Dans le monde réel

Oui je tarde un peu dans mes interventions sur ce blog. Non pas que je sois débordée mais je suis épuisée. J’étudie ce semestre, dans les très grandes lignes, le burnout, le harcèlement et le mobbing. Le cours est plutôt succinct. Cependant, j’ai la chance de côtoyer ces jours une psychologue spécialiste dans ces domaines et je peux donc la bombarder de questions. De plus, elle m’a invitée à assister aux formations qu’elle donne sur ces sujets et j’ai également pu voir une victime de harcèlement témoigner de ce qu’elle a dû subir durant des années. Autant vous dire que tout ça me remue passablement.

Lors du témoignage de la victime, il y avait beaucoup de monde et surtout beaucoup de larmes. J’ai très vite senti que j’allais être moi-même débordée par les émotions mais je me suis souvenue de conseils reçus et j’ai pu reprendre le contrôle. Ce qui m’a permis de pouvoir observer les différentes réactions sans être envahie par tout plein de pensées parasites. Une fois que je me suis retrouvée seule sur le quai de la gare en attendant mon train, la tension retombée, paf j’ai encaissé le choc. J’étais patraque toute la soirée, le temps de digérer tout ça. J’en ai parlé ensuite avec la psy qui m’a confié avoir également passé une soirée un peu remuée. Elle m’a donné une autre technique pour pouvoir rester concentrée sur les dires des patients, tout en contenant mes propres émotions. Très intéressant tout ça.

Grâce à mes différentes conversations avec cette psychologue, je note de légers progrès dans ma conduite d’entretiens. J’ai moins peur de ne pas savoir quoi dire, je me laisse guider par le flot. Si vous avez un petit problème qui vous tracasse, j’ai besoin de cobayes alors faites-moi signe 😉.

Et pour terminer en musique je vous propose d’écouter Maurane dont je viens d’apprendre le décès qui chante ici avec Lara Fabian Tu es mon autre.

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Jamais Trois sans Quatre

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De quoi s’agit-il ? De mayonnaise. Mais pas de n’importe quelle mayonnaise. Non, une mayonnaise faite par mes soins et dont je suis très fière. Je vous explique.

Je n’aime pas cuisiner. Pourquoi me prendre la tête alors qu’il existe des plats tout prêts, des céréales, des yogourts, du pain avec du fromage, etc. ? Je mange mal et ça me convient. Je compense en mangeant à la cantine du travail à midi durant la semaine. Du moins, ça, c’était avant que débarque ma nouvelle collègue qui vient tous les jours avec ses Tupperware. J’ai donc commencé à venir avec mes petits repas cuisinés par mes soins. Oh, rien de bien recherché ! Et ma collègue m’apprend à me faire des choses simples mais bonnes. Je découvre le goût des échalotes et je réalise que j’aime ça. Quel bonheur de préparer des pommes de terre avec des herbes. Il ne suffit effectivement de pas grand chose pour apporter un petit plus à un repas simple. Et ce samedi j’ai décidé de tenter la mayonnaise. Je demande alors quelques conseils à ma collègue : “Ah, ça je ne fais pas. J’achète”. Tant pis, internet m’aidera.

Je consulte deux-trois sites et me dis que ça va être simple. Pour être sûre de mon coup, je visionne encore une vidéo “mayonnaise facile”. Je regarde le mec battre son mélange avec son petit fouet, flap flap flap et hop, la mayonnaise prend. Je suis là avec mon plat et mon petit fouet, flap flap flap il ne se passe rien. Flap flap flap flap flap toujours rien, je commence à fatiguer. Flap flap flap flap flap flap flap je commence sérieusement à m’énerver. Flap flap flap flap flap flap flap pu#**! de mayonnaise qui ne prend pas. Et ce con dans la vidéo qui annonce tout sourire :  “Et voilà, rien de plus simple” ! “Prends-moi pour une conne pauvre type !”  Je suis légèrement sur les nerfs.

Je cherche une vidéo sur comment rattraper une mayonnaise qui n’a pas pris. Je n’ai plus mon fouet électrique, jeté dernièrement. Des miettes de pain étaient coincées dans le moteur et ressortaient de temps en temps quand j’utilisais l’appareil. Pour rattraper ma mayo, je sors mon mixeur. Je suis les instructions de la vidéo et je m’y mets. Brrrrrrrrrrr (bruit du mixeur) … brrrrrrrrrrr….. rien. Il ne se passe absolument rien. J’ai de l’huile partout, tout est gras et je n’ai toujours pas de cette merde de mayonnaise. Je balance le tout et décide de recommencer, avec une nouvelle vidéo. C’est une Canadienne qui travaille avec son blender. Je fais comme elle. Brrrrrrr…..ça reste liquide. Brrrrrrrrr….je regarde et constate qu’il ne se passe absolument rien. Je dois vraiment être stupide. Brrrrrrr…brrrrrrrrrr….brrrrrrrrr….Je me rends à l’évidence, j’ai préparé une excellente sauce à salade en utilisant un mixeur ! J’abandonne.

