D’où vient la dépression ?

Ce mois-ci aux cours nous avons étudié la dépression sous l’angle de la psychanalyse et celui des techniques congitivo-comportementales (TCC). Il y a des choses intéressantes dans les deux camps.

Je n’ai jamais caché le fait que je n’aime pas la psychanalyse. On nous a fait lire des textes de Freud totalement incompréhensibles. La poudre qu’il consommait devait être de la bonne ! (oui, il a consommé de la cocaïne). Le stade oral où la sexualité du bébé est entièrement située dans la bouche et téter est le nirvana, heu, voilà quoi… Que tout soit lié au cul me laisse pantoise. Vous vous ruez sur la bouffe c’est pour combler des pulsions qui remontent à l’enfance et comme vous ne pouvez pas aller téter votre mère, vous compensez avec la nourriture 😳. Devoir étudier ça m’agace profondément. Mais…

Tout n’est pas à jeter. La psychanalyse cherche à améliorer/transformer la personnalité du patient puisque ce dernier ne va pas très bien. S’il y a dépression, c’est que les conflits refoulés durant l’enfance ont été réactivés et la partie consciente de l’individu ne sait pas comment les gérer car elle ne les comprend pas. D’où les symptômes. L’inconscient va parler, dans les rêves, dans les associations d’idées. C’est pourquoi il faut faire parler le patient et tirer des conclusions entre les divers liens des sujets qu’il aborde et analyser ses rêves. Le patient n’est pas capable de percevoir ces liens puisqu’il s’agit de sujets qu’il tente désespérément de refouler.

Les TCC cherchent à supprimer les symptômes. Nous sommes dans l’ici et le maintenant. Aujourd’hui je vais mal donc qu’est-ce qui peut bien me perturber à ce point en ce moment. Martin Seligman parle d’impuissance acquise. Des rats placés dans une cage reçoivent des décharges électriques. Rapidement ils se résignent à souffrir. Ils sont ensuite transférés dans une nouvelle cage où il y a la possibilité de supprimer ces décharges. Or, les rats habitués à l’ancienne cage, ne réagissent pas et ne tentent rien. Une personne dépressive agit plus ou moins de la sorte. Par le passé, un événement X était désagréable donc tous les événements qui s’en approchent doivent être désagréables… Nous parlons aussi de biais dans les attributions. Quelqu’un qui a tendance à faire des attributions internes, stables et globales sera plus susceptible de sombrer dans la dépression (ou il y est déjà). Le but de la thérapie est d’apprendre à percevoir les choses correctement et donc supprimer ces biais.

Une attribution interne : “Anne-Laure ne m’a pas saluée aujourd’hui dans le bus. Je lui fais honte et elle préfère m’ignorer. De toute façon je suis nulle, je le sais”. Ce jour-là Anne-Laure n’avait tout simplement pas ses lunettes; rien à voir avec la patiente… Une attribution externe aurait été plutôt du genre “Tiens, Anne-Laure ne m’a pas saluée dans le bus aujourd’hui. Elle semblait songeuse. Je me demande ce qui lui arrive…”.

Attribution stable : Cette semaine ma collègue n’est pas là et je dois absolument être à l’heure (je dépends des transports publics et ce n’est pas tous les jours évidents). De plus, deux jours dans la semaine la femme de ménage vient nettoyer le bureau avant l’ouverture. Cette semaine, le train a été en retard tous les matins avec des retards plus marqués les deux jours où la femme de ménage attend derrière la porte. Il y a quelques années une telle situation m’aurait anéantie : “C’est toujours quand j’ai besoin d’être à l’heure que ce pu%##* de train est en retard”. Une personne dans cette optique oublie que le train est parfois en retard quand elle n’est pas pressée et qu’il est souvent à l’heure quand elle l’est. Sa vision est donc déformée et rend la vie un peu plus difficile. Et moi ? J’ai trouvé cette coïncidence très drôle car ça faisait au moins trois semaines que le train était à l’heure. C’est tout. Et pour la petite histoire, il a été en retard tous les soirs de cette semaine également…

