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Ictus Amnésique

Aujourd’hui je vais vous parler d’amnésie, l’ictus amnésique. Qu’est-ce que c’est ? C’est un mini AVC de type ischémique, à savoir que durant un court laps de temps, le cerveau ne reçoit plus d’oxygène. Ça n’arrive qu’une fois dans une vie, généralement après 50 ans et chez quelqu’un qui vit un stress intense depuis quelque temps. Cette mini lésion au cerveau provoque alors une amnésie qui peut durer jusqu’à douze heures.

Nous avons une mémoire antérograde, qui enregistre toutes les nouveautés. Lors d’un ictus, à partir du moment de la lésion, la mémoire ne peut plus rien enregistrer. Elle ne fonctionne plus. La mémoire rétrograde, celle qui existait avant la lésion, n’est généralement pas touchée. Donc tous nos souvenirs restent intacts. Prenons un exemple :

Madame Jonquille fait un mini AVC peu avant son réveil. Elle ne s’en rend pas compte. Ce matin-là, elle prend son petit-déjeuner, s’habille, fait peut-être un peu de ménage puis elle décide d’aller au centre commercial acheter des chaussures. Elle prend sa voiture et sans réfléchir, roule jusqu’aux magasins. Une fois sur place, alors qu’il n’y a plus d’automatisme, les ennuis commencent. Pourquoi est-elle là ? Elle n’en a aucune idée. Tant pis, elle décide de rentrer. Seulement voilà, elle ne sait absolument pas où se trouve sa voiture et le parking est très grand…Une fois à l’hôpital, elle sera incapable de décrire sa matinée. Elle ne se souvient même pas si elle a mangé quelque chose en se levant. En revanche, elle se souvient parfaitement de sa soirée…

Au bout de quelques heures, la mémoire de Madame Jonquille se mettra à nouveau à fonctionner. Cependant, les douze dernières heures de sa vie ne seront jamais inscrites dans le cerveau.

Mahie a vécu un tel ictus amnésique et elle en parle ICI.

Et pour terminer en musique je vous propose David Hallyday avec Comme Avant

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La Mémoire

Je suis en retard dans mes cours et nous devions étudier la mémoire, ce que je n’ai fait que partiellement. Du coup je vais me replonger dans le fichier reçu et vais vous en parler.

Quand on parle de mémoire, on ne sait pas qu’il en existe en fait plusieurs. Déjà, la mémoire à court terme. On veut noter un numéro de téléphone dans son agenda. On se le répète en boucle pour ne pas l’oublier jusqu’à ce qu’il soit noté. C’est la mémoire à court terme. Elle s’efface très vite.

Pour la mémoire à long terme, il y a celle qui est explicite, à savoir que nous pouvons expliquer. Dans la mémoire explicite, j’appelle la mémoire épisodique. Je peux vous raconter le film les 7 Mercenaires vu vendredi au cinéma. J’y suis allée seule et nous étions deux dans la salle. J’ai passé un bon moment. Ensuite je me suis promenée dans les magasins du centre commercial puis j’ai fait une partie de mes courses. Après je suis allée sur France terminer mes courses et je suis rentrée, j’ai promené mon chien, etc…

Dans la mémoire explicite, il existe également la mémoire sémantique. Je suis allée au cinéma cette année voir Good Luck Algeria. J’avais bien aimé. Je ne sais plus si nous étions nombreux dans la salle ni ce que j’ai fait du reste de ma journée. J’ai oublié les circonstances. Mais je sais que la salle de cinéma se trouve au centre commercial de Balexert. En gros, l’espace et le temps sont oubliés. C’est normal, je ne souffre pas d’un problème quelconque.

Dans la mémoire à long terme, il y a également la mémoire implicite. Ce que nous nous remémorons sans nous en rendre compte. Nous avons là la mémoire procédurale. Vous savez conduire ? Oui ? Vous réfléchissez à tout ce que vous faites en conduisant ? Genre, hou, comment fait-on pour changer de vitesse ? Ah, je dois appuyer sur une pédale en même temps non ? Bref, c’est fait automatiquement. Idem si vous faites du vélo. Vous avez appris à faire du vélo sans les petites roues. A présent c’est un automatisme. Quand vous mangez, vous savez tenir vos services sans vous concentrer, etc…

Et il y a également le priming dans la mémoire à long terme. Si j’écris “Coca Co” vous devinez la fin. Votre mémoire travaille sans que vous en preniez conscience.