Il me reste un oeuf, donc le lendemain je décide de retenter l’expérience. Je mets les ingrédients dans l’appareil et hop brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr, je rajoute un peu d’huile brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr, et, oh miracle, il se passe quelque chose. Encore un peu d’huile et je laisse à nouveau tourner mon appareil un bon moment et j’ai de la mayonnaise qui apparaît. Youpie, je sais faire de la mayonnaise ! Aujourd’hui je vais à nouveau investir dans un fouet électrique pour mon prochain essai.

Et pour terminer en musique Je vous propose Vanessa Paradis & Benjamin Biolay avec Pas Besoin de Permis

 

Lectures 8 & 9

Lorsque je me suis fixé comme objectif de lire douze livres dans l’année, le but était de lire régulièrement et non pas finir à fin avril comme c’est parti. Il faudra ensuite que je continue sur ma lancée. L’avantage, c’est que maintenant j’ai repris une saine habitude, ce qui devrait se prolonger dans l’année.

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Editions Julliard, 2017

Mon huitième livre était La Serpe de Philippe Jaenada. C’est le troisième livre que je lis de cet auteur et j’aime beaucoup sa façon d’écrire. Il reprend des crimes retentissants (ou non) du siècle passé et se lance dans sa propre enquête. Ce qui me plaît et rend la lecture plus légère, ce sont ses interventions sur sa vie privée qui me font rire ou encore son cynisme qui égrène les pages. Un petit exemple. Il relit un témoignage concernant des toiles d’araignée (page 497): C’étaient de vieilles toiles, certainement pas des toiles de l’année”. Et il rajoute son petit commentaire personnel : “C’est toujours utile d’avoir un aranéologue de grande expérience dans un commissariat. Celui-ci, en outre, est modeste : pour ne pas avoir l’air d’étaler sa science, il ne précise pas si elles dataient d’août ou de septembre 1940”. (Le crime dont il s’agit a eu lieu en octobre 1941). La première partie du livre est consacrée au criminel. On y apprend sa vie telle que relatée lors de son procès. La deuxième partie, triste, émouvante, rageante, raconte les découvertes de l’auteur à la suite de ses diverses lectures des rapports des experts, des avocats, des courriers échangés entres les membres de la famille Girard etc. La vie est vraiment moche parfois et ça vous vous en rendez compte une fois que vous refermez ce bouquin.

Unknown-1.jpegPour m’accompagner dans mes trajets en train, j’ai lu The Lady from Zagreb de Philip Kerr, auteur décédé ce 23 mars à l’âge de 62 ans. Je n’avais jamais rien lu de lui mais avais entendu de bonnes critiques. Me voilà donc lancée dans ce roman. Les débuts ont été difficiles. Je trouvais le vocabulaire et les tournures de phrases un peu plus recherchés que d’habitude, ce qui m’a demandé un petit temps d’adaptation. Mais au final j’ai beaucoup aimé ce roman noir qui se passe sous l’Allemagne nazie et dont le héros, un homme qui se sent vieux, fatigué et moche, est un Allemand travaillant pour la police mais a honte de ce qu’est devenu son pays. Il existe treize romans avec ce héros pas comme les autres qu’est Bernie Gunther. J’en ai déjà acheté un autre, qui m’attend sagement sur ma pile à lire.

Et pour terminer en musique je vous propose Don’t you (forget about me) de Simple Minds que je vais voir au Caribana Festival en juin (je les avais vu en 1991 à Lausanne. Hier quoi !).

 

Entretien

Ce semestre, nous étudions l’approche centrée sur le patient de Carl Rogers. Le but c’est d’aider le patient à se recentrer sur ses émotions et modifier son processus mental en reformulant son discours et en lui faisant prendre conscience de ses ressentis. En tant que thérapeutes, nous devons apprendre à ne pas juger la personne nous faisant face, à l’accepter telle qu’elle est. Cependant, cela ne veut pas dire d’être d’accord avec tout. Non, nous avons le droit de penser différemment et il faut bien entendu que nous acceptions notre propre ressenti. Il ne faut donc pas hésiter à dire que l’on comprend le patient mais “je me sens mal à l’aise lorsque vous me dites que…”. Nous sommes donc honnêtes envers nous-mêmes mais également envers la personne. Enfin, il faut faire preuve d’empathie, à savoir ressentir les maux du patient tout en gardant à l’esprit que se sont ses ressentis et non les nôtres. Belle théorie.