Attribution globale : “Ils me font tous ch… Au boulot mon chef est toujours sur mon dos et Carlos est un sale intriguant qui me casse les pieds. Pis quand je rentre le soir, j’ai mon mari qui se plaint constamment de son boulot et mes enfants sont pénibles. Heureusement, le lundi soir je vais à mon club de pétanque mais là aussi, Amélie devient pénible. Il n’y a jamais rien qui lui convient. C’est comme à la réunion des parents d’élèves; la prof principale de mon fils lui reproche plein de choses à ses élèves et nous fait la morale…”. C’est fou, où qu’elle aille, cette personne doit traiter avec des gens pénibles. Pas juste au travail, non, à la maison, dans ses loisirs et même aux réunions où elle n’est pas sensée se sentir visée. Une attribution spécifique sera de se focaliser sur un seul endroit par exemple et donner une signification au reste. Le chef a peut-être des problèmes privés et son stress déteint au travail, Carlos est en plein divorce, le mari est dans une entreprise menacée de faillite, les enfants…sont des enfants et ils ressentent le stress de leurs parents etc… Il faut apprendre à recadrer ses pensées.

Je m’arrête là pour aujourd’hui.

Et pour terminer en musique je vous propose Kasabian avec leur nouveau titre Comeback Kid

En plein développement

En première année de mes cours, j’avais étudié la psychologie du développement. Dire que j’avais bien aimé est un euphémisme. C’est à ce moment que je me suis dit que je souhaitais travailler avec des enfants et des adolescents. Si je trouve un généreux donateur, c’est en psychologie du développement que j’aimerais faire un Master (je n’ai pas les moyens, je vais devoir m’arrêter au Bachelor 😥). Ce semestre nous étudions la psychologie de l’éducation et ce mois, nous sommes à fond dans l’étude de Vygotski (psychologue russe) et sa théorie de Zone proximale de développement. Nous avions vaguement vu la chose en première année et c’est donc avec un grand plaisir que je découvre le sujet plus en détail. Mais qu’est-ce que cette théorie ? Elle explique que c’est l’étape où un enfant peut effectuer une tâche avec l’aide d’un adulte mais qu’il serait incapable de l’accomplir tout seul. Et l’on remarque que dans cette étape il y a plusieurs phases que Jerome Bruner (psychologue américain) a discutées. Pour ce faire, il a créé une tâche pour des enfants de 3, 4 et 5 ans; ces derniers doivent fabriquer une sorte de pyramide avec diverses pièces qui s’emboîtent les unes dans les autres. Ils savent reconnaître une pyramide correcte d’une qui serait construite n’importe comment. Ils comprennent donc le but à atteindre.

Les enfants de 3 ans ont besoin de l’aide de l’adulte du départ jusqu’à la fin. D’une part parce qu’ils préfèrent jouer avec les pièces. Monter l’édifice ne les attire pas plus que ça. L’adulte doit donc les motiver en permanence. D’autre part parce que dès qu’ils arrivent à emboîter deux pièces particulières, ils se contentent de faire de même avec les autres. Ils ne cherchent pas à bâtir quoi que ce soit. L’adulte doit non seulement les stimuler mais en plus leur montrer la marche à suivre. Leur donner des instructions orales ne produit aucun effet.

Les enfants de 4 ans n’ont plus besoin d’aide visuelle. L’adulte n’a plus besoin de leur montrer comment emboîter les pièces, les enfants le découvrent par eux-mêmes. En revanche, l’adulte va les guider oralement pour leur expliquer comment monter l’édifice.

Les enfants de 5 ans se contentent de demander à l’adulte s’ils font juste. Ils ont juste besoin d’approbation. Dès 6 ans, un adulte n’est plus nécessaire.

Nous voyons donc qu’à 3 ans, un enfant entre dans une nouvelle étape. Il comprend le but mais n’est pas encore capable de l’atteindre tout seul malgré ses compétences actuelles. A 4 ans, l’enfant n’a plus besoin d’être stimulé mais requiert malgré tout encore un peu d’aide orale pour certains stades de la construction. A 5 ans, l’enfant est proche du développement. Il est capable de s’en sortir tout seul même s’il a encore besoin d’approbation. L’enfant de 6 ans a atteint un nouveau pallier dans son développement.

J’adore observer les enfants et leurs diverses réactions. Hier, un garçon d’environ 10 ans voulait lancer le ballon à sa petite soeur qui n’a pas encore 2 ans. La petite tendait les bras mais n’attrapait rien. Très vite, elle est partie jouer ailleurs. Il n’y avait personne pour la stimuler et lui montrer ce qu’elle devait faire. Elle a compris le but mais n’est pas capable de l’atteindre. Elle se trouve dans la zone proximale de développement…

Et pour terminer en musique je vous propose du Depeche Mode. Il y avait cette semaine sur une chaine anglaise une soirée dédiée au groupe. A question of time me fait à chaque fois replonger dans ma chambre d’adolescente. Jusqu’à il y a peu, j’étais envahie de sentiments nostalgiques et à présent je ressens une joie à l’écoute de cette chanson.

