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Dans le monde réel

Oui je tarde un peu dans mes interventions sur ce blog. Non pas que je sois débordée mais je suis épuisée. J’étudie ce semestre, dans les très grandes lignes, le burnout, le harcèlement et le mobbing. Le cours est plutôt succinct. Cependant, j’ai la chance de côtoyer ces jours une psychologue spécialiste dans ces domaines et je peux donc la bombarder de questions. De plus, elle m’a invitée à assister aux formations qu’elle donne sur ces sujets et j’ai également pu voir une victime de harcèlement témoigner de ce qu’elle a dû subir durant des années. Autant vous dire que tout ça me remue passablement.

Lors du témoignage de la victime, il y avait beaucoup de monde et surtout beaucoup de larmes. J’ai très vite senti que j’allais être moi-même débordée par les émotions mais je me suis souvenue de conseils reçus et j’ai pu reprendre le contrôle. Ce qui m’a permis de pouvoir observer les différentes réactions sans être envahie par tout plein de pensées parasites. Une fois que je me suis retrouvée seule sur le quai de la gare en attendant mon train, la tension retombée, paf j’ai encaissé le choc. J’étais patraque toute la soirée, le temps de digérer tout ça. J’en ai parlé ensuite avec la psy qui m’a confié avoir également passé une soirée un peu remuée. Elle m’a donné une autre technique pour pouvoir rester concentrée sur les dires des patients, tout en contenant mes propres émotions. Très intéressant tout ça.

Grâce à mes différentes conversations avec cette psychologue, je note de légers progrès dans ma conduite d’entretiens. J’ai moins peur de ne pas savoir quoi dire, je me laisse guider par le flot. Si vous avez un petit problème qui vous tracasse, j’ai besoin de cobayes alors faites-moi signe 😉.

Et pour terminer en musique je vous propose d’écouter Maurane dont je viens d’apprendre le décès qui chante ici avec Lara Fabian Tu es mon autre.

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Brainstorming

On se met autour d’une table, chacun balance ses idées que l’on peut ensuite reprendre et moduler à son goût et voilà une bonne séance de brainstorming…ou pas. Autant dire que j’ai toujours détesté ces séances où il faut trouver des idées/solutions. Une grosse perte de temps, et la science me donne raison.

Mais pourquoi fait-on ses séances à la con ? Parce que plus on est de fous plus on rit c’est “prouvé” que si on se retrouve à plusieurs autour d’une table pour trouver des idées trop géniales, non seulement on va avancer plus vite mais en plus, les idées seront bien plus brillantes. Donc les entreprises adorent le brainstorming. Ah la joie de ces réunions sans fin entre grands cerveaux qui vont permettre à la boîte d’avancer. (Vous sentez à quel point je n’aime pas ?).

Alors la science a prouvé qu’en fait, le brainstorming n’est absolument pas productif et que tout au plus, il peut être utile pour la cohésion du groupe ou aider des gens à se sentir bien. Car ce que les chercheurs ont trouvé de positif c’est que les personnes qui ressortent de ces séances se sentent sûres d’elles car elles ont apporté plein d’idées pour le bien de leur compagnie, de leur équipe. Elles sentent bien leur appartenance à une équipe. Voilà, c’est tout !

Pourquoi le brainstorming n’est pas productif ? Parce que les groupes ne profitent pas du surplus de ressources à disposition (Taylor, Berry and Block, 1958). Quand on a une idée en tête, on ne va entendre que ce qui va dans notre sens et si on possède des renseignements qui peuvent valider l’idée d’un autre qui ne correspond pas à ce que l’on souhaite, on va se taire.

Parce que les groupes ne génèrent pas plus d’idées que des individus seuls dans leur coin (Diehl and Stroebe, 1990). Comme quoi, si on doit chercher des idées, on est tout à fait performant dans notre petit bureau, seul devant son écran d’ordinateur. Pas besoin de se taper deux heures de séances soporifique.

Le comble ? On aurait même de bien meilleures idées seul qu’en groupe ! (Diehl & Strobe, 1987).

J’en viendrais presque à regretter de ne plus avoir ce genre de réunion car alors j’aurais pu m’y rendre et faire remarquer aux organisateurs que l’idée d’un brainstorming était ridicule car il est scientifiquement prouvé que ça ne fonctionne pas. En plus de casser les pieds à mon chef, je me serais senti bien puisqu’apporter des idées en groupe donne une impression subjective que notre performance est bien plus élevée que la réalité (Paulhus et al, 1993).

Et pour terminer en musique je vous propose un vieux truc de Starsailor All the Plans

QCM, questions dichotomiques, Echelles de Likert…

Ce semestre j’ai étudié comment les tests étaient créés. Je ne parle pas des tests que l’on retrouve dans les magazines et qui n’ont aucune valeur scientifique. Non, je vous parle des vrais tests qui mesurent réellement quelque chose tels les tests d’intelligence ou ceux de la personnalité par exemple.