Ensuite nous sommes passés au stade supérieur. Nous avons des retranscriptions de divers entretiens et nous devons analyser les interventions du thérapeute et les effets de ces dernières sur le patient. Nous avons une échelle des différents niveaux d’intervention qui nous aide à classer ces interventions et lorsque nous sommes dans les niveaux assez bas, nous devons formuler une meilleure façon de répondre de la part du thérapeute. Belle théorie.

Comme je le dis, c’est une belle théorie. Seulement voilà, nous passons à la pratique. Et oui, nous devons trouver de gentils cobayes pour nous lancer dans de vrais entretiens. Nous devons mener des entretiens de trente minutes que nous enregistrons. Car ce n’est pas tout, il faut ensuite reprendre notre jolie échelle…et nous juger et proposer des améliorations.

J’ai donc eu ma première “patiente” de trente minutes. Trente minutes, c’est long…c’est très long….c’est très très très très long ! Sur le papier, les interventions semblent évidentes, faciles, logiques. En pratique, heu….c’est différent. Parce qu’il faut penser à observer le langage corporel, écouter le patient, montrer son intérêt et se positionner de façon à ce que notre corps transmette ce message, penser à ce qu’il ne faut surtout pas dire, penser à comment reprendre les mots que l’on entend et les formuler différemment. Ça fait beaucoup de choses. Donc ma patiente m’expose sa problématique. Elle parle, elle parle, elle parle. Et vient mon tour……. ……. ……. Le néant absolu. On entend  mes deux seuls neurones encore fonctionnels qui se cherchent, et ne se trouvent pas. Je n’ose pas écouter l’enregistrement. Bon, l’avantage c’est que je vais être prolifique au niveau des améliorations dans mes pauvres interventions puisqu’on ne peut pas aller plus bas dans l’échelle. Prochain cobaye, dans une semaine.

Et pour terminer en musique je vous propose du Depeche Mode car je vais les voir à Paléo en juillet et je me réjouis.

C’est un Beau Roman

Alors j’ai nettement ralenti mon rythme de lecture. Bon déjà parce que mon dernier livre faisait 634 pages et que même si c’est noté “roman” sur la couverture, il s’agit d’une enquête menée par un écrivain qui raconte ses découvertes. Ça se lit moins vite qu’un roman policier. Et le livre que je lis dans le train est en anglais et que les tournures de phrases et le vocabulaire employé me demandent un peu plus de temps que les romans que je lis habituellement dans cette langue.

Ensuite, on est dans la période de l’année où ma motivation part en vacances et je dois donc luter pour continuer à avancer, ne pas dormir 24h/24h, et ne pas prendre 20kg parce que je suis constamment affamée. J’attends le printemps avec impatience.

Et enfin, j’ai de nombreux devoirs à rendre pour les cours et qu’une copine vient de me donner les références d’un bouquin juste extra : L’entretien motivationnel : aider la personne à engager le changement de William R. Miller & Stephen Rollnick aux éditions InterEditions qui est un parfait complément à un de mes trois cours de ce semestre.

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J’ai donc lu Le Mystère Henri Pick de David Foenkinos. J’avais besoin de quelque chose de léger, facile à lire et divertissant. Le livre était accompagné d’un petit bandeau clamant “Une comédie pétillante”. Je me suis laissé tenter. D’autant plus que j’avais déjà apprécié cet auteur par le passé. Alors ? Il a comblé toutes mes attentes. C’est bien écrit, l’histoire est jolie sans être gnangnan et on ne devine pas la fin après trois pages de lecture.

Unknown-1Mon 7e livre de l’année est La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez. Je savais que ce livre sortait en août de l’année dernière et j’ai attendu de le trouver dans la grande surface où je fais parfois mes courses en France. Moins cher qu’en Suisse. Autant vous dire que j’étais impatiente de le commencer. Et pourtant, j’ai eu tellement de peine à me plonger dans l’histoire. J’étais tellement déçue. Et mon oncle venait de me dire qu’il ne lui avait fallu que trois jours pour le lire, lui qui prend généralement plus de trois semaines pour terminer un livre. Mais qu’est-ce qui n’allait pas ? Je ne sais pas. Mais tout d’un coup, j’ai croché et j’ai adoré. Là aussi, c’est bien écrit et en plus j’ai appris plein de choses sur Evita (j’ai complété mes connaissances en allant ensuite sur le net) et sur l’exil des nazis en Amérique du Sud (j’avoue, j’ignorais qu’ils allaient se réfugier là-bas !).

