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Cobayes

Mon niveau de patience est proche du néant. Dès qu’on m’adresse la parole, je réfléchis à comment faire taire la personne. On me pose une question sur WhatsApp, Skype ou autre ? Fichez-moi la paix, laissez-moi en compagnie de ma mauvaise humeur. Et tout d’un coup j’ai pensé : « Mais comment vais-je faire demain soir si je ne supporte rien ? » Parce que j’ai mes entretiens psychologiques pour les cours où j’ai une patiente, mais j’ai également des entretiens à côté, avec ma « cobaye » actuelle. Et je réalise que dans ces circonstances, ça change tout.

En effet, lorsque je suis face à mes patientes, mon stress se transforme. Je passe de « je suis nulle », « je n’y arriverai jamais », « tout m’énerve » à « comment faire pour aider au mieux cette personne ? » Bien entendu, je suis stressée car je dois me concentrer sur ce que me dit la personne, réfléchir à ce que cela implique, comment orienter la conversation, faire attention à ne pas apporter mes soucis, rester neutre, ressentir de l’empathie et le montrer, penser aux théories apprises et tenter de les mettre en pratique, observer le langage non verbal, etc. Je ressors épuisée de ces entretiens, mais quel pied !

Durant ces quarante-cinq minutes, j’oublie qui je suis. Je suis à l’écoute d’une autre personne qui vient avec ses propres problèmes. Je l’accompagne dans ses réflexions, je lui montre ses divergences lorsqu’il y en a, je l’aide à prendre conscience de ses nombreuses ressources. Ça ne m’empêche pas de douter énormément de moi et pourtant, je constate que mes patientes progressent dans leurs objectifs, je les vois sourire, être fières d’elles. Peut-être que je suis quand même un peu compétente, que j’y arrive gentiment et qu’au final, j’ai trouvé quelque chose qui ne m’énerve pas, loin de là.

Il ne me reste « plus qu’à » oser chercher de nouveaux « cobayes »…

Et pour terminer en musique, je vous propose Sfven avec Paranoid

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Quelle est ton odeur ?

Ce samedi j’avais les cours toute la journée. Durant la matinée, nous avons parlé des émotions et des facultés sensorielles. Notre odorat nous apporte beaucoup d’informations de façon inconsciente. Deux anecdotes que j’ai retenues, peut-être parce qu’elles ont été dites en fin de cours et que je commençais enfin à me réveiller.

La première parlait des phéromones. Il faut savoir que les humains y sont insensibles ou du moins il n’a pas été prouvé que les phéromones agissaient sur les humains. Ce qui veut dire que lorsque vous lisez qu’un tel parfum ou déodorant va attirer les personnes du sexe opposé, ce sont des foutaises. En revanche, certaines phéromones (dont je n’ai pas retenu le nom) sont parfois ajoutées à ces parfums aux slogans aguicheurs. Mais il faut savoir que lesdites phéromones ont un effet…sur les cochons. Evitez donc de vous promenez dans une ferme si vous tentez d’aguicher le mâle ou la femelle humaine avec de tels parfums.

La deuxième anecdotes est plus singulière. Lorsque vous serrez la main de quelqu’un, peu de temps après, et de façon totalement inconsciente, vous allez porter votre main à votre nez. Les chercheurs n’ont pas encore identifié ce que l’odeur de l’autre déposée sur notre main nous apporte. Cependant, ils ont noté qu’une majorité de personnes agissaient de la sorte, il doit donc y avoir une explication.

Autre cours intéressant du jour : nous avons étudié les problèmes du sommeil chez les enfants. Super intéressant. Nous avons dû fermer les yeux et imaginer que nous étions au lit. Nous avons alors écouté durant trois minutes les pleurs enregistrés d’une petite fille et nous devions dire si nous estimions qu’il fallait nous lever et aller voir ce qui se passait. L’enseignant nous a donné ensuite quelques explications sur ce que la fille avait et nous avons alors visionné les trois minutes de vidéo où l’on voit pleurer la fillette avec en tête les explications que nous venions de recevoir. Super intéressant. En fait, il s’agit d’un enfant qui s’endort et qui cherche des moyens de se calmer, ce que l’on voit grâce à la vidéo. Si les parents interviennent, l’enfant ne peut pas trouver ce qui lui convient pour s’endormir et pleurera systématiquement.

