Pourquoi j’ai repris des cours à presque 40 ans ? (suite et fin)

La semaine d’examen débute. Je commence par quatre heures de dissertation en littérature. Chouette, c’est sur Diderot et non Mallarmé. J’ai trouvé le sujet hyper tordu mais suis assez satisfaite de ma prestation. L’après-midi j’enchaîne sur quatre heures de dissertation en littérature comparée. Le sujet ne m’inspire absolument pas. Il parle de quête du Graal et en face j’ai deux œuvres à comparer, Don Quichotte et Vie et opinions de Tristram Shandy. C’est le blanc total. Après une heure de réflexion, je n’ai toujours pas de plan. Je commence à paniquer lorsque je me souviens que je suis sûre de moi. Hop, je ponds quelque chose. J’espère atteindre mon niveau habituel, à savoir un sept (sur vingt). La moyenne étant donc à dix !

Le lendemain je débute avec quatre heures de latin. Ouééé. Etonnamment, je ne m’en sors pas trop mal avec la traduction. Pour la civilisation…j’ai droit au sujet que je n’ai pas lu. Tant pis. Le cours de la prof consiste en à peine trois pages de notes (plutôt rédigées à l’attention d’étudiants en présentiels) sur toute la civilisation romaine. Elle en exige trois pages sur LE sujet sélectionné à l’examen. Soit je tombais sur quelque chose que je connaissais et je brodais autour, soit comme là, je ne fais rien et c’est sans regret (je récolte tout de même un neuf et j’en suis assez fière !).

Le mercredi j’ai droit à deux heures de linguistique. A nouveau, je panique en voyant tout le monde se ruer sur leurs feuilles et écrire des tartines. Je me lance enfin, tranquillement. Je suis sûre de moi. Enfin…je dois me le rappeler plusieurs fois. Au final, je ne suis pas mécontente de mon travail (alors que j’ai totalement raté en fait). L’après-midi, j’ai deux heures de traduction en anglais. Rien à voir avec les textes que je subissais en option anglais. En trente minutes le tout est réglé.

Jeudi, journée FLE. On débute par quatre heures de didactique. Je suis sûre de moi. Oléééé. Ça devrait passer. Du moins, j’ai l’impression de mieux analyser et développer mes réponses que dans mes devoirs. Après manger, j’attaque par deux heures de japonais. Je pensais atteindre péniblement le quatre. J’ai finalement trouvé l’examen « hyper » facile. Je suis trop sûre de moi c’est génial. Je termine enfin par deux heures d’anthropologie. J’ai relu toutes les annales à ma disposition le soir d’avant. Je n’en ai aucun souvenir. Le blanc. Alors…je compte sur moi et mes capacités…parce que je suis sûre de moi ! Au final, je pense que c’est bon. Le dix doit être atteint. Je réaliserai une fois de retour chez moi, que je n’ai même pas lu l’entier du cours et donc fait l’impasse sur la moitié des exercices à ma disposition. Je suis une véritable touriste. Cependant, j’ai tout de même obtenu la moyenne …

A présent, c’est le moment des comptes. Calculs hypothétiques en tout genre en fonction des coefficients de chaque branche et mon ressenti pour les examens respectifs. C’est tout bon. Je passe. Juste, mais je passe. Sauf qu’il y a quatre semaines d’attente avant les résultats et que plus le temps passe, plus le ressenti est mauvais. J’essaie de ne pas y penser mais c’est très difficile. Mon esprit, lui, n’oublie pas. Chaque matin je me réveille extrêmement crispée. Il faut pourtant que je me détende parce que mémère est malade également. Après deux semaines je vais un peu mieux. Mémère également. Puis je flanche à nouveau, Mémère me suit…

Le jour tant attendu est enfin arrivé. Je suis nerveuse toute la journée. J’ai envie de pleurer. J’angoisse comme une malade. Le soir je me connecte la peur au ventre. Je presse Enter et n’ose pas regarder le résultat. Aucun problème puisque je ne pourrai atteindre le serveur de l’uni avant vingt heure alors qu’à 18h et des poussières, « mon » expatriée m’annonce ses résultats. Après plus d’une heure de crise, c’est finalement elle qui se connectera avec mon identifiant et mot de passe pour m’annoncer… que cette fichue licence est obtenue. Pas besoin de passer par les rattrapages !

Pourtant, je ne vais pas la fêter. J’ai raté la linguistique, le seul examen qui m’intéressait réellement. C’est ce qui s’appelle un succès amer…

Voilà une semaine que je tente de digérer ces résultats. Je ne me comprends pas. Il semblerait qu’il y ait passablement d’échecs, je devrais donc être heureuse de mon parcours. En fait, je crois que j’ai peur car une page importante se tourne. A présent soit je m’arrête là, soit je décide de continuer et j’arrête de jouer à la touriste. Mais à présent je suis dans la quarantaine et si je continue, je continue en quoi ? Master en Lettres modernes, Master en Linguistique ou Master en FLE ?

Oh la décision est quasiment prise et depuis j’ai mal au ventre…

2 thoughts on “Pourquoi j’ai repris des cours à presque 40 ans ? (suite et fin)

    • Merci 🙂
      Je regrette que l’organisme par lequel je passe ne propose pas la licence d’anglais. J’aurais pu m’inscrire en L3 à Nancy mais c’est trop pénible pour les déplacements. Deux sessions d’examens ont lieu plus les rattrapages. Ca fait trop de jour de vacances à prendre.
      Là je vais normalement m’inscrire en Master FLE. L’ennui, c’est que je dois suivre un stage de 100h et je ne vois vraiment pas comment je vais pouvoir résoudre ce problème. On verra bien. Les choses finissent toujours pas s’arranger lorsque la démarche est honnête. Je croise les doigts. J’aimerais bien faire prof de FLE dans un pays anglophone. Donc je fonce…

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