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L’île aux enfants

Une place de jeux va être construite dans mon village juste à côté de mon immeuble dans un champ dévolu actuellement à la mauvaise herbe. Et cela m’ennuie.

En effet, les enfants du quartier jouent actuellement sur le parking situé sous mon balcon. Et moi j’adore les regarder s’amuser entre eux. Je les rejoins parfois avec Wally, devenu la mascotte du coin. Cette jeune compagnie est très rigolote. Il y a M qui vient tout fier m’annoncer qu’il a quatre ans avant de foncer sur son vélo avec ses petites roues encore en place. Il y a O, deux ans, qui me fait des coucous et des grands sourires avant de s’élancer sur sa trottinette à trois roues. L, jeune demoiselle de cinq ans, se promène, la démarche peu assurée, avec ses chaussures à talon de princesse tout en promenant son « bébé » dans sa poussette. S, cinq ans également, apprenait à faire du vélo sans les petites roues et hier pour la première fois, elle a réussi à pédaler sans aucune aide. J’ai trouvé ça émouvant tout comme son papa, très fier, qui lui a promis l’achat d’un nouveau vélo pour aujourd’hui.

Il y a les plus grands, B, neuf ans, qui me demande toujours quand je vais sortir avec Wally tout en faisant des bonds sur sa trot’. Sans oublier So qui m’explique qu’elle a un test de français sur l’impératif et que c’est super dur. Et puis A qui me dit qu’elle aime toujours les fleurs que je mets sur la plate-bande.

Et là, alors que j’écris ce message, je les entends tous rire à l’extérieur. Les vacances scolaires ont débuté. Je me rends sur le balcon pour voir si le nouveau vélo est déjà là. Non, S part justement avec son papa. Mais sur le béton, les craies ont été bien usées. Une fausse route est dessinée avec passage piéton, feux et giratoire. Sans doute pour tester le vélo…

Route

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Les horreurs de ce monde

Alors que je marchais avec Charles, ce dernier me racontait des horreurs sur le drame survenu à Sierre. Plus je lui faisais remarquer que ce qu’il racontait était affreux, plus il riait et moi également. Mais comment peut-on rire d’un tel évènement, surtout si, comme Charles, on a des enfants ?

Je ne regarde plus les informations à la télé, je ne supporte pas. C’est trop violent pour moi, j’ai juste envie de me mettre en boule sur mon canapé et pleurer.

Je lis encore la presse mais uniquement en diagonale. Tous ces morts, ces maltraitances, me torturent (quel choix de mot!). Toutes ces nouvelles me plombent le moral. Les seules qui me fassent rire sont celles concernant la politique. Car il faut bien le reconnaître, on entre dans le comique, surtout avec les élections françaises (même si j’éprouve une forte envie de tordre le cou de ces hommes, tellement ils sont pathétiques).

Malheureusement, tous les gens ne sont pas comme moi, et parlent régulièrement de ce qu’ils ont lu/vu dans le journal/à la télé. Je me tiens donc quand même au courant de ce qu’il se passe, mais comme Charles, si j’en parle, j’amplifie chaque fois l’horreur.

Parce que pour en revenir au drame de Sierre, je ne me contente pas de lire les articles parus dans les quotidiens, non, je vis le drame. Je suis dans ce car, je ressens le choc, j’entends le bruit du véhicule qui s’écrase contre le mur, je vois tous les sièges gicler dans l’habitacle et j’entends les râles de ces enfants, je sens l’odeur du sang et de la mort. Et j’ai mal. Invivable n’est-ce pas ?

C’est pourquoi, si je dois parler de cet évènement, j’opterai pour l’humour noir, très noir. Ca me permet de supporter un peu mieux la réalité du drame. D’oublier mon ressentit et continuer à vivre.

Alors si vous m’entendez déballer des horreurs, n’oubliez pas qu’au-dedans je souffre, énormément.