La théorie du Big Bang

Voilà, j’ai regardé les neuf saisons de The Big Bang Theory ainsi que les épisodes disponibles pour la saison dix. J’ai finalement bien accroché alors que j’étais déjà tombée sur des épisodes par le passé et n’avais rien trouvé d’intéressant. Même si j’ai bien ri parfois, j’ai tout de même quelques remarques au sujet de cette série :

Sheldon et Leonard n’ont vraiment pas beaucoup de vêtements de rechange durant les sept premières saisons. J’ai l’impression qu’ils portent toujours le même t-shirt. Quant aux chaussures, Leonard a toujours une paire de Converse noire et Sheldon une vieille paire de chaussures brunes. Raj porte très souvent ses “cargo pants” (je sais pas comment on dit et j’ai la flemme de chercher) verts et même si elles sont cachées sous d’affreux pulls, ses chemises ne sont pas bien variées. Bernadette porte toujours des petites jaquettes; bien que de couleurs différentes, elles sont autrement identiques. Les grands gagnants sont Penny et Howard avec une large garde-robe.

Vous avez remarqué qu’ils n’ôtent jamais leurs chaussures, du moins extrêmement rarement? Même vautrés sur le canapé, ils ne sont jamais pieds nus ! Et Penny qui porte régulièrement ses UGGS…

Autre remarque : la bouffe. Je regardais les épisodes le soir et les voir “manger” non stop me filait la dalle ! C’était pénible 😄. Mais bon, eux, ne mange rien ! Faut les voir tripoter leur bouffe sans jamais rien avaler. Parfois la fourchette atteint la bouche…et ressort avec la nourriture intacte. Autrement ils passent leur temps à déplacer un morceau de tomate à gauche et à droite de l’assiette. Idem pour les boissons. Je ne suis même pas sûre que leurs lèvres touchent le liquide tellement ils font attention à ne rien boire. Sans parler des séances de thé. Ils secouent un sachet dans une tasse vide… Une fois Leonard prépare le thé. Il verse trois gouttes dans une tasse et rien dans la sienne. Ce qui ne l’empêche nullement d’y plonger ensuite un sachet et le “tremper” avant de “boire” de l’air.

Quant aux acteurs, rien à redire si ce n’est que la fille qui joue Penny était vraiment mauvaise durant les premières saisons. Je m’énervais à la voir masquer mollement des sourires alors qu’elle devait rester sérieuse. Mon préféré ? Howard. Je le trouve excellent dans ses mimiques et ses diverses postures. Il me fait rire. Et j’adore les excellents jeux de mots dus à la “non maîtrise” de la langue de la part de Raj. Je ne sais pas ce que ça vaut en français mais ça ne peut pas donner aussi bien qu’en v.o. Et les sous-entendus que sort Sheldon sans s’en rendre compte 😂.

Bref, je me suis bien divertie, il ne me reste plus qu’à trouver une autre série qui me permette de passer du bon temps.

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais à la fin du générique, l’auteur écrit des petits mots qu’il appelle Vanity Card. Certains sont marrants. Vous pouvez tous les retrouver ICI.

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Et pour terminer en musique je vous propose une musique bien calme, Dardust avec Sunset on M

Comment apprendre ?

Comme promis, je vais vous parler des conditions favorables ou non pour un bon apprentissage. C’est très axé sur l’apprentissage scolaire bien que ce soit utile pour tout type puisqu’il n’est pas nécessaire d’aller à l’école pour continuer à apprendre.Je tire mes informations d’un article de M. Boekaert [1].

Croire en ses capacités est un très bon prédicteur des résultats futurs, d’autant plus si on porte un jugement réaliste sur ses propres compétences; On sera plus à même de contrôler toutes les variables qui pourraient nuire à notre apprentissage. Et, voilà quelque chose de très important, il est vivement déconseillé de dire “essaie” ou laisser croire que si l’élève fait un effort il va réussir. Ces remarques agissent sur la confiance en soi sans pour autant que les compétences augmentent. En cas d’échec, la confiance prend un sacré coup.

