile j’essaie d’appeler la famille et les copines. Ça doit être mon côté psy puisque personne ne pense à prendre de mes nouvelles. J’ai la chance d’aller promener le chien tous les jours en fin de journée avec ma copine Jeanne dont le chien s’entend bien avec le mien. Ça me permet au moins de parler avec quelqu’un d’autre que mes animaux. Et tous les jours on s’énerve contre tous ces gens qui arrivent en voiture et découvrent la campagne. Il n’y a jamais eu autant de monde dans les vignes autour de chez nous.

Je comprends que toutes ces personnes aient besoin de prendre l’air mais qu’elles le fassent près de chez elles et surtout, qu’elles gardent les distances de sécurité ! Elles doivent penser se trouver en sécurité à la campagne car personne ne s’écarte. Et que l’on rejoigne sa résidence secondaire à Pétaouchnok ou qu’on aille se ressourcer à la campagne, c’est kif kif. On reste chez soi pour éviter au maximum la transmission du virus un peu partout.

Quand ma maman m’explique qu’elle veut se rendre chez ses sœurs juste à côté de chez elle, je m’énerve. Je lui rappelle qu’elle doit rester chez elle. Elle peut leur parler dehors, chacune dans son jardin et à deux mètres de distance. On ne va pas les uns chez les autres. Même si on reste sur la terrasse. Dehors ou dedans, le virus guette. J’appelle ma sœur pour lui dire que ça m’énerve et elle me répond : « Oh, je la comprends, c’est normal. Elle peut y aller en faisant attention ». Mais c’est quoi que les gens ne comprennent pas ?!

Il fait beau, les oiseaux chantent et la température remonte. C’est agréable. La parking visiteurs chez moi est très occupé. Plusieurs voisins reçoivent de la famille et/ou des amis. J’ai envie de hurler. Jeanne entendait ses voisins qui avaient un membre de la famille en visite. Ils étaient surpris de constater que le virus arrivait car ils pensaient que leur maman était touchée. Ils vivent sur quelle planète ? Je croise Marion sur le parking qui s’exclame en voyant une voiture arriver avec trois personnes à bord : « Oh, c’est le copain de ma fille. Apparemment il vient passer le week-end à la maison. Mais il fait super attention, il est étudiant en médecine ». S’il faisait vraiment attention, il resterait chez lui. 😡

Bref, je suis fâchée de ce laxisme dans la population voire cet égoïsme. Alors quand ma maman m’a envoyé un message pour me dire que ma sœur et ma nièce étaient allées la trouver, ça n’a pas aidé mon humeur à s’améliorer.

Et ça ne sert à rien d’applaudir tous les soirs les soignants si vous êtes incapables de respecter ce qu’ils vous demandent : RESTEZ CHEZ VOUS et lavez-vous les mains…

Et pour terminer en musique, je vous propose The Unlikely Candidates avec Invicible

Adieu veaux, vaches, cochons…

Tout a changé, il n’y a quasiment plus personne dans les rues et les magasins sont fermés. Je ne peux plus observer le comportement des gens pour m’adapter, puisque je suis seule dans le train par exemple. Lorsque je suis allée au magasin, je savais que l’on ne pouvait plus y entrer comme d’habitude. J’ai voulu regarder comment faisaient les autres mais ils étaient aussi perdus que moi. Par moments, j’avais envie de pleurer et je ne comprenais pas pourquoi. A présent, je sais. C’est un article de NPR qui m’a donné la réponse.

En fait, comme l’explique un psychologue, c’est comme si nous étions en chute libre, que tout sur quoi nous pouvions nous appuyer s’est effondré. La peur de la mort est très présente puisque chaque jour on peut trouver le nombre de personnes décédées à la suite du Coronavirus mais il y a également la mort au sens plus large, c’est-à-dire la mort de ce que nous avions pris pour acquis. Nous sommes en deuil. Plutôt que rester hébétés dans notre coin, ressentir de la rage, de l’anxiété, ou un sentiment d’impuissance, il faut reconnaître et accepter toutes ces émotions qui nous assaillent. Oui, nous avons perdu quelque chose, ou pire, quelqu’un. Il est important de l’accepter. Dans l’article, plusieurs exemples sont donnés :

La séparation d’avec ses amis, sa famille. On ne se touche plus, on ne se fait plus la bise (ça c’est une bonne chose), on se tient éloignés. Les habitudes ne sont plus ! Fini d’acheter le journal au kiosque sur le chemin du travail, fini le café à l’emporter, fini la pause prise entre collègues. Même à la maison, sommes-nous bien en sécurité ou avons-nous importé le virus ? Et notre gouvernement, est-ce qu’il met notre bien-être en première place ?

Quatre façons d’agir pour faire face à ce deuil nous sont proposées :

1. Communiquer, raconter, parler avec les autres, ne pas tout garder pour soi. Heureusement, il existe le téléphone ou les réseaux sociaux.

2. Méditer. Il existe plusieurs vidéos explicatives sur internet pour ceux qui ne connaissent pas de techniques.

3. Ecrire, créer. Tenez un journal intime ou lancez-vous dans le dessin, le chant, la musique. Peu importe le moyen choisi, il suffit de trouver ce qui vous convient le mieux et qui est accessible.

4. Etre ouvert à la joie. « Rire, c’est bon pour la santé ».

Si vous peinez à sortir du lit, n’avez plus goût à rien, à présent vous savez pourquoi. Cet état est normal. Observez ces émotions qui vous submergent, acceptez-les et alors vous pourrez panser vos blessures.

