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Sombres nuages au-dessus de ma tête

J’ai entendu un gros plouf et je me suis demandé ce que cela pouvait bien être. C’est à ce moment que j’ai réalisé que j’avais perdu mon moral.  Apparemment, il s’est noyé. J’ai décidé de me lancer à sa rescousse, j’espère le sauver rapidement. Mais la tâche s’annonce difficile. Tout d’abord, il faudrait que j’arrive à nouveau à me lever le matin. En semaine, lorsque le réveil sonne, habituellement je suis déjà bien réveillée donc j’éteins la sonnerie et me lève. A présent, j’appuie sur le bouton pour prolonger de dix minutes le moment passé au lit. Le week-end, je n’arrive plus non plus à me lever, à quoi bon ? Je n’ai rien à faire et ne vois personne. Le soir ? Zéro énergie, autant aller au lit.

Pour les personnes qui ne connaissent pas cet état, vous ne savez pas la chance que vous avez. Parce qu’il faut bien comprendre qu’on ne choisit pas de broyer du noir et que la phrase “fais un effort” n’est vraiment pas la chose qui va nous aider. Parce que oui, on aimerait bien réussir à bouger comme d’habitude et se réjouir des petites choses anodines du quotidien.

Comme je ne suis pas encore totalement au trente-sixième dessous, j’ai décidé d’agir là où je pouvais. C’est-à-dire que je vais tenter de converser avec les clients et non me contenter du strict minimum. Ma collègue est absente depuis plus d’une semaine, je n’ai personne à qui parler autrement. Je m’engage également, ici, à lire deux articles pour mon mémoire et rédiger de courts résumés, ce qui me forcera à me concentrer sur ce que je lis. On dit qu’un engagement devant témoins (ici, vous mes lecteurs) aide la personne à accomplir ce pour quoi elle s’est engagée. Une fois les premières lignes de ce fichu mémoire rédigées, ça devrait aller mieux mais pour y parvenir, il faut vraiment que je lise les articles que j’ai sélectionnés en plus de terminer la lecture du bouquin sur lequel je compte m’appuyer. Je pense que ça et la recherche d’un stage pèsent lourdement sur mon moral.

Je sens que ça va déjà mieux, il suffit parfois d’oser dire que ça ne va pas et tester des éventuelles solutions, les plus simples possibles. Bah oui, déjà que le moral est en berne, je ne vais pas me fixer des objectifs irréalisables dans cet état, ce qui ne ferait que renforcer mon mal-être du moment. Alors que si j’arrive à discuter de la pluie et du beau temps avec mes clients ET lire deux articles et les résumer d’ici dimanche, je serai hyper fière de moi et ça, ça va booster mon moral, contrairement à l’article de journal que je lis en ce moment. Ce dernier dit en substance que pratiquer un sport aide à bien dormir, à enrichir sa vie sociale et à prévenir la dépression. Visiblement, courir quatre fois par semaine n’est pas suffisant puisque je ne vole pas très haut sur ces trois points 😂. Je vous laisse, j’ai un article scientifique passionnant à aller lire…

Et pour terminer en musique, je vous propose Weeping Willows avec Let Go

Réflexions

Je dois choisir un sujet de mémoire pour mon master. Après le semestre en cours, il m’en reste quatre donc j’estime avoir le temps (les cours sont à mi-temps). Au début du semestre passé, on nous a fait comprendre qu’il fallait se dépêcher. Je fais ce que je veux, c’est moi qui paie ! En plus, j’ai trois gros cours à chaque fois alors qu’au cinquième semestre je n’en aurai qu’un. Autant caser le mémoire à ce moment-là. Je dois également trouver une solution pour suivre 300h de stage à côté de mon emploi actuel. J’ai très vite pris la décision… de ne pas me prendre la tête pour l’instant. Or, il y a un petit changement dans les cours que je compte suivre. Ce qui fait que je vais me retrouver avec deux pavés au lieu de trois le semestre suivant. Et si je faisais mon mémoire à ce moment-là ? Mouais… le cinquième semestre reste tout de même une meilleure solution. Mais un autre problème de taille se pose : faire un mémoire sur quoi?

