Tag Archive | Philippe Labro

Lectures 15, 16 & 17

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Je mets cette revue dans les livres car finalement, il y a plus de deux cent cinquante pages et que l’on retrouve à l’intérieur de courts récits. America traite…de l’Amérique, racontée par des auteurs américains. Un thème est dédié à chaque numéro, cette fois-ci il s’agit des Indiens. Il y a des résumés de livres sur le thème du mois, des interviews et des récits. Je découvre à chaque fois de nouveaux auteurs que je souhaite lire. Philip Roth et Bret Easton Ellis en font partie.

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Ma Mère, cette inconnue de Philippe Labro est un tendre récit dans lequel l’auteur tente de comprendre la mère qu’il a aimée et qui cachait des secrets. Le livre se lit très vite (il ne contient que 181 pages), et l’histoire est non seulement touchante mais en plus bien écrite. Que dire de plus ? La mère n’a jamais évoqué son enfance et ses quatre fils cherchent à en savoir plus. L’écrivain est alors chargé d’écrire l’histoire de cette mère qui sera transmise à la famille.

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J’avais adoré le livre de Muriel Barbery L’Elegance du hérisson et dans la foulée, j’avais acheté Une Gourmandise. Pour une raison que j’ignore, j’ai lu apparemment deux chapitres avant de reposer le livre sur ma pile à lire. Des tonnes de poussière plus tard, je le ressors et cette fois-ci je le termine. C’est très bien écrit. C’est l’histoire d’un critique gastronomique qui se meurt et recherche, sur son lit de mort, une saveur. Il replonge dans ses souvenirs afin de retrouver cette fameuse saveur qui lui échappe. Nous découvrons alors un être abjecte, qui déteste ses congénères et ne vit que pour la joie que les mets lui procurent. Entre deux chapitres sur ses souvenirs, nous avons les pensées de ceux qui l’entourent, pensées souvent amères et haineuses.

Et pour terminer en musique, je vous propose Alabama Shakes avec The Feeling

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Sans Famille

Lors de fêtes familiales, je me sens « sans famille ». En effet, ma soeur les célèbre entourée de son mari et de ses enfants, éventuellement de sa belle-famille. Mon papa est en compagnie de sa femme, ses enfants et éventuellement de sa belle-famille. Ma maman passe les fêtes avec sa maman et ses soeurs. Et moi ???

– Parlez-moi de l’enfance de vos parents, me demande alors la psy à qui je raconte mon histoire.

– […] Ma maman raconte régulièrement qu’elle a été élevée par une autre maman que la sienne et que c’est la seule à l’avoir « subit ». Ses soeurs sont restées à la maison.

– En fait, c’était la seule à se retrouver sans sa famille. Sans famille !

-…

Lorsque l’on souffre d’une dépression, ce n’est jamais l’instant T qui en est responsable même si l’on aime croire que c’est à cause de ce boulot sans intérêt ou du chef qu’on a sur le dos sans arrêt. Il y a des raisons physiologiques et des raisons psychologiques à rechercher dans l’enfance et surtout dans les bagages transmis pas nos ancêtres. Comme mon impression d’être « sans famille ». A la base, ces transmissions inconscientes le sont pour notre bien-être comme l’explique Anne Ancelin Schützenberger dans son livre Aïe, mes aïeux ! (Ed. Dessolée de Brouwer/La Méridienne, 1993). Malheureusement, la plupart du temps ces bagages se transforment en fardeaux ! Pour se soigner, il est utile de découvrir toutes ces petites choses qui ne nous appartiennent finalement pas. Mais ça c’est en plus de cette noirceur qui prend possession de notre cerveau et nous empêche toute réflexion. La grosse part de cette maladie est cette incapacité à bouger dans tous les sens du terme, sauf à s’enfoncer un peu plus dans le néant. « La dépressions se nourrit de sa propre nuisance. C’est un monstre qui s’autodévore » déclare Philippe Labro (Tomber sept fois, se relever huit, éd. Albin Michel, 2003, 236 pages). « La folie de la dépression est, en règle générale, l’antithèse de la violence. Certes c’est une tempête, mais une tempête des ténèbres. Bientôt se manifestent un ralentissement des réactions, une quasi-paralysie, une diminution de l’énergie psychique proche du point zéro. En dernier ressort, le corps est affecté et se sent miné, drainé de ses forces » écrit William Styron dans son livre qui traite de sa dépression Face aux ténèbres, chronique d’une folie paru aux éditions Folio, 1990 (128 pages).

Car si vous souhaitez mieux comprendre ce que vivent des personnes en pleine dépression je vous conseille vivement les deux livres cités ci-dessus ainsi que celui de Guy Birenbaum Vous m’avez manqué, histoire d’une dépression française, éd. Les Arènes, 2015, (402 pages). Et vous comprendrez que ces personnes avaient également hérité de bagages dont elles se seraient bien passé.