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3 Semaines 3 dossiers

J’ai trois semaines de vacances et j’ai trois gros dossiers à rendre pour mes examens. Donc un par semaine à rédiger. Cette semaine je rends celui de Statistiques.

En début de semestre nous avons dû choisir une question de recherche, si possible en lien avec le travail mais non obligatoire. Avec ma binôme, nous nous sommes penchées sur la satisfaction au travail. Il a fallu lire plein de théories sur le sujet afin de trouver les variables que nous allions tester. Et il nous fallait encore le « gap », ce qui fait que notre question était différente de ce qui avait été étudié jusqu’à présent. Comme à chaque devoir que nous rendions pour une correction formative nous apprenions que nous étions à côté de la plaque, nous ne savons pas si notre introduction tient la route et encore moins si notre question de recherche est correcte. Le dernier retour la semaine dernière nous indiquait que nous n’avions toujours pas notre fameux « gap », « gap » que nous avons trouvé samedi. Du coup, il a vite fallu trouver un article scientifique pour le valider.

Une fois toute cette théorie posée, il a fallu préparer notre base de données. Nous avons accès au Panel Suisse des Ménages qui compte environ 16’000 individus. Sauf qu’un enfant de 3 ans ne correspond pas trop à notre question sur la satisfaction au travail, ni un retraité ou un chômeur. Donc il a fallu trier et ça prend un temps fou. Au final il nous reste 4’220 personnes. C’est le moment d’ouvrir le logiciel de statistiques et pleurer car on ne se souvient plus de ce qu’il faut faire. Les cours datent d’il y a quatre ans… J’ai ressorti mes notes et vieux classeurs et youpie, on a pu obtenir nos graphiques et résultats. Dans un premier temps, il faut expliquer les résultats du genre, oui ça répond à notre hypothèse de recherche mais…. et non, cette variable, contrairement à nos attentes, ne répond pas à notre hypothèse de recherche.

Dans un deuxième temps, et c’est là où nous en sommes au moment où j’écris ces mots, c’est de discuter de ces fameux résultats et établir des liens avec les recherches précédentes. Ensuite il faut expliquer les limites de notre recherche et enfin les implications de celle-ci.

Une fois que nous avons terminé ce dossier, nous devons reprendre les points importants qui seront retranscrits dans un poster. Poster que nous devrons résumer oralement en trois minutes pour l’examen et subir deux minutes de questionnements. Autant dire qu’il faut maîtriser ce que l’on a fait. Bon j’y retourne, nous avons jusqu’à 23h dimanche soir pour terminer.

Et pour terminer en musique je vous propose Mumford & Sons avec If I say

Y zakavai

J’adore la langue française. Oh, je l’ai détestée étant ado mais depuis j’ai changé d’avis. Un homme qui sait s’exprimer correctement avec un riche vocabulaire a quasiment gagné mon coeur, comme quoi le « riche, beau, intelligent et célèbre » est accessoire 😂. J’aime les belles phrases et le poids des mots lorsque ces derniers sont bien choisis. J’adorais mes cours de linguistique et parfois je me dis qu’il faudrait que je les ressorte de la cave et que je me replonge dedans.

J’ai un vague souvenir des différents niveaux de langue et puis j’écoute ma collègue au téléphone : « Oh, ils m’énervent. Y z’akavaient faire comme tout le monde… ». Il est clair que je ne travaille pas dans un milieu où le français est soutenu !

La quantité de travail ne l’est pas non plus…soutenue. J’ai décidé d’observer combien de temps j’étais occupée dans une matinée calme. Je travaille entre 8h et 13h. J’ai compté deux minutes par client. Ce jour-là, j’ai reçu dix clients. J’ai donc été occupée vingt minutes sur cinq heures de présence. Je me suis alors demandé si j’étais nettement plus occupée dans une journée « chargée ». J’ai choisi la journée où il y a une tâche qui « prend du temps ». Il m’a fallu 43 minutes pour la faire. Durant ces 43 minutes, j’ai servi un client. Ensuite, j’ai eu affaire à 8 clients. Cette matinée chargée m’a occupée 59 minutes. J’ai donc passé 4h à regarder pousser mes ongles.

En statistiques, je me penche actuellement sur la satisfaction au travail. Avec ma binôme, nous sommes parties de l’hypothèse que plusieurs variables influençaient cette satisfaction dont la quantité de travail, l’intérêt de la tâche, les conditions de travail, les relations avec sa hiérarchie, etc. D’après nos résultats, pour être satisfait au travail, il faut surtout avoir des tâches intéressantes. Et je me demande encore pourquoi je suis si fatiguée lorsque je rentre chez moi le soir…

Et pour terminer en musique je vous propose Other people’s heartache/Bastille feat. Lili Moore, Moss Kena & Jacob Banks avec The Descent. J’aime la fin de la chanson à partir de 3m16.