Mon autre réflexion concerne ma dépression saisonnière. Fin octobre jusqu’à fin mars environ, le moral plonge et c’est l’horreur. Enfin, ça c’était avant ma thérapie. Parce que depuis, j’ai constaté qu’il fallait attendre décembre pour chuter et remonter vers fin mars-début avril. Jusqu’au jour où j’ai compris que ce qui me dérangeait en décembre, c’étaient les fêtes de fin d’année et ma solitude qui me posait problème. A partir du moment où j’ai réalisé ça, le moral descend une semaine avant Noël et remonte dès le 2 janvier. Ma “dépression saisonnière” ne débute alors plus que début février. Et cette année, comme à chaque fois, mon moral est allé s’installer au troisième sous-sol. Mon anniversaire arrive, puis la StValentin et ma solitude est à nouveau bien présente et…. Mais ??? Ça ressemble énormément à mon problème de Noël, ça, non ? En fait, je ne souffre d’aucune dépression mais juste de périodes où je vis mal le fait d’être seule ! Mon moral est remonté d’un coup. Je serai donc seule le 10 et le 14 mais bon, ce ne sont que deux jours dans l’année (les autres jours, ma solitude ne me pose en général aucun problème). En plus le 15, selon toute logique, ça devrait aller mieux et j’ai prévu d’aller boire le café avec deux amies et manger une fondue dans la foulée. Je crois bien que je ne vais plus avoir de symptômes de dépression saisonnière. Il m’en aura fallu du temps pour comprendre ça mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais.

Et pour terminer en musique je vous propose Andy Burrows & Matt Haig avec Handle with care

Rendez-vous annuel

J’espérais que cette garce m’éviterait cette année mais non, elle est fidèle au rendez-vous, même si cette année elle est arrivée bien tard. Mais de qui est-ce que je parle ? De ma dépression saisonnière. Depuis plus de vingt ans elle se pointe chaque année en hiver. Généralement elle débute un peu avant Noël. Heureusement, depuis que j’ai eu ma plus grande dépression et suivi une thérapie, elle dure de moins en moins longtemps. Cette fois-ci elle a gentiment commencé vers le début du mois de février. Comme le printemps n’est plus très loin ça va, elle ne va pas rester longtemps. L’ennui, c’est qu’il me faut toujours du temps avant de me rendre compte qu’elle a pris possession de mon esprit. Tous les symptômes sont là et moi je me demande ce qu’il m’arrive jusqu’au déclic : une année c’est une amie qui m’a signalé que j’étais agressive, cette fois-ci je passais mes nerfs sur mon chien (non, je ne le bats bas, je lui hurle dessus). Le déclic c’est que ma conscience se réveille enfin et sait qu’elle est squattée par la maladie. Alors je peux aller un peu mieux.

Je suis épuisée, plus d’énergie pour rien. Je pourrais rester vautrée sur mon canapé sans rien faire la journée entière. C’est assez inquiétant. Jusqu’au déclic. Je sais enfin que c’est une façon d’agir de la dépression saisonnière et qu’avec l’arrivée du printemps je vais retrouver mon énergie. Du coup, je ne m’inquiète plus. Je suis épuisée et voilà.

Avec l’épuisement vient évidemment l’envie de dormir non stop. Et ça aussi ça n’est pas normal et mon stress augmente. A présent je ne lutte plus. Si je veux aller me coucher à 20h30 au lieu de me forcer à regarder la télé avec les yeux qui brûlent, je vais au lit. Et je ne culpabilise plus si je veux faire une sieste. C’est passager.

Cette faim qui me tenaille ? Je trouvais étrange d’avoir bien réussi mon non-régime depuis plus de six mois et tout d’un coup d’avoir tellement faim, surtout pour des cochonneries. Et ma volonté est devenue inexistante : je bouffe ! Heureusement, je ne grossis pas…mais ne vois plus la balance m’annoncer de bonnes nouvelles. Là aussi je ne me pose plus de questions. Même si je vais descendre une plaque de chocolat, je vais tenter de la faire durer sur la journée pour éviter de me ruer également sur les chips ou popcorn. Parce que je suis OBLIGEE de manger ces cochonneries sinon je deviens folle !