Il faut apprendre à attribuer ses réussites à ses propres compétences (je suis capable et j’ai persévéré) et à attribuer les échecs à des causes extérieures du genre, le prof est nul, j’ai pas eu le temps de bosser, j’étais malade, etc. Ça évite de toucher la confiance en soi (sujet que j’avais déjà étudié en psychologie sociale et j’adore). Autant vous dire que je tente d’appliquer ce principe dans ma vie quotidienne et ma vie est bien plus facile, je rumine moins des pensées sombres. La semaine dernière je ruminais un truc bête et j’ai tenté d’attribuer mon “problème” à quelque chose d’autre que Moi. Ça a bien fonctionné puisque je ne m’en souviens plus. Votre chef vous a fait une remarque désagréable ? S’il a un problème avec vous, il doit vous l’expliquer calmement et de façon constructive. S’il est désagréable, ce n’est pas de votre faute : son chef lui est tombé dessus tôt dans la journée, sa fille est rentrée ivre le soir précédent, il s’est engueulé avec sa femme,…

Evidemment que si vous estimez que la chose à apprendre est sans importance, cela va être plus difficile à étudier. Donc il faut chercher à rendre la matière intéressante. Au début du semestre, je n’étais absolument pas motivée à étudier la psychologie de l’éducation. Je ne souhaite pas me lancer dans l’enseignement et depuis le temps que j’étudie, je trouve que je m’en sors plutôt bien. J’ai donc cherché à prendre ce cours sous un autre angle : en quoi peut-il m’être utile dans ma vie ? Depuis j’aime beaucoup cette matière 😉. On en parlait hier aux cours et les personnes qui n’arrivent pas à voir en quoi cette matière leur est utile, détestent ce cours…

Apprendre pour “apprendre”, à savoir, avoir un but de maîtrise, est plus profitable à l’étudiant qu’apprendre pour performer (être le meilleur). On parle de motivation intrinsèque quand on travaille pour soi et de motivation extrinsèque quand on pense à l’image de soi que l’on veut donner. Là encore, quand on bosse pour son image, l’estime de soi peut très facilement être fragilisée.

Ne jamais avoir peur de demander de l’aide, ce qui évite aux émotions négatives de prendre le dessus. C’est quand même mieux d’obtenir de l’aide que d’échouer non ? Il ne faut pas non plus hésiter à réévaluer la situation d’apprentissage (ou autre) du genre : est-ce tellement grave si je n’arrive pas à résoudre ce problème ? Hier, j’en ai résolu sept ! De cette façon, j’agis sur mon sentiment d’efficacité personnelle : je suis capable.

Il faut se fixer des objectifs clairs et concrets, ça aide à mieux s’organiser : Demain je lis le document n°1 en entier et je le résume. Si je suis motivée je vais en faire plus, mais si je ne le suis pas, j’ai un objectif tout à fait atteignable. Un plus jeune élève pourra se dire qu’il fera ses devoirs en rentrant avant de regarder la télé pour se motiver.

Toutes ces stratégies aident à penser que l’on contrôle son apprentissage et ce sentiment de liberté est très utile dans tout ce que nous entreprenons…

1. Boekaerts, M., (2010). Motivation et émotion : deux piliers de l’apprentissage en classe. Comment apprend-on ? La recherche au service de la pratique, 97-117.

Et pour terminer en musique, je vous propose Jacob Bellens avec Untouchable

J’ai l’impression que vous êtes tourmentés…

Faut que je prépare mon post sur l’approche cognitiviste dans l’enseignement et vous raconter ce qu’écrit Carl Rogers sur ce qui fait un bon psychologue d’un moins bon. Pour la semaine prochaine si je suis motivée.

Le moral remonte avec l’arrivée du printemps. Chouette. J’ai ressorti mon application FatSecret pour m’encourager à remanger de façon raisonnable. Même si je n’ai pas pris de poids je mange bien trop de cochonneries pour maigrir encore un peu. L’application m’aide à voir quand j’atteins la limite quotidienne et me motive à tenir bon.

Comme il faisait grand beau hier, j’en ai profité pour débuter mon balcon potager. J’ai planté mes premières futures salades et du persil. S’il fait beau le weekend prochain j’attaque la plantation des fraises avant de passer aux framboises, tomates, basilic, concombres et radis (pas forcément dans cet ordre).