Tout d’abord, il faut établir ce que l’on souhaite mesurer/déterminer. Partons du fait que l’on veut mesurer le QI. Quelqu’un qui aura des difficultés à certaines questions du test,  (et pas forcément un mauvais résultat global) permettra à l’examinateur de poser l’hypothèse que cette personne présente certains problèmes cognitifs dans tel ou tel domaine (en gros, hein, on est d’accord). Les questions doivent donc mesurer différents domaines cognitifs et sont sélectionnées avec soin. Le nombre de question a son importance. Une trop petite quantité risque de ne pas représenter correctement ce que l’on souhaite. Plus il y a de questions, moindre est le risque de passer à côté du domaine mesuré. Il faut savoir que certaines personnes vont vouloir faire plaisir à l’examinateur d’autres seront de mauvaises foi par exemple.  Un grand nombre de questions permet de contourner le premier problème et de faire ressortir le deuxième.

Une fois les questions sélectionnées, elles seront alors testées auprès d’un échantillon de personnes qui doit représenter la population visée. Si c’est pour tester le QI d’enfants de quinze ans, on visera ce public et l’on testera des enfants qui, à priori, ne présente aucune lacune particulière. Les résultats sont ensuite analysés. Les questions trop simples seront supprimées. Parfois certaines sont conservées afin de mettre en confiance les participants. Les plus difficiles sont également supprimées pour la majorité (il faut bien en garder quelques unes pour différencier les participants au QI supérieur de la normale). Ce sont bien sûr des calculs qui vont déterminer la facilité/difficulté des questions (l’indice de puissance p-index). Un autre indice de calcul va déterminer les questions à garder (le d-index). Parmi celles conservées jusque là, il faut regarder celles qui différencient bien les individus. Il peut arriver que les meilleurs participants ratent une question bien réussie généralement par les moins bons. Cet indice nous permet de repérer de telles questions et de les éliminer.

S’il reste un nombre conséquents d’items, le test est prêt (bon, ok, pas tout à fait mais je m’arrête là dans les détails). S’il ne reste pas assez de questions, il est impossible de juste en rajouter quelques unes sans autre. Un nouvel échantillon de participants sera alors choisi et passera la batterie de test (les anciennes questions gardées avec les nouvelles) et le tri sera à nouveau opéré.

Tous les tests présents sur le marché ne suivent malheureusement pas une telle rigueur. Le cours que j’ai suivi m’apprend à repérer ceux qui sont réellement valides. J’ai appris (enfin…il faut que je bosse un minimum avant les examens pour ça) à chercher les informations pertinentes pour savoir si le test a une valeur scientifique. De plus, il faut savoir interpréter les résultats. Balancer juste un chiffre en fonction des scores obtenus ne vaut rien. Pourquoi telle personne a tel score ? Quelles sont les questions qui lui posent le plus de difficulté (ou facilité) et que se cache-t-il derrière de telles questions ?

Selon notre prof, un bon professionnel qui a des années d’expérience va mettre environ deux heures pour analyser les résultats d’un test de QI (test qui prend des mois voire des années à être mis sur pieds)…

Et pour terminer en musique, une chanson que j’aime beaucoup, It’s a beautiful world de Noel Gallagher’s High Flying Birds.

 

Pourquoi j’aime tant la psychologie

Tout a débuté par ma dépression. J’ai pas compris comment j’avais pu tomber si bas et comment en remontant à la surface, le paysage avait changé. Je voyais enfin la lumière qui avait quitté mon environnement depuis si longtemps, alors que je ne l’avais même pas remarqué. Donc j’ai voulu comprendre pourquoi et comment on sombre et qu’est-ce qui fait qu’on s’en sort et que la vie prend alors un nouveau chemin. Mais avant d’oser franchir le pas dans ces études, il fallait qu’il m’arrive encore une tuile : un licenciement alors que je reprenais enfin le travail à temps plein. Il était temps de débuter ces études.

Je répète régulièrement que non seulement j’adore ces cours mais qu’en plus ils me sont utiles dans ma vie quotidienne. Et j’en ai eu la preuve aujourd’hui encore.

Ma nièce souhaite passer son permis de conduire. Elle s’est mise derrière le volant et sa maman a commencé à lui expliquer comment démarrer une voiture en première. Evidement, ma nièce a câlé. Plus d’une fois. Elle a eu peur et a décidé que ce n’était pas pour elle. Aujourd’hui, je suis allée la chercher et j’ai tenté à mon tour de lui apprendre les bases. Elle démarre…et câle. “Je te dit, c’est pas pour moi. Je n’y arrive pas. J’attends de prendre un cours avec un moniteur. C’est hors de question que j’aille sur la route, c’est trop dangereux, je ne peux pas”. Je lui explique qu’avec le moniteur elle ira également sur la route. “Non, je lui ai demandé !”.