Entre les cours du matin et ceux de l’après-midi, Patricia avait suggéré que nous mangions au restaurant plutôt que prendre notre pique-nique comme d’habitude. Nous étions quatre et c’était effectivement agréable comme coupure. Nous avons même pris un verre de vin pour fêter l’événement 🍷.

Plus qu’une journée de cours à la fin du mois et c’est la période des révisions avant les examens…

Et pour terminer en musique, je vous propose Morrissey avec I Thought You Were Dead

Procrastination

La procrastination est un sujet qui ressort beaucoup dans ma vie ces jours-ci. En plus, le New York Times publie un article là-dessus (pas sur ma vie, on est d’accord). Il y a une chose que je repoussais depuis plusieurs semaines, voilà qui est réglé aujourd’hui :

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Qu’est-ce qui a changé et m’a donné l’impulsion de passer le cap ? L’article du NYT  justement qui explique que la procrastination est une incapacité à gérer les émotions et humeurs négatives liées à une tâche, telles que l’ennui, l’anxiété, l’insécurité, la frustration, la rancoeur, le manque de confiance en soi, etc. En procrastinant, on gère de manière détournée, des émotions négatives. L’ennui, c’est que la tâche responsable de ces émotions ne va pas disparaître. Que lorsque l’on va enfin y faire face, tout revient à la surface et même de façon amplifiée parce qu’en plus, on culpabilise d’avoir repoussé cette activité.

Alors, qu’est-ce qui m’empêchait de clore définitivement mon compte FB alors que je n’y vais plus depuis quelques semaines ? La peur. De quoi ? De louper quelque chose. Et lorsque je me demande ce que je pourrais bien rater de si important, je ne trouve pas de réponse. L’angoisse suivante qui surgit : « Mais je vais couper les ponts avec certaines personnes ! » Il faut que je reconnaisse qu’ils sont déjà coupés depuis longtemps. En effet, à part commenter deux ou trois photos, il n’y a aucun véritable échange. Tout est superficiel. Pour l’angoissée sociale que je suis, c’est parfait. Sauf que je souhaite me sortir de cette phobie entretenue depuis bien trop longtemps. Alors voilà, je supprime mon compte FB. Je sens une pointe d’anxiété mais ce n’est pas grave, je l’accepte, elle va passer.

La prochaine fois que vous procrastinez, rappelez vous que vous tenter de fuir une émotion ou une humeur négative qui ne va pas pour autant disparaître. Elle va vous attendre bien sagement…

Et pour terminer en musique, je vous propose The Soup Dragons avec I’m Free

Thérapie

Voilà, la pratique en psycho a débuté. Nous travaillons par groupe de trois. J’ai commencé par être la patiente.

Ma psy est sympa. Elle va me suivre durant sept séances. Je devais fixer deux objectifs sur lesquels travailler. J’ai donc opté pour ma phobie sociale. Super, je vais enfin affronter mon problème. Sauf que j’avais oublié qu’un psy c’est chiant : une fois qu’elle a creusé pour fixer un but précis, je n’ai plus du tout aimé cet exercice 😂. Mes peurs sont sorties en nombre, je voulais partir et surtout, changer de sujet. Mais bon, elle était chou, elle a bien tenu compte de mes résistances. Il n’empêche que j’ai un téléphone à passer 😰.