Un plus un égal huit

Comme je l’ai déjà évoqué, je suis en plein chamboulements. Je suis à fond dans les montagnes russes, moi qui déteste ça. Je parlais dernièrement avec mon papa du monde du travail et de ma piètre carrière professionnelle. Partout où je passe, je m’ennuie. J’ai la chance (ou malchance visiblement) d’apprendre très vite. Donc rapidement, j’ai une vue d’ensemble de ce que je dois faire et je m’organise en conséquence. Là où mes collègues peinent et se plaignent d’être débordés, moi, la nouvelle, je trouve une façon efficace de travailler…et me plains donc de n’avoir pas assez à faire et trouve le boulot très vite lassant. Donc je suis une double chiante : caractère de merde parce que je me plains et du fait que très vite j’en sais plus que mes collègues, d’une certaine façon je leur balance ma supériorité à la figure. Autant dire que j’ai régulièrement eu des problèmes. J’ai très souvent changé de poste et partout on m’expliquait que j’allais être débordée et partout, je me suis ennuyée.

J’ai le souvenir d’un job où on m’avait prévenue que j’allais cumuler les heures supplémentaires. En fait, je suis devenue la pro des jeux sur internet… Pour m’occuper, j’avais même commencé à vider les armoires qui contenaient tout le classement du service et je descendais les dossiers aux archives. C’était chiant mais ça passait le temps. Jusqu’au jour où mon chef d’alors s’était vexé car c’était à lui d’organiser le classement. Je n’ai donc plus eu le droit d’y toucher. Les armoires ont rapidement débordé à nouveau et moi je me suis remise à jouer sur internet.

Et puis aujourd’hui j’ai enfin compris. En fait, plus j’ai de diplômes, moins j’ai de responsabilités. Alors que je n’avais que ma maturité (mon bac), j’ai assuré par intérim durant six mois la gestion d’une agence bancaire. Tout s’est bien passé mais je n’ai pas particulièrement aimé. En plus de la gestion du personnel, je devais m’assurer que les chiffres de vente étaient atteints et en tant que responsable, je devais vendre un max. Je déteste la vente. Pour le reste, c’était sympa. Pour une fois qu’on me faisait confiance.

Depuis j’ai deux bachelors universitaires et mon emploi actuel consiste essentiellement à faire de la monnaie : des vendeurs viennent avec des billets et repartent avec des rouleaux de pièces. Il n’y a même pas besoin de savoir compter. Ma collègue fait tout sur sa machine à calculer pour être sûre de ne pas se tromper. Moi je joue à la rebelle, celle qui sait : Je compte dans ma tête ! Je suis une ovni. Bon, quand je reçois des seaux de pièces, je ne les compte pas. Je les balance dans une machine qui se charge de les compter et les trier. Ensuite je les mets dans une autre machine qui va me faire des rouleaux, que je pourrais alors remettre aux vendeurs. Passionnant. Parfois j’ai des gens qui viennent et me préviennent qu’ils accompagnent leur client car ce dernier ne parle pas français alors ils sont là pour traduire. Ça part d’une bonne intention sauf que généralement, je parle bien mieux anglais qu’eux et c’est moi qui finis par les aider à expliquer ce qu’ils veulent à leur client.

Aujourd’hui j’ai compris que j’avais trop de diplômes quand j’ai reçu un mail de quelqu’un avec un poste un poil plus intéressant que le mien : « Le vendeur prêtant avoir exécuté se versement ». En fait, pour obtenir un job plus stimulant, il faut pouvoir prouver qu’on ne va pas tenter de piquer la place du chef.

J’ai décidé de ne plus me prendre la tête pour le boulot ; j’ai enfin compris que c’était sans espoir en ce qui me concernait. Comme je l’ai appris aux cours (oui, je prépare un master. Avec un peu de chance je vais bientôt passer balayeuse), comme je disais donc, pour motiver un employé, ce dernier doit comprendre les tâches qu’il doit réaliser. Pour cela, il faut éviter au maximum de fractionner ces dernières afin qu’il ait une meilleure vue d’ensemble. Or, j’avais une tâche extrêmement fractionnée à côté de mon comptage de billets/pièces. Pour être cohérente avec ma nouvelle façon de penser, à savoir que je ne veux plus me prendre la tête au travail, j’ai parlé à mon chef et lui ai expliqué que ça faisait longtemps que j’avais terminé mon apprentissage. Soit on me confiait le travail en entier et pas juste la saisie en bout de file, soit on me l’enlevait ; je refusais de continuer à travailler dans ces conditions car je suis compétente. Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? On m’a retiré le travail… Il ne me reste plus que mes pièces à compter. Mais là j’ai une vue d’ensemble donc je ne peux pas me plaindre. Quand je dis que c’est sans espoir…

Et pour terminer en musique je vous propose Qu’en est-il de la chance? de Pierre Lapointe

Deux semaines et puis s’en va !