On a refait un essai. Gros câlage, on est bien projetées en avant et je la sens se tendre, se fermer à tout nouvel essai. On discute alors de ce qui s’est passé, de quoi elle a eu peur. “De foncer dans le champ”. Je lui demande où est le problème. “Je veux pas abîmer ta voiture”. Je lui explique que je tiens effectivement à ma voiture et que si j’estimais que foncer dans le champ était dangereux, je l’aurais emmenée ailleurs. J’ai ensuite attaqué le problème sous un autre angle pour détourner son attention, lui ai fait faire deux-trois choses en restant au point mort, histoire qu’elle s’ouvre à nouveau un peu,  puis je lui ai demandé de réessayer. Elle a câlé mais…c’était moins violent. Et je le lui ai fait remarquer, qu’elle note également le progrès. Progrès dérisoire, certes, mais cette fois-ci on est restées bien assises. Elle ne pouvait pas le nier !

Après quarante-cinq minutes, non seulement elle a réussi à conduire un peu, faire de petites marches arrières, et même conduire ET passer la deuxième vitesse, le tout sur une petite route de campagne. Elle était souriante…

Je vous ai dit à quel point j’aime mes cours de psychologie et à quel point ils me sont utiles dans mon quotidien ?

 

Et pour terminer en musique je vous propose Bastille avec World gone mad

Etre soi

“Lorsque vivent en moi la liberté et la force d’être une personne distincte et différente, alors je peux m’autoriser à comprendre et à accepter l’autre bien plus profondément, parce que je n’ai plus peur de me perdre moi-même”.

Je vous laisse méditer la phrase de Carl Rogers issue de L’Approche centrée sur la personne.

Et pour terminer en musique j’ai choisi un bien vieux “tube” Ci sarà de Al Bano et Romina Power. Ce 45tour a beaucoup tourné chez moi, je l’avoue sans honte !

Dressage

Comme j’étudie, entre autres, le behaviorisme ce semestre, j’ai décidé de tester cette approche sur mon chien. Mon petit crétin à quatre pattes aboie comme un fou sur le balcon à chaque fois qu’il voit un chat. Et il les sent de loin : à tout moment il s’excite dans le salon et fonce sur le balcon pour…aboyer.

Comme cet estomac sur pattes est au régime, j’ai diminué sa ration de croquettes le matin afin de pouvoir le récompenser avec des friandises pour renforcer le comportement souhaité. J’ai placé le paquet de bonbons près du balcon pour les avoir sous la main rapidement. Le comportement souhaité doit être immédiatement renforcé sans quoi c’est sans effet. Donc je laisse mon fauve courir dehors et je l’observe. La première fois, je suis sortie également et lui ai dit « chut ». Il m’a regardée, s’est tu au moins deux secondes, et j’ai profité de ces deux secondes pour le féliciter et lui proposer un bonbon. Une fois le bonbon englouti, il a cherché du regard le chat…et a aboyé. J’ai répété « chut », il m’a à nouveau observée et je l’ai félicité encore une fois avec à la clé, une friandise. Au bout d’un moment, j’ai fermé le balcon !

Le lendemain, nouvel essai. Le chien court pour aller hurler…et hésite. Depuis mon canapé je le félicite. Du coup il rentre et espère un bonbon, que je lui donne. L’exercice sera répété plusieurs fois.

Le troisième jour, il court toujours sur le balcon, mais reste silencieux. Je ne lui donne plus un bonbon systématiquement. Il ne sait donc pas quand il sera récompensé pour sa bonne tenue. Le but étant bien entendu qu’il garde un bon comportement sans recevoir de bonbon.

Le soir en allant promener, nous avons croisé des chats (j’habite à la campagne je le rappelle). A mon grand étonnement, Wally n’a rien dit. Ça fonctionne même à l’extérieur ! Prochaine étape, ne plus hurler quand on croise d’autres chiens. Il faut que je prépare la réserve de friandises à emporter…

C’est tout simple, en général on connaît ce système, on oublie juste qu’il faut bien récompenser systématiquement au début afin que l’animal comprenne ce que l’on attend de lui. Et ça fonctionne aussi sur les humains… « Oui, c’est bien, continue, bravo ! ».

Et pour terminer en musique je vous propose le meilleur groupe de l’Univers. J’ai nommé Muse avec son nouveau titre Dig Down

Psychanalysons un peu

C’est difficile pour moi de vous parler de psychanalyse en fonction de ce que j’apprends car, suivant les lectures imposées, je me suis quand même demandé si ce n’était pas un gag et qu’en fait nous étions les sujets d’une expérience. J’ai retenu deux ou trois choses qui semblent intéressantes.