Ensuite, c’était à mon tour de suivre une patiente. On commence par faire connaissance : Le but de la première séance est d’établir un lien de confiance et fixer des objectifs précis. Après une entrée en matière d’usage, on passe aux problématiques choisies par ma cliente. Autant son langage verbal que corporel étaient sur la défensive. Et c’est là que l’exercice est difficile mais passionnant : comment contourner ces peurs tout en avançant et en gagnant la confiance de ma patiente ? Evidemment que je me suis trouvée nulle dans l’exercice mais l’observatrice, qui rapporte ensuite ses remarques selon une grille de lecture, m’a assurée que je m’en étais très bien sortie. Ma patiente n’a pas été traumatisée dans l’exercice.

Enfin, j’ai pris le rôle d’observatrice. Et là c’est intéressant de pouvoir observer, justement, autant le psychologue que sa patiente. En effet, j’ai tout loisir d’analyser les efforts de la psy et les résistances de sa cliente. Et des résistances, il y en a. Je suis passée par là il y a un peu plus d’une heure, je connais. Mais les observer sans avoir à les contourner c’est très enrichissant.

Je me réjouis de notre prochaine séance et en même temps, beark, quel stress !

Et pour terminer en musique, je vous propose Bradley Cooper & Lady Gaga avec Shallow. Je suis un peu un retard avec tout le foin lié à cette chanson mais je n’ai vu le film que ce week-end…

Le Problème du trolley

Nous étudions à présent les émotions et la morale. Pour ce faire, nous travaillons avec le problème du trolley. Et dans la série The Good Place, ils en parlent (extraits en anglais).

Ci-dessous, l’explication :

Les freins du trolley ne fonctionnent plus. Ce dernier fonce sur cinq ouvriers. Mais le conducteur peut modifier la trajectoire et ne tuer qu’une personne. Les gens choisissent cette option. C’est moralement acceptable et surtout, il n’y a pas de force physique impliquée. Il suffit juste de pousser le levier qui contrôle la direction. En revanche, si vous êtes un passant, que vous voyez le trolley foncer sur les cinq ouvriers mais que si vous poussez une personne sous les roues, cette dernière se fera tuer mais vous sauvez les cinq ouvrier, il y a la force physique d’impliquée. Et cet acte est jugé moralement plus répréhensible.

Quand il y a un jugement moral personnel (je pousse la personne), la réponse vient rapidement. En revanche, dans les cas de jugement moraux impersonnels (modifier la trajectoire du trolley), le temps de réponse est plus long. Les processus cognitifs sont plus gourmands en énergie : on recherche le bien-être du plus grand nombre de personnes -> les conséquences de notre prise de décision doivent bénéficier le plus grand nombre. C’est un jugement utilitariste contrairement à la décision de pousser quelqu’un sous les roues qui est un jugement déontologique (je ne dois pas tuer) et émotionnel.

Ref. Piolat, A. & Latchimy, I. (2013). Cognitions et émotions morales : de l’intérêt des études exploitant le dilemme du trolley. Dans : Laurent Bègue éd., Psychologie du jugement moral: Textes fondamentaux et concepts (pp. 59-84). Paris: Dunod.

Et pour terminer en musique, mon côté midinette vous propose Bastille avec Grip (Alternative version)

Loneliness

Le New York Times indique dans un article, que la solitude est mauvaise pour la santé. L’homme est un animal social et l’isolation peut être un risque de décès prématuré. Il y a un sacré raccourci ici car ce n’est pas expliqué en quoi la solitude est mauvaise pour la santé. Mais passons.

Gretchen Reynolds, l’auteure de l’article, explique que le sentiment de solitude est un état d’esprit. Elle se réfère ensuite à une étude menée par l’université de Carnegie Mellon. Pour diminuer leur solitude, des sujets ont utilisé une application sur leur téléphone (je ne suis pas sûre que utiliser une application sur son téléphone soit ce qu’il y a de mieux. Je vais parler de l’utilisation des smartphones demain, toujours grâce à un article du NYT). Il s’agissait d’une méthode de Mindfulness qui aide la personne à prendre conscience de l’instant présent et des sensations ressenties. Mais en plus de cela, les personnes devaient formaliser à haute voix un « oui » pour signifier qu’elles ressentaient quelque chose et notaient une impression de sérénité. Et alors ?