Et pour terminer en musique, je vous propose Major Lazer feat. Marcus Mumford avec Lay your Head on Me

Les gens sont raisonnables…ou pas.

J’ai tenté à nouveau la sortie au supermarché. En fait, j’avais prévu de faire mes courses le jeudi dans le magasin près du boulot mais la dame à qui j’ai proposé mes services m’a envoyé sa liste de courses ce mercredi. Comme je ne travaillais pas, j’y reviens plus bas, j’ai décidé de me lancer le défit « courses sans stress » dans l’après-midi.

Je n’ai pas choisi la toute grande surface mais la taille en-dessous. A mon grand soulagement, nul besoin de faire la queue pour entrer, nous sommes peu nombreux. Malgré cela, il est très difficile de garder une distance de sécurité car une grande majorité des gens s’en contre fiche. C’est à pleurer. Mais ces mêmes personnes portent presque toutes…des gants ! Elles doivent penser que ça les rend invincibles.  Je n’ai pas trouvé tout ce qu’il y avait sur mes deux listes (toujours pas de levure) mais dans l’ensemble je suis assez satisfaite.

Depuis ce mercredi, je travaille en alternance avec ma collègue. Me voilà soulagée. Nous partageons un bureau où il n’est pas possible de garder la distance réglementaire et ça commençait à m’agacer. Voilà qui est réglé. De plus, les horaires sont réduits donc je n’ai plus besoin de me déplacer aux heures de pointe. Je peux garder mes distances avec les gens dans le métro et j’ai droit à un wagon pour moi toute seule dans le train. Il ne reste plus que le problème des courses à régler et ça, ce n’est pas gagné d’avance.

Je me rends compte que les gens n’ont pas encore compris à quel point il est important de respecter les mesures de sécurité. Tous les soirs, lorsque je rentre, je vois tous les gamins du village réunis pour jouer. J’ai une forte envie d’aller taper leurs parents. Le pire ? Cette famille qui n’habite plus ici et est venue en balade avec junior (14 ans) pour que ce dernier puisse jouer un moment au foot avec ses amis. Aller promener mon chien sans croiser des gens ? Difficile, ils arrivent tous en voiture pour aller se balader et ne s’écartent pas pour garder une distance raisonnable quand on se retrouve face à face. Je désespère. J’ai appris qu’une personne avait été testée positive dans mon village. Il faudrait peut-être l’afficher en gros un peu partout pour que les gens comprennent enfin que non, les malades c’est pas juste à la télé mais à côté de chez vous. Peut-être même votre voisin !

Et pour terminer en musique, je vous propose Gorillaz avec Clint Eastwood

Comment ça va ?

Gare de Lausanne jeudi matin heure de pointe

On vit une époque bien étrange. L’incertitude prime et étonnamment, ce n’est pas ce qui me stresse. Je rêve d’être confinée, pouvoir rester dans mon nid, mais je dois faire acte de présence pour une raison qui m’échappe. Cela fait deux heures que nous sommes au travail avec ma collègue et nous n’avons vu encore personne, Après cinq heures de présence, nous en sommes à cinq clients en tout (compter environ deux minutes par client, je vous laisse calculer notre taux d’occupation). Les journées sont longues et monotones. En même temps, je culpabilise de me plaindre. Le soir, en me rendant à pieds à la gare, je vois toutes ces rues vides, ces commerces fermés et je ressens une forte envie de pleurer. Quel gâchis ! Combien de personnes vont se retrouver dans une situation catastrophique, même sans tomber malades ?

Gare de Lausanne – passage sous voies – jeudi soir heure de pointe

Puis je lis que dans certains endroits des personnes censées rester chez elles se retrouvent en groupe dans les parcs ou sur les quais, les plages. C’est indécent. Un tel égoïsme. Du travail supplémentaire pour les soignants qui vont vite être surchargés et des morts que l’on aurait pu éviter. Après je jette un coup d’oeil sur ce qui se passe aux Etats-Unis et je me dis qu’ils sont très mal barrés là-bas. Tout n’est que politique : vivent les riches, les autres peuvent crever. « That’s life » comme dit leur crétin en chef.

Je veux pouvoir rester dans ma bulle et en même temps j’ai la chance de pouvoir sortir. Sortir pour me rendre au travail, profiter des rues désertes. Sortir durant ma pause, faire quelques pas et ne croiser que quelques rares individus. Je vis sur la planète Catastrophe et seuls quelques survivants arpentent encore les chemins. On se regarde tous du coin de l’œil, persuadés que l’autre possède le poison mortel. Il faut donc se tenir éloignés.

J’ai beau garder ma routine, j’ai quand même l’impression que tous mes repères ont disparu. J’observe ce qui se passe, cherche mes nouvelles marques. Je sais me débrouiller, je n’ai pas peur de m’adapter. Ce qui me stresse, c’est cette ambiance pesante et cet ennemi invisible. Je veux rester dans mon nid, là au moins je me sens bien. Vivement ce soir, je vais pouvoir m’enfermer durant trois jours, et sans culpabilité cette fois !

Et vous, comment vivez-vous cette période ? Quels sont les sentiments que vous ressentez ? Racontez-moi, je suis curieuse.

Et pour terminer en musique, je vous propose Nothing but Thieves avec Is Everybody going crazy ?