Désolée pour les amoureux de la psychanalyse mais ce que je retiens surtout c’est que Freud est un obsédé car il ne pense qu’au cul. Il parle de cinq stades de la découverte de la sexualité chez les enfants. Déjà là j’ai de la peine. Le stade oral (3-18 mois) : le plaisir est lié à la succion du sein maternel. La bouche est alors l’organe le plus sexualisé. Le stade anal (18 mois-4 ans) : le plaisir est lié à la maîtrise sphinctérienne. Donner c’est se maîtriser et l’on “offre” ses matières fécales 💩. Le meilleur est quand même le stade phallique (4-6 ans) où le garçon a une peur inconsciente de l’interdit de l’inceste avec la mère alors que la fille réalise qu’elle n’a pas de pénis (et se sent donc inférieure) et à peur de l’interdit de l’inceste avec le père 🤢.

On y parle évidemment du complexe d’Oedipe : la petite fille désire inconsciemment une relation incestueuse avec son père tandis que le garçon désire sa mère. Si l’enfant reste fixé à cet attachement oedipien, il ne peut grandir. Il va éliminer le parent du même sexe qui est l’obstacle à sa passion -> découverte de l’identité sexuelle car le garçon rivalise avec son père, accède à sa masculinité et éprouve la peur de la castration.

Selon Freud, ce sont les traumatismes sexuels infantiles qui engendrent la formation de symptômes.

Voilà pour la partie qui me hérisse les cheveux. Pour la suite, si on ôte tout lien à la sexualité, ça me semble plus digeste. On continue ?

Il y aurait en nous une partie inconsciente où aucune barrière morale n’existe. Ces pulsions inconscientes tentent de monter vers la conscience, le moi, qui elle a des pensées objectives et des relations sociales. Entre deux se trouve le surmoi qui correspond en gros à la morale héritée de nos parents, de nos modèles lorsque nous étions enfant et de l’idéal vers lequel on tend. Pour reprendre le paragraphe du dessus, les névroses sont un conflit entre les pulsions sexuelles et celles du moi. L’énergie sexuelle se retourne contre le moi.

La psychanalyse porte une très grande attention aux rêves des patients car dans ces rêves, la censure n’intervient pas autant. L’inconscient parle avec force mais parfois de façon détournée (vilaine censure). C’est donc le rôle du psychanalyste d’interpréter les rêves et les associations libres effectuées par le patient. Il analyse également les lapsus, les actes manqués, les oublis.

On parle de transfert lorsque le patient reproduit sur le psy des comportements qu’il a eu enfant avec ses parents. Il revit ses émotions passées pour les dépasser.

Adler et Jung s’écartent de Freud car ils estiment que ce dernier accorde trop d’importance à la sexualité. Pour Adler, ce qui fait l’individu est son hérédité, son milieu et son éducation. La névrose porte sur la notion de relations interpersonnelles et non sur le complexe d’Oedipe. Jung parle de la personnalité qui est composée d’un inconscient personnel (histoire personnelle et refoulements des expériences infantiles) et d’un inconscient collectif (héritage de l’humanité). Cet inconscient collectif a une valeur émotionnelle aussi importante que les émotions infantiles. Plus un être subit les archétypes (l’inconscience collective), moins sa personnalité peut s’épanouir.

Lorsqu’un patient a refoulé un traumatisme, lui signaler ledit traumatisme ne sert à rien. Le patient doit pouvoir retrouver dans sa conscience des traces de ce traumatisme pour supprimer le refoulement. Une pulsion peut se manifester par substitut, comme l’angoisse par exemple. Tout ce qui est refoulé apparaît alors sous forme d’angoisse. Elle peut se manifester sous forme de phobie. Vous avez peur des araignées ? En fait il s’agit d’un substitut à votre refoulement premier et grâce à vos associations d’idées, le psy va trouver la source réelle de votre phobie.

La dépression en psychanalyse est liée au travail de deuil : décès, séparation. La forme aggravée de la dépression, la mélancolie, vient d’un deuil mal fait ou d’une personne dont les agissements ont été vécus par le patient comme une agression. Le chagrin s’accompagne d’un sentiment inconscient de haine. Cette haine se retourne contre le patient lui-même.

Je ne sais pas si ce que j’ai écrit est compréhensible. J’ai encore du travail devant moi…

Sources : Richard, M. (1994). Les courants de la psychologie. Lyon : Editions Chronique Sociale / Freud, S. (1986) L’inconscient. In Métapsychologie (J. Laplanche & J.-B. Pontalis, trads., pp.65-123). Paris : Gallimard (Edition originale, 1915).

Et pour terminer en musique je vous propose Daniel Balavoine avec Si je suis fou