Quant à l’agressivité, je préviens les gens proches qu’il ne faut surtout pas hésiter à me dire si je deviens méchante car je ne m’en rends pas compte donc c’est difficile de lutter contre ! Avec l’agressivité viennent les pensées négatives. Je grommelle continuellement dans ma tête. C’est fatigant, ça m’épuise donc 😬. Merveilleux cercle vicieux.

Et enfin il y a les larmes. Qui coulent sans raison.

A présent que le déclic a eu lieu (il y a seulement une semaine), je me force à sourire quand j’ai envie de mordre et les jours ou je me lève avec une grosse boule d’angoisse, je ne me prends plus la tête : j’opte pour un calmant. Ca calme les pleurs, les pensées négatives et du coup mon agressivité prend du repos et je suis moins fatiguée… J’évite d’en prendre tous les jours car il faut savoir que la dépendance aux calmants est rapide et la dose doit alors être augmentée régulièrement pour garder l’efficacité du médicament. Le jour où vous voulez arrêter vous souffrez de manque. Pour ma part, c’était donc deux mini doses durant la semaine. Je pense qu’il y a un très fort effet placebo qui me convient très bien.

A la fin du mois on change d’horaire. Il fera à nouveau nuit le matin durant quelque temps puis je prendrai congé de cette garce…jusqu’à l’année prochaine.

Et pour terminer en musique je vous propose les Beruriers Noirs avec Salut à toi que j’ai entendus dernièrement dans un film et j’ai trouvé ça sympa.

Bore-out

Après une grande période de stress, il y a toujours une chute assez brutale durant laquelle je me sens un peu perdue. Puis le train train quotidien reprend le dessus et je m’ennuie ferme. Je passe mes journées sur internet et je rentre non seulement épuisée mais en plus déprimée. C’est ça le début du bore out. L’inverse du burn out. En gros je suis très loin d’être débordée, motivée… Vous pouvez lire le profil de plusieurs personnes qui vivent quotidiennement l’ennui ici.

Ce qui est marrant c’est que je suis tombée sur un bouquin sur le sujet à la bibliothèque aujourd’hui Le Bore-Out quand l’ennui au travail rend malade du Dr François Baumann aux éditions Josette Lyon (2016). Je vous dirai ce que j’en pense. Mais voici un extrait de la quatrième de couverture :

L’épuisement professionnel par l’ennui au travail ou “bore-out”, par l’absence d’une activité construite, d’une motivation qui permette d’utiliser l’énergie que l’on garde en soi, est tout sauf de la fainéantise. C’est une souffrance considérable pour celui ou celle qui traverse cette épreuve, car l’ennui au travail est vécu comme un tabou.

C’est pas comme si je découvrais cet état de fait. Il y a quelques années je m’étais plains de n’avoir rien à faire de mes journées. Mon chef d’alors m’avait donné un tas de photocopies à faire (le top !) …que sa femme avait jetées en fin de journée. Je n’ai plus demandé de travail. (Partout où j’en demande on me file des photocopies à faire ou de la saisie !). C’est à ce moment que j’ai décidé d’apprendre à utiliser word et excel correctement. Je me suis formée seule durant mes heures de travail.

Mais revenons à nos moutons. Alors que je voulais commander un livre pour mes prochains cours, je lis dans les commentaires qu’un des auteurs dudit livre donne un cours sur Coursera. Coursera est un site qui donne des cours gratuits sur divers domaines. Une amie est accro et m’en a toujours dit grand bien. Je vais donc jeter un oeil et constate que le cours en question débute le 4 juillet. Je m’y inscrits. Le soir je télécharge les vidéos sur mon iPad et je les visionne durant la journée du lendemain. Mon humeur remonte et je ne suis plus ko quand je rentre le soir. Mais bon, c’est un programme chargé et j’ai envie de varier les plaisirs.