Je continue ou je vous ai déjà perdu ? Parce que là je n’ai parlé que de ma première page…

Sautons à la quatrième… Il existe une classification des troubles de la mémoire. C’est émotionnel ou plus grave ? Où se trouve la lésion ? C’est la mémoire ancienne (retrograde) ou nouvelle (antérograde) qui est touchée ?

Les syndrômes amnésiques : impossible de former de nouveaux souvenirs (mémoire antérograde) et pourtant la personne peut encore parler et se déplacer normalement. Elle garde généralement ses souvenirs d’avant la lésion. Son hippocampe est abimée et ne traite donc plus les nouvelles informations. Le patient le plus célèbre est HM ou Henry Molaison. Vous trouvez plein de vidéos sur le net à son sujet.

Si l’on touche la mémoire du passé (mémoire rétrograde), le patient n’aura pas de souvenir sur un laps de temps qui peut s’étendre de quelques minutes à des années. Pour tester la mémoire dans ce cas-là il faudra interroger la famille afin de démêler la part du vrai et du faux car le patient répondra de manière vague voire erronée de façon involontaire.

Dans une vidéo que le prof nous a montrée, une patiente discute avec “son médecin” d’un problème de pied alors qu’elle est en rendez-vous pour ses problèmes de mémoire dont elle ignore totalement l’étendue. Le médecin quitte la salle et un nouveau prend sa place, nouveau qu’elle n’a jamais rencontré. Il la salue et la dame, très charmante, salue en retour. Il lui demande ensuite s’ils se sont déjà rencontrés au préalable. Ce à quoi elle répond “bien sûr” et précise l’endroit…Ce sont des souvenirs fabriqués. La patiente confabule.

Il existe différents tests pour mieux cerner le type de mémoire atteint. Par exemple :

  • Mémoire procédurale : test du tracé en miroir. Une étoile est dessinée et le patient voit le dessin reflété dans un miroir. Il doit repasser sur les traits. Cela demande un temps d’apprentissage. Quelqu’un avec un déficit dans la mémoire procédurale sera incapable d’apprendre à coordonner ses mouvements en regardant dans le miroir.
  • Mémoire de primauté : le patient doit se souvenir d’un mot par exemple “tapioca”. Cinq minutes après il aura oublié le mot. En revanche, si on lui demande de nous donner un mot débutant par “tap” il répondra “tapioca” alors qu’une personne sans trouble dira plus facilement “tapis”. Il reste donc une trace dans la mémoire du patient.

Tout ça pour dire que notre mémoire est vraiment complexe et qu’avec l’âge, ce sont les connexions entre nos neurones qui diminuent et expliquent pourquoi nous avons tant de difficulté à retrouver des mots que nous avons sur le bout de la langue. Les mots sont toujours présents dans la mémoire mais les routes pour y parvenir sont coupées et il faut prendre des détours alors que dans le cas d’une perte de mémoire c’est la mort de cellules. Les mots sont effacés.

Une émission qui traite du sujet : https://www.rts.ch/emissions/36-9/3981100-quand-la-memoire-se-trouble.html

Et pour terminer en musique je vous propose Madrugada avec Majesty. C’est une chanson qui date de 2002 mais que j’ai entendue pour la première fois tout récemment. J’adore 😍

 

 

Je pense donc je suis

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J’avais décidé de suivre des études de psychologie pour mieux comprendre comment et pourquoi j’avais sombré dans la dépression et comment et pourquoi je m’en suis sortie. J’avais besoin de savoir ce qu’il s’était passé dans mon cerveau. Les cours s’étalent sur neuf semestres et moi j’attendais avec impatience le cours de psychopathologie, donné évidemment en dernier. Et puis au deuxième semestre j’ai étudié la psychologie du développement et j’ai adoré. Je ne suis absolument pas concernée puisque l’étude était portée sur les bébés jusqu’à l’adolescence. Mais j’ai appris plein de choses passionnantes à ma grande surprise. Surprise parce que les copines avec lesquelles j’étudie ont trouvé ce cours pénible. Serais-je en fait tout simplement passionnée par la psychologie à tous ses niveaux ?