***

Ma collègue m’a fait remarquer que je posais les questions qui font parler. Je suis nulle pour bavarder sur la pluie et le beau temps, donc j’ai de la peine à discuter avec les gens que je ne connais pas. Pourtant, quand je me lance, j’apprends plein de choses et ma collègue est toujours surprise. Du genre, cette dame a son papa qui est décédé récemment, celle-là avait des problèmes de couple mais ils ont décidé de se donner une nouvelle chance, celle-ci était assistante vétérinaire avant de travailler dans l’entreprise et cette dame vient de vivre un incendie et est toute chamboulée car il y avait plein de pompiers chez elle et que ses cheveux ont pris feu… En gros, je suis incapable de parler de banalité mais j’arrive à faire parler les gens (que je n’ai généralement jamais vu auparavant) de leur vie privée. Parfois (souvent je crois), je pose des questions qui dérangent et c’est ma collègue qui vient d’en faire les frais. Elle doit déménager à l’étranger “demain”. Elle contacte alors des entreprises de déménagement pour leur poser quelques questions. La plus importante à ses yeux est de savoir le délai qu’il leur faut pour qu’elle fasse appel à leurs services. C’est LA question qui la stresse puisqu’elle est dans l’urgence. Ma/mes questions ? “Tu comptes déménager à quelle date, fin mai, fin avril ou fin juin ? Tu prends tes meubles ou tu les vends avant ? Parce que une fois que la date est arrêtée et la question des meubles résolue, alors tu pourras appeler les entreprises et poser TES conditions. Ça t’évitera des appels inutiles”. Elle m’a répondu qu’elle n’aimait pas mes questions 😂. En même temps, lui dire “ma pauvre, je n’aimerais pas être à ta place” ne va pas l’aider. Ce qui ne m’empêche pas de compatir à sa situation qui est loin d’être idéale.

Et pour terminer en musique je vous propose un morceau de 2011 Vive l’amour de Catherine Ringer

 

Rendez-vous annuel

J’espérais que cette garce m’éviterait cette année mais non, elle est fidèle au rendez-vous, même si cette année elle est arrivée bien tard. Mais de qui est-ce que je parle ? De ma dépression saisonnière. Depuis plus de vingt ans elle se pointe chaque année en hiver. Généralement elle débute un peu avant Noël. Heureusement, depuis que j’ai eu ma plus grande dépression et suivi une thérapie, elle dure de moins en moins longtemps. Cette fois-ci elle a gentiment commencé vers le début du mois de février. Comme le printemps n’est plus très loin ça va, elle ne va pas rester longtemps. L’ennui, c’est qu’il me faut toujours du temps avant de me rendre compte qu’elle a pris possession de mon esprit. Tous les symptômes sont là et moi je me demande ce qu’il m’arrive jusqu’au déclic : une année c’est une amie qui m’a signalé que j’étais agressive, cette fois-ci je passais mes nerfs sur mon chien (non, je ne le bats bas, je lui hurle dessus). Le déclic c’est que ma conscience se réveille enfin et sait qu’elle est squattée par la maladie. Alors je peux aller un peu mieux.

Je suis épuisée, plus d’énergie pour rien. Je pourrais rester vautrée sur mon canapé sans rien faire la journée entière. C’est assez inquiétant. Jusqu’au déclic. Je sais enfin que c’est une façon d’agir de la dépression saisonnière et qu’avec l’arrivée du printemps je vais retrouver mon énergie. Du coup, je ne m’inquiète plus. Je suis épuisée et voilà.

Avec l’épuisement vient évidemment l’envie de dormir non stop. Et ça aussi ça n’est pas normal et mon stress augmente. A présent je ne lutte plus. Si je veux aller me coucher à 20h30 au lieu de me forcer à regarder la télé avec les yeux qui brûlent, je vais au lit. Et je ne culpabilise plus si je veux faire une sieste. C’est passager.

Cette faim qui me tenaille ? Je trouvais étrange d’avoir bien réussi mon non-régime depuis plus de six mois et tout d’un coup d’avoir tellement faim, surtout pour des cochonneries. Et ma volonté est devenue inexistante : je bouffe ! Heureusement, je ne grossis pas…mais ne vois plus la balance m’annoncer de bonnes nouvelles. Là aussi je ne me pose plus de questions. Même si je vais descendre une plaque de chocolat, je vais tenter de la faire durer sur la journée pour éviter de me ruer également sur les chips ou popcorn. Parce que je suis OBLIGEE de manger ces cochonneries sinon je deviens folle !