Le fils d’une amie m’a suggéré de me lancer dans la programmation. Je cherche dans la base de données et trouve un cours qui débutait ce lundi. J’ai donc appris aujourd’hui les bases du HTML. J’ai testé mais n’obtiens pas exactement ce que je pensais (mes titres n’apparaissent pas mais finalement doivent-ils apparaître où c’est juste pour m’aider à m’y retrouver ?). Dans la partie du haut on voit le langage que j’ai utilisé et ce que ça donnerait sur une page web est en-dessous. (J’allie les deux cours comme vous pouvez le constater 😄).

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Demain j’attaque le CSS pour améliorer la présentation. Ensuite il y a le PHP et Java. Ca m’occupe intelligemment.

Demain soir je suis en vacances et c’est pas pour me déplaire…

Et pour terminer en musique je vous propose une chanson, Sometimes I feel, de Richard Hawley que j’ai découvert en regardant les concerts de Glastonbury 2016 sur la BBC (vous pouvez les visionner sur le site http://www.bbc.co.uk/events/ewcj5v. C’est une musique douce que j’aime beaucoup. Tout l’album me plaît (Hollow Meadows).

Dysthymie

Dysthymie c’est le nom de ma maladie.

Mais qu’est-ce que c’est exactement ? Ce sont des signes légers de dépression. C’est une maladie chronique qui peut débuter de façon précoce, à savoir avant 21 ans. Ceux, dont je fais partie, qui l’ont de façon précoce sont plus facilement sujet à souffrir un jour de dépression majeure. Youpie, je rentre bien dans les statistiques 😒. On dit alors que l’on souffre de double dépression ! J’en ai de la chance. Vous m’enviez je le sens. Il faut enfin savoir que cette maladie est une sacrée merde; les personnes qui la traîne sont plus tentés de mettre fin à leurs jours..Ne vous inquiétez pas, ça va, même si j’y ai pensé par le passé !

J’ai repris une thérapie quand j’ai senti le moral vaciller à nouveau. Je ne souhaite pas revivre une dépression majeure et ne veux pas reprendre de médicaments. La thérapie est un bon compromis.

Quand je vais voir ma psy avec mes angoisses, car oui, une personne qui souffre d’un trouble de l’humeur est généralement angoissée (la réciproque n’est pas vraie), elle me rappelle que tout va bien, que c’est moi qui ai une vision biaisée de la réalité. Alors quand un problème me tombe dessus, je panique totalement puis me ressaisis car je sais que ce n’est pas aussi grave que ce que je perçois. C’est chouette la thérapie. Mais quand j’ai plusieurs problèmes qui choisissent de me tomber dessus en même temps c’est un peu plus difficile à gérer. J’ai à nouveau l’impression que c’est la fin du monde et que je ne m’en sortirai jamais. C’est pénible à vivre ce genre de pensées. Puis l’humeur remonte et tout va bien. Les problèmes n’en sont plus, juste quelques gênes qu’il faut régler.

A côté des angoisses, il y a également l’humeur maussade bien sûr. Imaginez que vous avez mal dormi et que vous êtes de mauvaise humeur durant la journée. Sauf que c’est tous les jours et sans raison. Quand je suis dans ces périodes de crises à présent je sais que non, tous les gens ne sont pas des cons, et non, je n’ai pas mauvais caractère. Ca m’aide à ne plus aboyer contre tout le monde et je tente de faire comprendre à mon cerveau qu’il a à nouveau un bug et que ce serait bien qu’il se répare illico. Ca fonctionne assez bien.

Je ne vous parle pas du manque d’énergie, du sommeil entrecoupé de nombreux réveils nocturnes, du manque de plaisir pour à peu près tout…

Donc oui, je suis malade, j’ai des périodes ou je dois lutter contre moi-même et me rappeler que non, ce n’est pas moi qui suis comme ça, ce sont les signes de la maladie. Heureusement j’ai à présent quelques béquilles psychologiques pour m’aider et une chouette psy quand je n’y arrive plus toute seule.

Mais dans l’ensemble tout va bien et demain je vais voir James Bond 😍.