Voilà deux semaines que j’ai repris le boulot mais hélas, ma vie n’est pas « un long fleuve tranquille ». Je travaille dans deux bureaux situés dans deux immeubles différents. Je suis trois jours dans le bureau 1 et un jour dans le bureau 2. J’ai débuté par le bureau 2 que je partage avec trois autres personnes fort sympathiques. L’ambiance sur place est agréable, je m’y sens bien. Le lendemain je découvrais le bureau 1. J’y suis seule avec une collègue. Collègue qui hait la terre entière et moi en particulier. En fait, elle me haïssait même avant de m’avoir vue ! C’est une femme détestable. Elle doit m’apprendre le travail mais se rend visiblement malade lorsqu’elle doit m’adresser la parole. Alors elle s’abstient ! Et moi je me retrouve comme une imbécile face à un écran sans savoir quoi faire. Quand je pose une question, si j’obtiens une réponse, c’est sur un ton méprisant. Parce que c’est évident que pour valider telle opération, je dois taper le code WRT45RD tandis que si je suis dans telle procédure, c’est la 76TGV&K ! Elle essaie, en vain heureusement, de me faire comprendre que je suis un cas sans espoir ! Je touche quelque chose, elle repasse derrière pour bien remettre au millimètre près ce que j’ai peut-être déplacé ! Si ça se trouve, elle désinfecte le bureau lorsque je sors prendre ma pause. Mais j’ai décidé de ne pas réagir, de rester zen (vive le Rescue !). C’est quand même la première fois que je débute un emploi dans de telles conditions !

Bref, après deux jours j’étais en larmes et ne voulais plus remettre les pieds dans ce bureau. Je me suis tout de même ressaisie. Le soir j’appelais le chef et lui expliquais que travailler dans ces conditions ne me convenait pas. Il me dit de patienter, qu’il allait trouver une solution et que je ne dois surtout pas hésiter à prendre une pause le matin et une autre l’après-midi ! (J’ai appris depuis que la sorcière a déjà fait partir les deux personnes en poste avant moi). Je me fixe une semaine pour voir si les choses évoluent dans le bon sens. A la fin de ladite semaine, le chef m’informe que je ne serai plus que deux jours avec la sorcière au lieu de trois ! Merveilleux ! Le troisième jour, c’est une autre collègue qui vient sur place pendant que la sorcière va au bureau 2 (qu’elle déteste). Ca se passe très bien et je me fixe la fin du mois pour aviser. Nouveau téléphone du chef : la sorcière est en arrêt maladie jusqu’à la fin du mois…

Je vais profiter de ces deux semaines de paix pour terminer ma formation. Je ne me fixe aucun délai pour prendre une décision. Visiblement, ma bonne étoile a repris du service. Le malheur des uns fait le bonheur des autres même si je ne souhaite rien de mal à cette horrible bonne femme. Je crois qu’elle se fait bien assez mal toute seule. En revanche, je me souhaite beaucoup de bonnes choses 🙂

J’ai enfin repris le chemin du travail. Cette fois-ci je ne me dirige plus sur Genève dans un train bondé de costards-cravates au cul serré. Non, je découvre Lausanne, la ville universitaire. Les joies du métro bondé d’étudiants en route pour l’uni ou l’EPFL. M’en moque, j’ai enfin quitté le milieu bancaire. Plus besoin de porter un uniforme, je peux me rendre au boulot en jeans. Quel pied !

Aujourd’hui j’ai dû travailler, alors que dès la semaine prochaine je suis à la maison tous les vendredi (ouiiiii, j’ai opté pour du temps partiel). En rentrant, j’ai décidé de descendre à la gare à pieds afin de me balader dans ma nouvelle ville, que j’apprenne à mieux la connaître et surtout à savoir où je me trouve exactement. Je travaille sur les hauts de Lausanne et je n’avais pas envie de passer 12 minutes dans le métro puis attendre trente vingt minutes sur le quai de la gare. J’ai mis une demie heure en marchant lentement et sans savoir vraiment où j’allais. J’ai visé le lac… En regardant le plan, je réalise que j’ai emprunté les bons chemins même si à un moment donné j’ai quand même fait appel à mon téléphone pour me diriger  🙂

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Ce qui me manque le plus en passant les journées loin de chez moi, ce sont mes deux trésors…

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