Ce semestre j’avais un cours qui était en fait un travail de recherche. Pas aimé du tout. De plus, j’ai un examen dans une semaine et je n’ai pas encore ouvert mes bouquins. Ca ne m’intéresse pas. Mais j’ai suivi deux autres cours également. J’ai demandé à suivre celui de psychopathologie. Je ne pouvais pas attendre encore trois ans ! Même si j’ai obtenu la plupart des questions qui m’avaient poussée à m’inscrire à ces études, je réalise qu’en fait ce n’est plus un but en soi. J’ai appris plein de choses sur les troubles panique, la bipolarité, l’anxiété généralisée, la dépression évidemment, la schizophrénie et autres. J’adore le tout. Et à côté de ça j’avais un cours sur la psychologie cognitive. Un énorme pavé qui semblait très très très compliqué. Donc ma fainéantise à tout d’abord pris le dessus :”Il y a trop, c’est impossible de mémoriser tout ça en plus c’est compliqué !”. Mais durant le semestre j’ai bien noté que certains détails m’intéressaient tout de même. Et il y a trois semaines j’ai débuté mes révisions donc j’ai fait plein de recherches pour compléter mes notes et surtout les comprendre ! Mes copines en ont marre, c’est pénible et inintéressant. Moi ça me passionne à nouveau. Je découvre comment fonctionne ma mémoire, pourquoi je vois certains détails autour de moi et d’autres pas, pourquoi je sens beaucoup de choses et que j’entends le moindre petit bruit. Je réalise que tout ce savoir m’aide dans mon quotidien ! Je vais vous donner un exemple tout simple :

Notre mémoire enregistre la plupart des choses sous forme verbale (sémantique), des bribes sous forme de sons et un chouïa sous forme d’images fixes. Quand vous apprenez quelque chose de nouveau, vous faites souvent des liens avec des connaissances que vous possédez déjà. Plus vous faites de liens, plus facilement vous arrivez à ressortir la nouvelle information. Mais parfois les liens créés le sont sur des bases bancales. J’ai le nom d’un peintre que j’aime bien que je n’arrive jamais à ressortir. Je vois ses peintures dans ma tête, certaines informations le concernant mais son nom ne me reviens jamais. C’est là que j’ai compris que j’avais mal enregistré l’information. Du coup je me suis demandée si je ne l’avais pas mémorisée sous forme de sonorité, une rime avec un autre mot. Non, rien. Avec une image alors ? Et je visualise donc certains de ses tableaux, toujours rien. Puis je vois ma bibliothèque en mémoire. J’imagine que le lien est par là. Je me vois alors sortir le bouquin consacré à ce peintre. Et là, en gros, son nom apparaît. J’ai retrouvé Hopper.

J’ai fait ce petit test la semaine dernière en sachant pertinemment que le nom ne me reviendrait pas de façon normale. Il se trouve que ce peintre est enregistré sous forme d’image.. Mais si on va plus loin, l’image ici est un mot imprimé, que la petite voix dans ma tête va lire. La petite voix emploie le langage qui fait sens pour nous. Sans langage, nous sommes incapables de penser.

Bon je m’arrête là car comme me l’a dit ma maman, ce qui m’intéresse n’intéresse pas forcément les autres…Prochain semestre, les émotions, la motivation et les relations sociales en plus de la suite de mon cours du neuvième semestre qui sera consacré au sommeil. Passionnant 😍

 

Pour terminer en musique, voici une chanson que j’ai découverte car elle a été reprise dernièrement par mon groupe fétiche Muse. Ici je vous mets la version originale, Chvrches Lies.