 

PS N’hésitez pas à consulter un psychiatre ou psychothérapeute si vous vous reconnaissez dans ces signes. Ca vaut vraiment la peine de se soigner car oui, certaines personnes s’en sortent très bien ! Ce serait dommage de sombrer dans la dépression majeure sévère…Et moi je peux dire que ma vie aujourd’hui ne ressemble en rien à celle d’avant la thérapie où je traînais en permanence mon mal-être…

 

Sans Famille

Lors de fêtes familiales, je me sens “sans famille”. En effet, ma soeur les célèbre entourée de son mari et de ses enfants, éventuellement de sa belle-famille. Mon papa est en compagnie de sa femme, ses enfants et éventuellement de sa belle-famille. Ma maman passe les fêtes avec sa maman et ses soeurs. Et moi ???

– Parlez-moi de l’enfance de vos parents, me demande alors la psy à qui je raconte mon histoire.

– […] Ma maman raconte régulièrement qu’elle a été élevée par une autre maman que la sienne et que c’est la seule à l’avoir “subit”. Ses soeurs sont restées à la maison.

– En fait, c’était la seule à se retrouver sans sa famille. Sans famille !

-…

Lorsque l’on souffre d’une dépression, ce n’est jamais l’instant T qui en est responsable même si l’on aime croire que c’est à cause de ce boulot sans intérêt ou du chef qu’on a sur le dos sans arrêt. Il y a des raisons physiologiques et des raisons psychologiques à rechercher dans l’enfance et surtout dans les bagages transmis pas nos ancêtres. Comme mon impression d’être “sans famille”. A la base, ces transmissions inconscientes le sont pour notre bien-être comme l’explique Anne Ancelin Schützenberger dans son livre Aïe, mes aïeux ! (Ed. Dessolée de Brouwer/La Méridienne, 1993). Malheureusement, la plupart du temps ces bagages se transforment en fardeaux ! Pour se soigner, il est utile de découvrir toutes ces petites choses qui ne nous appartiennent finalement pas. Mais ça c’est en plus de cette noirceur qui prend possession de notre cerveau et nous empêche toute réflexion. La grosse part de cette maladie est cette incapacité à bouger dans tous les sens du terme, sauf à s’enfoncer un peu plus dans le néant. “La dépressions se nourrit de sa propre nuisance. C’est un monstre qui s’autodévore” déclare Philippe Labro (Tomber sept fois, se relever huit, éd. Albin Michel, 2003, 236 pages). “La folie de la dépression est, en règle générale, l’antithèse de la violence. Certes c’est une tempête, mais une tempête des ténèbres. Bientôt se manifestent un ralentissement des réactions, une quasi-paralysie, une diminution de l’énergie psychique proche du point zéro. En dernier ressort, le corps est affecté et se sent miné, drainé de ses forces” écrit William Styron dans son livre qui traite de sa dépression Face aux ténèbres, chronique d’une folie paru aux éditions Folio, 1990 (128 pages).

Car si vous souhaitez mieux comprendre ce que vivent des personnes en pleine dépression je vous conseille vivement les deux livres cités ci-dessus ainsi que celui de Guy Birenbaum Vous m’avez manqué, histoire d’une dépression française, éd. Les Arènes, 2015, (402 pages). Et vous comprendrez que ces personnes avaient également hérité de bagages dont elles se seraient bien passé.

Et alors, ces examens ?

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Tout d’abord, merci de vous en soucier 🙂 Alors oui, cette première partie (sur neuf !) est réussie. Mais il faut absolument que j’arrive à me calmer. Ca devient ridicule de stresser autant. D’autant plus que pour une fois dans ma vie, j’ai vraiment bien travaillé pour les réussir, ces satanés examens. Donc j’étais prête ! Mais cela ne m’a pas empêchée d’être d’humeur massacrante, ne plus dormir et paniquer totalement en lisant les questions.