Alors, il semblerait que prendre conscience de son corps, son ressenti, l’instant présent ne suffit pas. Il faut encore le formaliser à haute voix et le sentiment de solitude va tendre à disparaître. De plus, les personnes notent une amélioration dans leurs relations sociales. En effet, elles interagissent plus facilement avec les personnes qui les entourent après avoir utilisé l’application durant quelque temps tout en vocalisant un beau « oui ».

J’ai l’habitude de me parler à voix haute. Et j’ai constaté que quand un sujet me dérange, l’énoncer clairement et m’entendre le dire, ça diminue déjà mon stress et m’aide à mieux appréhender la chose. En gros, je me mens bien plus facilement dans ma tête car les raccourcis sont vite empruntés. Quand on s’exprime oralement, on ne le fait pas par mots-clés. Dire un « oui » pour reconnaître un ressenti est déjà un bon pas. Dire « je me sens bien » à haute voix ou même « là, je me sens tendue aux épaules » permet au cerveau de mieux traiter l’information et y faire face, l’accepter. Lorsqu’une personne se retrouve face à un psychologue, c’est finalement ce qui se passe; le psy aide son patient à prendre conscience de ce qu’il ressent et à le formuler.

Cet article me rappelle que je ferais bien d’énumérer également mes ressentis lorsque je converse avec moi-même. Je verrai si d’ici un mois je note un changement positif dans mon comportement. Et vous, est-ce que vous dites à haute voix « oh, quel moment agréable je suis en train de vivre, je me sens bien détendue… » ?

Et pour terminer en musique, je vous propose Enigma avec I Love you…I’ll kill you

 

 

Introversion

J’ai lu un article dans Time sur l’introversion et il me plaît bien. D’une part, parce que je suis une introvertie, et d’autre part, parce qu’il en dit du bien ! En plus d’écrire que les introvertis sont des gens parfaits, qu’explique-t-il 😇 ?

Les personnes introverties savent écouter les gens ! Même si, évidemment, j’ai tendance à dire que c’est vrai, il ne faut pas oublier qu’ils aiment aussi parler d’eux. Ou alors, ils utilisent un blog…

Ils pensent avant de parler. Ma soeur me reprochait de ne pas beaucoup parler quand on était avec du monde. Si je n’ai rien à dire de pertinent, pourquoi me forcer à raconter n’importe quoi ? Et comme me répétait ma maman, ma soeur explose tout de suite alors que moi, je prends mon temps, j’ajuste ma flèche, et quand je parle, je vise le coeur et ça fait mal. Bon, cet exemple n’est pas flatteur mais il confirme que l’introverti réfléchi avant de parler.

Ils sont observateurs. Je ne compte plus le nombre de fois où je devine ce qui se passe avant tout le monde. Je sais très vite quand quelqu’un va mal, même si cette personne se donne un mal fou pour le cacher. Bon, ok, il m’arrive aussi parfois d’être complètement aveugle !

Ils ont des amis de qualité. Vrai.

« They make loving romantic partners » Je ne sais pas comment traduire ça… « Ils font des partenaires amoureux » me dit Gougueule. Pas terrible comme traduction. Je ne peux pas demander confirmation à mon homme quand à cette assertion…faut d’abord que je fasse sa connaissance. On en reparle d’ici la fin de l’année ?

Ils créent des réseaux efficaces. Je pense que c’est lié aux caractéristiques ci-dessus.

Ils sont des chefs compatissants. J’ai été responsable d’une équipe par le passé, je ne pense pas mentir en disant que j’étais certainement une vraie peau de vache. J’espère avoir changé. Mais au rythme où ma vie professionnelle évolue, je suis bientôt laveuse de carreaux.

Et pour terminer en musique, je vous propose Dreamers avec Wolves (You got me)