Quant à l’agressivité, je préviens les gens proches qu’il ne faut surtout pas hésiter à me dire si je deviens méchante car je ne m’en rends pas compte donc c’est difficile de lutter contre ! Avec l’agressivité viennent les pensées négatives. Je grommelle continuellement dans ma tête. C’est fatigant, ça m’épuise donc 😬. Merveilleux cercle vicieux.

Et enfin il y a les larmes. Qui coulent sans raison.

A présent que le déclic a eu lieu (il y a seulement une semaine), je me force à sourire quand j’ai envie de mordre et les jours ou je me lève avec une grosse boule d’angoisse, je ne me prends plus la tête : j’opte pour un calmant. Ca calme les pleurs, les pensées négatives et du coup mon agressivité prend du repos et je suis moins fatiguée… J’évite d’en prendre tous les jours car il faut savoir que la dépendance aux calmants est rapide et la dose doit alors être augmentée régulièrement pour garder l’efficacité du médicament. Le jour où vous voulez arrêter vous souffrez de manque. Pour ma part, c’était donc deux mini doses durant la semaine. Je pense qu’il y a un très fort effet placebo qui me convient très bien.

A la fin du mois on change d’horaire. Il fera à nouveau nuit le matin durant quelque temps puis je prendrai congé de cette garce…jusqu’à l’année prochaine.

Et pour terminer en musique je vous propose les Beruriers Noirs avec Salut à toi que j’ai entendus dernièrement dans un film et j’ai trouvé ça sympa.

Fais comme ci, fais comme ça !

J’ai oublié de poster quelque chose la semaine dernière. Il faut dire aussi que je suis assez débordée ces temps (et accessoirement fatiguée).  Je fais donc une courte apparition aujourd’hui.

Je ne vais malheureusement pas vous parler de psychologie clinique, du moins pas pour l’instant. Le cours est basé exclusivement sur la psychanalyse et ça, ça ne m’intéresse absolument pas. Apprendre que tous les problèmes psychologiques sont liés à la mère, que tout est anal, complexe oedipien, etc… Tellement réducteur. Apparemment les psychanalystes en sont encore à prétendre que l’autisme est lié à un mauvais traitement infligé par la mère alors qu’il est scientifiquement prouvé qu’il s’agit généralement d’un problème neurologique qui apparaît au cours du développement avant la naissance et durant les premières années de vie. (Je vous laisse chercher pour les références, on en trouve plein). Entendre parler de “Moi” ou “surmoi” me hérisse le poil. Bref, pour l’instant, ce cours me déplaît profondément.

En éducation, nous étudions durant ce mois le courant béhavioriste. Il est intéressant de constater que de vieilles théories/techniques développées par le psychologue B.F. Skinner à la fin des années cinquante sont encore utilisées dans le cadre scolaire. Oh, pas tout, on a quand même bien évolué depuis, mais certaines bases font encore leur preuve aujourd’hui. Nous étudions donc les différentes techniques préconisées alors pour modifier le comportement de tout être humain. Encourager un comportement adapté ou supprimer un qui serait inadapté. “Bravo mon fils” quand celui-ci ramène une bonne note. Il faut toujours agir dès que le comportement a lieu et non après coup, ce qui anéantit tout effet. Et il faut agir sur le bon comportement. Vous appelez votre enfant pour qu’il rentre à la maison. Mais il s’en fiche, il joue avec ses copains. Quand il rentre enfin, vous lui hurlez dessus. Tout faux ! Le comportement adapté a enfin lieu (l’enfant rentre) même s’il a mis du temps. Il faudrait donc le féliciter d’avoir répondu à votre appel. Lui, ce qu’il constate, c’est qu’il rentre enfin et qu’il se fait gronder…On est d’accord, c’est un sale garnement. On peut par exemple lui dire avant qu’il ne sorte que s’il rentre dans les temps, il pourra prendre une double ration de dessert. Vous pouvez également le punir. Malheureusement, la punition a des effets moins persistants. Il obéira deux ou trois fois puis il rentrera à nouveau en retard… On apprend aussi que les petites attentions c’est bien mais que le but ultime c’est de parvenir à faire en sorte qu’une personne agisse elle-même sur son comportement :  Je fais mes devoirs et je regarde la télé ensuite. Comme ça j’aurai une super bonne note et je serai tellement fière…

Et pour terminer en musique je vous propose Amber Run (découvert hier) avec Fickle Game qui me plaît bien.