Il faut quand même que j’avoue que je partais avec une énorme crainte : celle d’avoir perdu une bonne partie de ma mémoire suite à ma dépression. J’ai cette idée en tête puisqu’au plus fort de la maladie, j’étais totalement incapable de me concentrer sur quoi que ce soit et j’ai dû acheter un agenda pour noter mes rendez-vous (généralement tout est dans ma tête). Même si aujourd’hui tout va bien, je me rends compte que je ne mémorise plus tout comme avant. Je m’entends dire régulièrement “oh j’avais oublié”, “C’est quand déjà… ?”, “comment je fais pour…?”. Vous me racontez que vous partez dans trois semaines aux Bahamas, je ne sais plus quand vous partez ni où ! Avant je n’avais jamais ce genre de problèmes. Bref.

Quand j’ai compris que j’avais un mois pour apprendre un bouquin de cinq cents pages, plus tous les documents reçus durant le semestre plus les exposés entendus durant les cours, ma réaction fut : “Je n’y arriverai jamais ! Il y a trop à apprendre !”. Et au lieu de bosser comme une dingue une semaine avant la date butoir, j’ai commencé un mois avant. Tous les jours. (Pas possible durant le semestre. Lire tous les documents reçus, rendre les devoirs, regarder des heures de vidéos occupent déjà une grande partie de mon temps à côté de mon job). Et petit à petit, j’ai mémorisé ce qu’il fallait. J’ai réussi à faire des liens entre les différents sujets, à créer des cartes mentales ce qui me permet de me souvenir d’une grande partie encore aujourd’hui, trois semaines après les examens. Généralement je rends ma copie et ma mémoire s’efface gentiment. Cette fois-ci j’ai travaillé sur la mémoire à long terme ! Ah si j’avais su faire ça à l’école… Sur toute la matière à apprendre, seuls deux sujets me posaient problème. Un que je n’arrivais décidément pas à comprendre et l’autre qui m’énervait. Pas grand chose quoi. L’examen comportait trois questions de 1,5 points chacune. La moyenne est à 4. Sur les quatre questions, se trouvaient mes deux sujets !!! J’ai répondu totalement à côté de celle qui concernait celui que je ne comprenais pas. Du coup, je ne pouvais pas obtenir plus de 4,5 ! Heureusement, j’ai gagné 0,25 points à rajouter à ma note grâce à la qualité de mes devoirs. Donc je pouvais monter jusqu’à 4,75. Mais autant dire que l’attente des résultats fut atroce. J’ai obtenu 4,5. Victoire douce-amère.

Deuxième examen : introduction aux statistiques. Une horreur. Plus le cours avançait, moins je comprenais. Je n’aime pas les statistiques. Pour me préparer correctement, j’ai acheté un livre et tout repris depuis le début. Là encore j’ai travaillé chaque jour. Et petit à petit j’ai commencé à comprendre ce qu’est un Chi Carré de Pearson, le t de Student, une régression linéaire…J’ai refait les exercices et les ai trouvé faciles ! Yessss. Cette satanée théorie a finalement réussi à être comprise par mon cerveau. J’ai même fini par comprendre comment fonctionne le logiciel que l’on doit utiliser. Mais l’examen s’est mal passé. Il y avait en fait très peu de théorie et beaucoup, beaucoup de calculs. J’étais incapable de les faire. Pourtant j’ai obtenu une matu (équivalent du bac) scientifique. J’adorais les maths. J’avais l’impression de résoudre des puzzles. Mais devant ma feuille je n’ai même pas réussi à jongler avec une simple formule. Bah, j’ai quand même réussi mais après tout ce travail, c’est dommage de n’avoir pas très bien réussi. Mais rien n’est perdu. Parce qu’aujourd’hui débute le deuxième semestre et, oh quelle horreur joie, j’ai “Statistiques II”…

Ces études me plaisent. Il aura fallu que j’atteigne la quarantaine pour trouver ma voie… Avec un peu de chance, je terminerai avant la retraite et pourrai peut-être même exercer le métier qui m’intéresse ! Mieux vaut tard que jamais 😉

PS Je tiens à remercier S qui m’a aidée à réviser et donné quelques trucs mnémotechniques utilisés durant les exas. 🙂