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Rendez-vous annuel

J’espérais que cette garce m’éviterait cette année mais non, elle est fidèle au rendez-vous, même si cette année elle est arrivée bien tard. Mais de qui est-ce que je parle ? De ma dépression saisonnière. Depuis plus de vingt ans elle se pointe chaque année en hiver. Généralement elle débute un peu avant Noël. Heureusement, depuis que j’ai eu ma plus grande dépression et suivi une thérapie, elle dure de moins en moins longtemps. Cette fois-ci elle a gentiment commencé vers le début du mois de février. Comme le printemps n’est plus très loin ça va, elle ne va pas rester longtemps. L’ennui, c’est qu’il me faut toujours du temps avant de me rendre compte qu’elle a pris possession de mon esprit. Tous les symptômes sont là et moi je me demande ce qu’il m’arrive jusqu’au déclic : une année c’est une amie qui m’a signalé que j’étais agressive, cette fois-ci je passais mes nerfs sur mon chien (non, je ne le bats bas, je lui hurle dessus). Le déclic c’est que ma conscience se réveille enfin et sait qu’elle est squattée par la maladie. Alors je peux aller un peu mieux.

Je suis épuisée, plus d’énergie pour rien. Je pourrais rester vautrée sur mon canapé sans rien faire la journée entière. C’est assez inquiétant. Jusqu’au déclic. Je sais enfin que c’est une façon d’agir de la dépression saisonnière et qu’avec l’arrivée du printemps je vais retrouver mon énergie. Du coup, je ne m’inquiète plus. Je suis épuisée et voilà.

Avec l’épuisement vient évidemment l’envie de dormir non stop. Et ça aussi ça n’est pas normal et mon stress augmente. A présent je ne lutte plus. Si je veux aller me coucher à 20h30 au lieu de me forcer à regarder la télé avec les yeux qui brûlent, je vais au lit. Et je ne culpabilise plus si je veux faire une sieste. C’est passager.

Cette faim qui me tenaille ? Je trouvais étrange d’avoir bien réussi mon non-régime depuis plus de six mois et tout d’un coup d’avoir tellement faim, surtout pour des cochonneries. Et ma volonté est devenue inexistante : je bouffe ! Heureusement, je ne grossis pas…mais ne vois plus la balance m’annoncer de bonnes nouvelles. Là aussi je ne me pose plus de questions. Même si je vais descendre une plaque de chocolat, je vais tenter de la faire durer sur la journée pour éviter de me ruer également sur les chips ou popcorn. Parce que je suis OBLIGEE de manger ces cochonneries sinon je deviens folle !

Quant à l’agressivité, je préviens les gens proches qu’il ne faut surtout pas hésiter à me dire si je deviens méchante car je ne m’en rends pas compte donc c’est difficile de lutter contre ! Avec l’agressivité viennent les pensées négatives. Je grommelle continuellement dans ma tête. C’est fatigant, ça m’épuise donc 😬. Merveilleux cercle vicieux.

Et enfin il y a les larmes. Qui coulent sans raison.

A présent que le déclic a eu lieu (il y a seulement une semaine), je me force à sourire quand j’ai envie de mordre et les jours ou je me lève avec une grosse boule d’angoisse, je ne me prends plus la tête : j’opte pour un calmant. Ca calme les pleurs, les pensées négatives et du coup mon agressivité prend du repos et je suis moins fatiguée… J’évite d’en prendre tous les jours car il faut savoir que la dépendance aux calmants est rapide et la dose doit alors être augmentée régulièrement pour garder l’efficacité du médicament. Le jour où vous voulez arrêter vous souffrez de manque. Pour ma part, c’était donc deux mini doses durant la semaine. Je pense qu’il y a un très fort effet placebo qui me convient très bien.

A la fin du mois on change d’horaire. Il fera à nouveau nuit le matin durant quelque temps puis je prendrai congé de cette garce…jusqu’à l’année prochaine.

Et pour terminer en musique je vous propose les Beruriers Noirs avec Salut à toi que j’ai entendus dernièrement dans un film et j’ai trouvé ça sympa.

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