Et ce grand bouquin ? Il me reste encore 160 pages donc j’en parlerai une autre fois. Quant au livre anglais, il est sur ma table de nuit, j’ai pas envie d’aller vérifier ce qu’il me reste. Je crois avoir lu un tiers du bouquin.

Et pour terminer en musique ? Je vous propose à nouveau un vieux truc car je voulais un récent et je ne l’ai pas trouvé. Trop récent ? Du coup, voici un bon vieux Radiohead High & Dry

Brainstorming

On se met autour d’une table, chacun balance ses idées que l’on peut ensuite reprendre et moduler à son goût et voilà une bonne séance de brainstorming…ou pas. Autant dire que j’ai toujours détesté ces séances où il faut trouver des idées/solutions. Une grosse perte de temps, et la science me donne raison.

Mais pourquoi fait-on ses séances à la con ? Parce que plus on est de fous plus on rit c’est “prouvé” que si on se retrouve à plusieurs autour d’une table pour trouver des idées trop géniales, non seulement on va avancer plus vite mais en plus, les idées seront bien plus brillantes. Donc les entreprises adorent le brainstorming. Ah la joie de ces réunions sans fin entre grands cerveaux qui vont permettre à la boîte d’avancer. (Vous sentez à quel point je n’aime pas ?).

Alors la science a prouvé qu’en fait, le brainstorming n’est absolument pas productif et que tout au plus, il peut être utile pour la cohésion du groupe ou aider des gens à se sentir bien. Car ce que les chercheurs ont trouvé de positif c’est que les personnes qui ressortent de ces séances se sentent sûres d’elles car elles ont apporté plein d’idées pour le bien de leur compagnie, de leur équipe. Elles sentent bien leur appartenance à une équipe. Voilà, c’est tout !

Pourquoi le brainstorming n’est pas productif ? Parce que les groupes ne profitent pas du surplus de ressources à disposition (Taylor, Berry and Block, 1958). Quand on a une idée en tête, on ne va entendre que ce qui va dans notre sens et si on possède des renseignements qui peuvent valider l’idée d’un autre qui ne correspond pas à ce que l’on souhaite, on va se taire.

Parce que les groupes ne génèrent pas plus d’idées que des individus seuls dans leur coin (Diehl and Stroebe, 1990). Comme quoi, si on doit chercher des idées, on est tout à fait performant dans notre petit bureau, seul devant son écran d’ordinateur. Pas besoin de se taper deux heures de séances soporifique.

Le comble ? On aurait même de bien meilleures idées seul qu’en groupe ! (Diehl & Strobe, 1987).

J’en viendrais presque à regretter de ne plus avoir ce genre de réunion car alors j’aurais pu m’y rendre et faire remarquer aux organisateurs que l’idée d’un brainstorming était ridicule car il est scientifiquement prouvé que ça ne fonctionne pas. En plus de casser les pieds à mon chef, je me serais senti bien puisqu’apporter des idées en groupe donne une impression subjective que notre performance est bien plus élevée que la réalité (Paulhus et al, 1993).

Et pour terminer en musique je vous propose un vieux truc de Starsailor All the Plans

Mes petits visiteurs

Cette année, j’ai installé une petite mangeoire pour les oiseaux. Au début, j’étais très déçue car aucun piaf ne venait. Puis, un petit rouge-gorge curieux est venu goûté les graine déposées par mes soins. Sur le paquet il est noté que j’allais attirer toutes sortes d’oiseaux, or, je n’avais que mon rouge-gorge.

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Un jour j’ai réalisé que parfois il était grassouillet, parfois non. J’ai donc compris que ses amis venaient également se nourrir. J’étais toute contente. En plus, contrairement à mes craintes, ils ne me font aucune cochonnerie.

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La mésange qui squatte mon store a fini par oser venir picorer.

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Mésange planquée pour la nuit dans le caisson de mon store

La mésange, elle, est une cochonne. Toutes les graines qui ne lui plaisent pas, elle les prend et les éjecte de la mangeoire. J’en ai plein partout. Heureusement, mes jolis rouge-gorges viennent nettoyer.

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Et pour terminer en musique je vous propose Alain Manaranche avec Les Oiseaux sans ailes